<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963</id><updated>2011-08-03T19:10:18.678+02:00</updated><category term='On ne badine pas avec l&apos;amour'/><category term='éléphants socialistes'/><category term='La Petite Fille aux allumettes'/><category term='correspondances'/><category term='semaine des vêtements chauds'/><category term='Restos du coeur'/><category term='présentation de saison'/><category term='Soeur Emmanuelle'/><category term='ministère de la culture'/><category term='Bérénice'/><category term='banques'/><category term='actualité'/><category term='comité de suivi'/><category term='mendiant'/><category term='Jean-Marc Avocat'/><category term='spectacles'/><category term='représentations octobre'/><category term='Petite Fille'/><category term='Phèdre'/><category term='PS'/><category term='anne comte'/><category term='économie mondiale'/><category term='Guillaume Depardieu'/><category term='Petite Fille ; Raquin; édition ; la passe du vent'/><category term='Andromaque'/><category term='artisan'/><category term='Thérèse Raquin'/><title type='text'>Philippe Faure le blog</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>80</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-6015239759087416909</id><published>2010-06-01T15:58:00.000+02:00</published><updated>2010-06-01T15:58:41.453+02:00</updated><title type='text'>Le blog déménage!</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/TAURg5ilrWI/AAAAAAAAAyQ/P3Up0_uyEDM/s1600/blog+pf.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="320" src="http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/TAURg5ilrWI/AAAAAAAAAyQ/P3Up0_uyEDM/s320/blog+pf.JPG" width="289" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Retrouvez le blog de Philippe Faure sur le nouveau site du &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/X-Rousse/Le-blog-de-Philippe-Faure"&gt;Théâtre de la Croix-Rousse&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-6015239759087416909?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/6015239759087416909/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=6015239759087416909' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6015239759087416909'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6015239759087416909'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/06/le-blog-demenage.html' title='Le blog déménage!'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/TAURg5ilrWI/AAAAAAAAAyQ/P3Up0_uyEDM/s72-c/blog+pf.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7823278522863653747</id><published>2010-05-28T11:16:00.001+02:00</published><updated>2010-05-28T11:18:05.107+02:00</updated><title type='text'>Pas de risque de s'endormir pour la présentation de saison</title><content type='html'>&lt;b&gt;Jour J-3&lt;/b&gt;. Ce lundi 31 mai présentation de la saison à partir de 19h30. Derniers petits détails à régler, mais tout est prêt. Que dire sans dévoiler d'ores et déjà le contenu de la saison ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Première chose, elle est extrêmement ramassée. Seulement 10 spectacles. J'aurai l'occasion de commenter ce choix radical. Deuxième chose, artistiquement, il me semble que c'est la plus impressionnante que nous ayons eu (sans doute, la réduction de la programmation nous a t-elle aidés à faire des choix essentiels). Troisième chose, ce soir-là, donc ce 31 mai, je m'apprète à tenter un happening qui risque de rester dans les annales (en tout cas dans celles du Théâtre de la Croix-Rousse).&lt;br /&gt;Enfin, je me réjouis, qu'aussi bien dans la forme (dont je viens de parler) que dans le fond, nous engagions cette maison dans une vraie réflexion et dans un vrai pari sur l'avenir. Au fond, quel sens cela a t-il aujourd'hui dans une période de crise qui évidemment touche les plus précaires d'animer un théâtre et de faire entendre la parole des poètes. Comment inscrire une maison comme la nôtre dans une réalité sociale chaque jour plus difficile à vivre. Rassurez-vous, tout cela sera dit sans grand discours mais je l'espère avec fantaisie. Nous vous demandions dans une précédente information de préparer ce soir-là votre plus beau sourire, j'insiste beaucoup sur cette sollicitation. Il convient qu'ensemble nous nous réjouissions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne résiste pas à vous dire quelques mots d'un spectacle qui vient d'être créé au Théâtre Vidy-Lausanne et qui sera chez nous en octobre. Il s'agit d'un texte de Lydie Salvayre, &lt;i&gt;La Médaille&lt;/i&gt;, mis en scène par Zabou Breitman. Il s'agit au sens propre d'une remise de médailles dans une entreprise pour des gens qui partent à la retraite. Le spectacle est irrésistiblement drôle, ce qui n'exclut pas une certaine cruauté. Le début et la fin sont formidables d'inventions. On rit, on est touchés, on a des fois envie de pleurer et à la fin, au sens propre, on fait tous "la chenille". J'ai découvert en Zabou Breitman une fille vraiment formidable, drôle, douce, attentive, formidablement vivante. Enfin, ce soir-là, jeudi dernier, René Gonzalez, qui dirige ce grand théâtre européen et qui a traversé ces derniers temps une sorte de tsunami médical, qui a failli l'emporter, m'annonce que son dernier scanner indique une guérison. Inutile de dire que cette nouvelle nous a tous enflammés. Du coup, entre &lt;i&gt;La Médaille&lt;/i&gt;, Zabou Breitman et René Gonzalez, la soirée fut magnifique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais n'allons pas plus loin dans le récit de la prochaine saison. Inutile de vous dire que je vous attends impatiemment avec toute la tendresse dont de suis capable et pour ceux qui ont pris l'habitude de fréquenter cette maison, ils savent que côté tendresse je n'ai pas peur de m'économiser. A lundi donc pour ce moment que nous avons toujours voulu depuis le début festif, fantaisiste, et parfois délirant qu'est la présentation de saison. Hors de question pour nous de prononcer de grands discours, de s'éterniser sur les créations, en gros de s'endormir dans le confort des fauteuils. Nous avons toujours préféré vous transmettre notre joie d'habiter cette maison et de vous faire découvrir des artistes que nous aimons. A lundi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Philippe Faure&lt;/b&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7823278522863653747?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7823278522863653747/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7823278522863653747' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7823278522863653747'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7823278522863653747'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/05/pas-de-risque-de-sendormir-pour-la.html' title='Pas de risque de s&apos;endormir pour la présentation de saison'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7153805240578994649</id><published>2010-05-25T11:31:00.000+02:00</published><updated>2010-05-25T11:31:41.904+02:00</updated><title type='text'>Ma plus belle soirée de théâtre au Théâtre de la Croix Rousse</title><content type='html'>&lt;b&gt;&lt;i&gt;Récits de juin&lt;/i&gt; de Pippo Delbono&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi 22 mai à 20h, unique représentation de Pippo Delbono de ses &lt;i&gt;Récits de juin&lt;/i&gt;. Toute la salle est debout à la fin. A vue de nez, 10 minutes d'applaudissements ininterrompus. Chacun est sous le coup d'une émotion physique et quasi irréelle. Que s'est-il donc passé pendant l'heure 30 de ces &lt;i&gt;Récits de juin&lt;/i&gt; ? D'une manière elliptique et morcelée, Pippo nous raconte l'histoire de sa vie, ses rapports avec sa mère, son grand amour avec son ami qui s'est fracassé contre un mur en scooter. Il nous raconte ses premiers pas au théâtre, plus précisément aux cours de théâtre. Il nous raconte le jour où il apprend qu'il est séropositif. Et il nous raconte sa vie d'homme de théâtre. Enfin, sa rencontre avec Bobó, qu'il a délivré de quarante cinq ans d'asile psychiatrique. Tous ces moments de sa vie sont racontés extrêmement brièvement et systématiquement s'échappent vers les poètes : Artaud, Pasolini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela est évidemment bouleversant. Mais ce n'est rien par rapport à ce que Pippo Delbono donne à voir de son corps. Car soudain son corps d'homme légèrement enrobé devient une sorte d'exutoire de la souffrance, de tentatives déchirantes, d'audaces presque chorégraphiques qui pourraient paraître misérables. Pippo est un jouisseur et en même temps son corps est son pire ennemi. Alors, il tente des sortes de reptations infirmes, des gestes invraisemblables de naïveté, des coups de sang et des coups de folie. Il ne danse pas, il essaye d'élever son corps vers une légèreté impossible. Toute la salle est restée stupéfiée par autant d'humilité. Voilà un artiste qui ne fait pas de spectacles mais qui interroge la nature humaine dans ce qu'elle a de magnifique, d'injuste et de mortel. Et lorsqu'à la fin Bobó, dont il nous a parlé, cet être venu de nul part, monte sur la scène en s'appuyant sur sa canne, je crois pouvoir dire que les larmes sont venues à une grande partie des spectateurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce moment de théâtre est pour moi, depuis que je dirige le Théâtre Croix-Rousse, une des choses les plus essentielles que j'ai vue sur scène. Une des plus bouleversantes. Je crois pouvoir dire qu'à sa manière, Pippo Delbono réinvente douloureusement le théâtre à travers notre pauvre condition d'être humain. Parfois dans le rôle de directeur de théâtre, il arrive qu'on ait des joies inattendues, d'une certaine manière je pourrais dire que ces &lt;i&gt;Récits de juin&lt;/i&gt; ont été une joie effrayante et j'aurais voulu dire ce soir-là combien j'ai été ému par le public qui a fait corps avec un artiste non répertorié, non codifié, avec un homme dans toute sa grandeur originelle. Si certains de ces spectateurs lisent ce blog, qu'ils reçoivent toute ma tendresse. Décidément, le théâtre est vraiment l'œuvre des poètes et non des malins et, comme Rimbaud, Pippo Delbono brûle sa vie aux horizons insoupçonnés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7153805240578994649?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7153805240578994649/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7153805240578994649' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7153805240578994649'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7153805240578994649'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/05/ma-plus-belle-soiree-de-theatre-au.html' title='Ma plus belle soirée de théâtre au Théâtre de la Croix Rousse'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-6865184012278173662</id><published>2010-05-17T18:48:00.000+02:00</published><updated>2010-05-17T18:48:15.162+02:00</updated><title type='text'>Vivement le 31 mai !</title><content type='html'>Fin de saison emballante. C'est le mot !&lt;br /&gt;Pippo Delbono est dans nos murs pour toute la semaine. Pippo et sa troupe. J'avoue que cet homme et son univers me sidèrent. J'admire profondément son rapport au théâtre. Il me semble que c'est l'aventure théâtrale la plus excitante depuis bien longtemps. Tout y est : le sens du péché, l'insolence, la précarité d'un art, le poétique réduit à sa plus simple expression, une humanité cabossée qui cherche sa place, quelques paroles pasoliniennes, des moments dansés selon des géométries inconnues, une sorte d'enfance ressuscitée, des corps lourds de sens mais aux possibles envols. Une cérémonie particulière, presque secrète et pourtant d'une clarté aveuglante. &lt;br /&gt;Décidément Pippo Delbono réinvente le théâtre. Retour aux sources ? Visionnaire ? Je l'aime comme un frère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le programme de saison 2010/2011 est imprimé. Prêt. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, je suis très fier du travail accompli. Ce fut l'occasion de réfléchir à une démarche, d'affirmer des engagements, de prendre parti, de réintroduire la notion politique du théâtre, mais aussi de se réjouir des enjeux, de la présence de ceux qui nous accompagneront dans cette nouvelle aventure. L'occasion aussi d'écrire, sorte de journal de bord, de journal intime. Ecrire pour mieux être responsable de ce que l'on fait, de ce que l'on est. Vivement que chacun puisse découvrir ce programme. Encore 15 petits jours de patience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très vite Richard Brunel arrive avec un spectacle d'après Feydeau. Heureux que ce soit lui qui termine la saison. Il fut des premières saisons du Théâtre de la Croix-Rousse. Il est là au moment où nous choisissons notre avenir. Il a pris la direction du Centre dramatique national de Valence il y a quelques mois. C'est bien et mérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un dimanche à la campagne. Arrêt au cimetière où sont enterrés ma mère et mon père dans le Beaujolais. Mes filles ne cessent de transporter des seaux et des arrosoirs remplis d'eau. Nettoyage des tombes. J'ai acheté une très belle plante jaune. Le silence d'une tombe est désarmant. Ma mère est morte, elle avait à peine cinquante ans. Mon père plus de 70 ans. Finalement, je ne sais rien de leur relation, je ne sais que les dernières années qui furent compliquées, la maladie déformant tout. Peut-être ont-ils été heureux ? Peut-être se sont-ils manqués ? Ma mère aurait été si heureuse d'aimer mes enfants, de venir à La Croix-Rousse, au théâtre. Elle était faite pour vivre, pour aimer. Je crois que dans ses trois dernières années, elle fut une sainte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Longues matinées d'écriture ces temps-ci. Avais-je perdu le goût d'écrire ? Peut-être. En tout cas, il est là aujourd'hui entre mes mains et la solitude de la page blanche est un plaisir retrouvé et irremplaçable, même si parfois elle peut être insupportable (la solitude de la page blanche !).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Belle trouvaille pour la présentation de saison du 31 mai. Ca promet un beau moment hallucinatoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-6865184012278173662?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/6865184012278173662/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=6865184012278173662' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6865184012278173662'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6865184012278173662'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/05/vivement-le-31-mai.html' title='Vivement le 31 mai !'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7517046650627963050</id><published>2010-05-04T20:41:00.001+02:00</published><updated>2010-05-05T09:48:37.689+02:00</updated><title type='text'>Dénicher l'Utopie ?</title><content type='html'>La plaquette de la saison 2010 / 2011 est à l'imprimerie (quel vilain mot que ce mot de plaquette). Dire livret serait plus juste (le mot n'est pas idéal non plus). Nous avons consacré beaucoup d'énergie à rêver, écrire et réaliser ces 76 pages. Sonia Araujo et Gabriel Guedj lui ont apporté un soin infini. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai souhaité qu'elle ne soit pas un document de communication habituel (comme on dit). Mais bien plutôt qu'elle raconte le cheminement de notre réflexion. Faire le point de là où nous en sommes. De là où nous venons, et naturellement de là où nous désirons aller. J'évoque l'idée de refondation. Le mot est lourd de conséquences sans doute. En tout cas, il traduit un vrai besoin de se situer (ou de se resituer). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sortons d'une saison à flux tendu. Presque une trentaine de spectacles, avec d'invraisemblables coups du sort, des urgences de toute nature. Il y eut &lt;i&gt;Observer&lt;/i&gt; de Bruno Meyssat, où nous avons invité tous nos abonnés. Acte rarissime dans les maisons de service public. Mais il importait plus que tout que ce spectacle fut vu. Cette approche particulière de la tragédie d'Hiroshima était bouleversante et je crois qu'elle a bouleversé un grand nombre de spectateurs. Meyssat est un pur artisan du théâtre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons dû changer les dates de &lt;i&gt;La Vie devant soi&lt;/i&gt; avec Myriam Boyer pour cause de tournage du nouveau film de Bertrand Blier. 8 000 personnes pour 8 000 changements de date. Et cela en pleines vacances de Noël. Ce ne fut pas une mince affaire. Nous avons été très touchés pas la confiance de chacun qui a fait tout son possible pour se reporter à une date ultérieure. Le spectacle bouleversa. Myriam Boyer fut infiniment heureuse de son séjour croix-roussien et donna sur scène le meilleur d'elle-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut l'épisode des &lt;i&gt;Cauchemars du gecko&lt;/i&gt; où nous dûmes annuler deux représentations. Le camion transportant décor et costumes tomba dans un ravin à la sortie d'Aurillac. La troupe présenta avec les moyens du bord une seule soirée de ce spectacle. Ce fut là encore bouleversant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etrangement tous ces accidents de parcours donnèrent à la saison une énergie particulière. Le théâtre est plus fort que les coups du sort. On le croit à terre et le voilà qui se redresse, qui ressurgit, qui nous emporte. Le théâtre ne se résigne jamais.Il n'a peur de rien. Au fond, le théâtre est libre d'être ce qu'il est. Un territoire singulier où tout est possible : raconter le monde, détailler un acte ordinaire, déchirer l'horizon, revendiquer un langage inconnu, prendre parti, rêver au-delà de nos rêves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui le théâtre est mal aimé par le pouvoir. Mal aimé parce que jugé inutile ou pire snob, en tout cas négligeable. Comme si le peuple (nous) devions nous contenter de "regarder passer les trains". L'urgence serait de se taire (alors que le théâtre est un lieu de paroles), et quand il fait silence c'est pour mieux dire encore nos peurs et nos rêves.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce pouvoir-là n'a pas compris que le peuple avait besoin de se sentir humain et citoyen. Rassemblé sur l'idée que nous ne sommes rien les uns sans les autres. Le théâtre est l'ennemi héréditaire de la solitude (des solitudes). J'avais placé beaucoup d'espoir dans la nomination de Frédéric Mitterrand au poste de ministre de la Culture. J'aimais l'homme et son travail. Malheureusement, il n'a pas su initier une vraie politique de service public. Il a géré la culture à "la petite semaine". Sans doute n'avait-il pas le poids politique suffisant pour sortir du rang et nous montrer le chemin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi est-ce à nous, à chaque directeur, à chaque artiste, de prendre les choses en main : d'inventer des formes renouvelées de rassemblement, de déterrer des symboles enfouis depuis si longtemps dans l'indifférence du sommet de l'Etat. Celui-ci remet en question les collectivités territoriales (ville, région, conseil général). Mais heureusement qu'ils sont là : attentifs et courageux. Ils sauvent la Culture autant que faire se peut. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y a là dans mes propos aucune amertume ni même colère. Il n'y a que le désir de faire, honnêtement, poétiquement et civiquement. Si j'osais, je dirais : "j'en appelle au peuple". Osons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et rendez-vous de toute façon le 31 mai pour la présentation de saison. Nous essayerons ce jour-là de dénicher l'utopie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7517046650627963050?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7517046650627963050/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7517046650627963050' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7517046650627963050'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7517046650627963050'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/05/denicher-lutopie.html' title='Dénicher l&apos;Utopie ?'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-1903485905602637759</id><published>2010-04-21T14:35:00.005+02:00</published><updated>2010-04-22T09:44:24.892+02:00</updated><title type='text'>Pourquoi il faut absolument découvrir le monde de Pippo Delbono</title><content type='html'>&lt;b&gt;L'homme :&lt;/b&gt; &lt;br /&gt;Il est né en 1959 à Varazze. Il y a quelque chose chez lui d'un Depardieu italien, mélange d'une force physique impressionnante et en même temps d'une rare légèreté. Il a la solidité d'un artisan (les mains), d'un paysan, et en même temps presque la gracieuseté d'un enfant. Il me fait irrésistiblement penser au Victor de la pièce de Vitrac, &lt;i&gt;Victor ou les Enfants au pouvoir&lt;/i&gt;. Il peut être un ami et un dangereux fou d'amour. C'est l'homme d'une conviction : le théâtre appartient au peuple et c'est au peuple qu'il faut rendre justice. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;La troupe :&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Après un parcours d'études assoiffé de connaissance, en particulier formation de danseur et intérêt pour le théâtre de l'orient, il fonde en 1980 sa compagnie avec laquelle il parcourt le monde. Mais c'est en 1996 que tout bascule lorsqu'il rencontre Bobo, sourd, muet, microcéphale, interné dans l'hôpital psychiatrique d'Aversa depuis 45 ans. Tout bascule alors car il va s'entourer plus que d'acteurs, de personnalités toutes rares de par leur spécificité physique. Sa troupe est alors une sorte "d'humanité rageuse". On pense inévitablement à Federico Fellini. Ce qui intéresse Pippo Delbono, au sens propre comme au sens figuré, ce sont tous ces êtres qui n'ont pas (ou plus) droit à la parole. C'est leur corps qui manifeste encore un signe de vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les spectacles :&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Je crois qu'il n'est pas exagéré de dire que Pippo Delbono réinvente le théâtre dans ce qu'il a de &lt;b&gt;primitif&lt;/b&gt;. Il s'agit alors de cérémonials étranges, risibles, poétiques et extrêmement sensuels. L'art redevient une matière vivante. Ce sont toutes les différences mélangées qui créent le mouvement. Il y a dans ses spectacles quelque chose d'enfantin (le goût du jeu) et quelque chose d'extrêmement grave (la peur de la mort). Ses spectacles prennent à bras le corps le théâtre comme la vie a pris à bras le corps Bobo et les différents handicapés mentaux qui l'entourent. Son théâtre est immédiatement accessible parce qu'il est d'une profonde simplicité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les poètes :&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Pippo Delbono s'attache par dessus tout aux compagnonnages des poètes. Genet, Rimbaud, Pasolini. Le plus souvent ce ne sont pas les mots de ces poètes qui l'inspirent, mais leur âme. L'urgence de justice qu'ils crient de rage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Un besoin d'amour :&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Il y a chez Pippo Delbono une sensualité, des pulsions quasi sexuelles qui donnent à son univers une chair bouleversée, déchirée, abimée, mais aussi possédée et déculpabilisée. Evidemment on sent chez lui un besoin d'amour presque universel : « Dis moi que tu m'aimes. » est une phrase souvent répétée dans &lt;i&gt;La Rabbia&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Un poète d'aujourd'hui :&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Pippo Delbono est sans doute l'homme de théâtre de notre temps le plus joué dans le monde (Festival d'Avignon, Théâtre du Rond Point, Lisbonne, Bogotá, Madrid, Rome, Montréal, Cracovie, etc.). Celui qui, au sens propre, révolutionne cet artisanat, le rend à son humilité première, à sa force innée, à son pouvoir poétique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ceci, et le reste, est raconté en détails dans &lt;i&gt;I Racconti di giugno &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Les Récits de juin&lt;/i&gt;) que nous jouerons le samedi 22 mai à 20h. Il présente &lt;b&gt;pour la première fois à Lyon&lt;/b&gt; ce spectacle. Pippo Delbono se raconte, raconte sa vie avec des drames, des tragédies, des amours, des solitudes et des visions qui se répondent et se mélangent. De &lt;i&gt;La Rabbia&lt;/i&gt; (représentations du 17 au 22 mai à 20h)&amp;nbsp; il dit : « la vérité n'est pas dans un seul rêve, mais dans plusieurs rêves ». C'est l'épigraphe d'un film de Pasolini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pippo Delbono est un poète, un penseur politique, un combattant et pourquoi ne pas le dire un homme "possédé d'amour". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N.B: Ce texte a été écrit pour les programmes de salle de &lt;i&gt;Andromaque, Bérénice &amp;amp; Phèdre&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Je chante pour passer le temps&lt;/i&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-1903485905602637759?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/1903485905602637759/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=1903485905602637759' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1903485905602637759'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1903485905602637759'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/04/pourquoi-il-faut-absolument-decouvrir.html' title='Pourquoi il faut absolument découvrir le monde de Pippo Delbono'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-1940608594926873025</id><published>2010-04-15T19:28:00.001+02:00</published><updated>2010-04-15T19:28:52.839+02:00</updated><title type='text'>Pas d'inquiétudes</title><content type='html'>Presqu'un mois que le blog est silencieux. C'est que les urgences et l'activité ici sont intenses. Le dernier message évoquait Romane Bohringer et le spectacle Labiche. Pour clore le sujet, on va dire que Romane et sa troupe nous ont enchantés, et il semble qu'ils aient aussi enchanté le public. Beaucoup de gaieté, de chansons, d'absurdité et de joliesse dans ce travail théâtral qui rendait parfaitement compte du génie de Labiche. Je ne reviens pas sur Romane qui fut une invitée délicieuse et enthousiaste. Nul doute que dans un avenir proche, elle revienne pour la sixième fois à La Croix-Rousse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre événement : &lt;i&gt;Les Cauchemars du gecko&lt;/i&gt;. Comme vous le savez sans doute, le camion transportant le décor, les costumes et ne partie du matériel son a basculé dans un ravin à la sortie d'Aurillac. Nous avons dû annuler deux représentations et toute l'équipe du spectacle dans la mesure des moyens qui lui restaient a proposé une sorte de mise en espace du spectacle. La soirée fut incoryablement émouvante et il faut bien le reconnaitre le public a réservé un véritable triomphe à ces paroles qui parlaient de l'Afrique. Ces paroles lyriques et brutales, engagées, presque comme un rap ; paroles qui laissaient entrevoir la détresse d'un continent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Urgence car nous sommes en plein bouclage de la plaquette de la prochaine saison. Comme j'ai eu l'occasion de l'évoquer dans des messages précédents, nous avons choisi de redéfinir la mission du Théâtre de la Croix-Rousse. Cette décision (dont vous découvrirez les tenants et les aboutissants le 31 mai) a impliqué beaucoup de remises en question, et du coup une nouvelle organisation de la maison. Il me semble qu'avec la date d'ouverture du Théâtre, 1994), c'est le second moment le plus important que j'ai eu à vivre depuis que je dirige la maison. Dans ces conditions, nous avons choisi que la plaquette et son contenu ne soient pas seulement un élément de communication, mais bien plutôt une sorte de journal de bord d'une remise en question. Du coup, beaucoup d'écriture, beaucoup de textes originaux, donc beaucoup de travail. Les relectures ont commencé. Je dois avouer que je suis très fier de ce que nous avons accompli ces temps-ci. J'ai hâte que vous découvriez notre projet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Guère de temps pour les confidences personnelles. Dès que la plaquette de saison sera sortie, le 31 mai, je vous raconte tout et le reste. Patience donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-1940608594926873025?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/1940608594926873025/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=1940608594926873025' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1940608594926873025'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1940608594926873025'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/04/pas-dinquietudes.html' title='Pas d&apos;inquiétudes'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5023568661152228066</id><published>2010-03-10T11:03:00.002+01:00</published><updated>2010-03-10T11:06:06.834+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S5ducHg5muI/AAAAAAAAAvs/nUGo01BtbmI/s1600-h/labiche.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S5ducHg5muI/AAAAAAAAAvs/nUGo01BtbmI/s320/labiche.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Hier au soir, très belle première du spectacle Labiche avec la tendre Romane Bohringer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première pièce &lt;i&gt;29 degrés à l'ombre &lt;/i&gt;ressemble à un dessin de Sempé. J'avoue être très sensible à cet humour presque plat, où rien n'avance ni ne recule, où le moindre événement révèle dans le même mouvement son impuissance. C'est petit, étriqué et vain, donc drôle et cruel, et sans pitié pour la nature humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La seconde pièce, &lt;i&gt;Embrassons-nous, Folleville ! &lt;/i&gt;est une sorte de fantasmagorie (très réussie visuellement). Romane y donne toute sa fantaisie, toute sa malice, toute son énergie. Le moment où tous les vases se brisent et où la porcelaine éclate sur le sol me semble bien résumer la folie de Labiche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me semble que le public, par ces froidures d'hiver, s'est réchauffé au contact de cet univers si particulier où tout est tenté mais où tout tombe à l'eau, et où chacun se noie dans le ridicule. Mais c'est ce ridicule-là qui crée une sorte de fraternité pour ce que nous sommes, si petits et si lâches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne résiste pas à citer les deux deniers couplets du spectacle (car il y a beaucoup de chansons dans &lt;i&gt;Embrassons-nous, Folleville !&lt;/i&gt;, chansons chantées d'une manière assez délirante).&lt;br /&gt;Voici donc les deux derniers couplets :&lt;br /&gt;"Là, sans faute,&lt;br /&gt;Au cou je vous saute&lt;br /&gt;Et je dis à chacun de vous :&lt;br /&gt;Embrassons-nous !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'on enterre&lt;br /&gt;Toute colère ;&lt;br /&gt;Plus de débats, plus de courroux !&lt;br /&gt;Embrassons-nous !&lt;br /&gt;Embrassons-nous !&lt;br /&gt;Embrassons-nous !"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà qui est dit. Venez tous vous embrasser à La Croix-Rousse sous le ciel vengeur de Labiche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : Il me semble que Pierre Pradinas a monté Labiche comme Labiche doit être monté, sans parti-pris qui éloignerait les pièces de ce qu'elles sont : un regard neutre sur la condition humaine et c'est cette neutralité qui laisse voir toutes nos maladresses et nos tentatives avortées.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5023568661152228066?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5023568661152228066/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5023568661152228066' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5023568661152228066'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5023568661152228066'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/03/hier-au-soir-tres-belle-premiere-du.html' title=''/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S5ducHg5muI/AAAAAAAAAvs/nUGo01BtbmI/s72-c/labiche.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-8361858061180518477</id><published>2010-03-09T18:30:00.001+01:00</published><updated>2010-03-09T18:36:52.645+01:00</updated><title type='text'>Brunch ce matin avec Romane</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S5aFOYHfjrI/AAAAAAAAAu8/5HIDFbVg0EM/s1600-h/IMGP0182.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="640" src="http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S5aFOYHfjrI/AAAAAAAAAu8/5HIDFbVg0EM/s640/IMGP0182.JPG" width="425" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S5aFiRJ_10I/AAAAAAAAAvE/uNUgLORAUAs/s1600-h/IMGP0183.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="640" src="http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S5aFiRJ_10I/AAAAAAAAAvE/uNUgLORAUAs/s640/IMGP0183.JPG" width="426" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-8361858061180518477?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/8361858061180518477/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=8361858061180518477' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8361858061180518477'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8361858061180518477'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/03/brunch-ce-matin-avec-romane.html' title='Brunch ce matin avec Romane'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S5aFOYHfjrI/AAAAAAAAAu8/5HIDFbVg0EM/s72-c/IMGP0182.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-868011329394313859</id><published>2010-03-09T09:56:00.001+01:00</published><updated>2010-03-09T10:02:44.953+01:00</updated><title type='text'>On vote tous Jean Jacques Queyranne dimanche prochain !</title><content type='html'>Ce lundi soir au Transbordeur, meeting de soutien à Jean Jacques Queyranne avant le premier tour des élections régionales. Un monde fou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'abord, discours de Gérard Collomb. Discours opiniâtre sur la nécessité pour les villes, et en particulier pour Lyon de travailler avec la Région. Sans la Région, aucune grande politique d'investissement n'est possible (université, transports, recherche, Culture…). Ensuite, et à la fin, discours de Jean Jacques Queyranne. L'homme est fin, subtil, avec une vraie hauteur de vue. Il était particulièrement détendu. C'est un président au-delà de tout soupçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'un et l'autre sont mes amis. J'ai toujours pu compter sur leur fidélité en toutes circonstances. Je les ai toujours soutenus. Jamais nous ne nous sommes manqués, encore moins trahis. J'étais là lors de la première élection de Jean Jacques Queyranne à la Région Rhône-Alpes (et nous étions très peu d'artistes cette fois-là) et évidemment j'étais là lors des deux élections de Gérard Collomb à la Mairie de Lyon. Aujourd'hui je suis là pour la seconde élection de Jean Jacques Queyranne à la tête de la Région Rhône-Alpes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre les deux interventions, Ariane Mnouchkine est apparue. C'est fou ce poids d'humanité qu'elle porte en elle (sur elle). Depuis trente ans que je fais du théâtre, j'ai l'impression qu'elle n'a pas changé. Elle est une sorte de présence lourde de conséquences. Avec elle, il n'y a pas de triche possible, pas d'arrangement possible. Le seul possible pour elle c'est d'être au service des autres. J'ai retenu une belle idée dans son intervention : l'idée que "l'imagination n'est pas une évasion, mais au contraire le meilleur moyen de comprendre l'humanité". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, et là j'avoue que l'émotion m'a submergée, est apparu sur scène Robert Badinter. Comment dire ? L'homme (plus de 80 ans) a une silhouette incroyablement jeune. Un visage lisse, peu de rides apparentes. Mais surtout, ce qu'il a, c'est ce sourire un peu de biais, quasi carnassier, au charme inouï ; sourire qui s'accompagne systématiquement d'une sorte de clignement d'œil. Cela crée aussitôt une complicité qui se mélange à une certaine gravité. Chaque mot prononcé semble définitif. Evidemment au cours de son intervention j'ai retrouvé les accents de son discours à l'Assemblée Nationale lorsqu'il a défendu l'abolition de la peine de mort. De quoi a-t'il parlé Robert Badinter hier au Transbordeur? D'égalité. De fraternité (mot magique apparu pendant la Révolution a-t il précisé). D'exigence morale. De dignité humaine. De laïcité… Et tout cela sur le ton presque de la confidence, avec quelques fois des accents de tribun. L'homme nous inonde de sa hauteur d'esprit. Soudain je me suis senti ridiculement petit et en même temps il nous insuffle un souffle nouveau. On se sentirait presque héroïque. Il y a très longtemps que je n'avais pas ressenti une émotion pareille. Je crois que nous étions tous fiers d'être là et émus jusqu'aux larmes. Inoubliable que cette rencontre avec Robert Badinter. Et puis enfin, abolir la peine de mort cela reste une des grandes dates de notre histoire du XXème siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La soirée était présentée par Nadjet Belkacem. Magnifique dans un jean pour le moins moulant et donc particulièrement sensuelle, petit corsage blanc et petite veste serrée noire. Très belle Nadjet Belkacem. Il y eut beaucoup d'autres choses dans cette soirée. Mais il m'a semblé qu'en tous cas, hier au soir, la politique "était à son meilleur", qu'il y avait là une vraie vision du monde à travers la Région, que toutes ces personnalités dégageaient une véritable honnêteté intellectuelle. C'était beau. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, brunch avec notre chère Romane Bohringer. Ce soir, première du spectacle de Labiche mis en scène par Pierre Pradinas. Cela s'annonce sous les meilleurs auspices.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'empêche, marre du froid ! Mais quand on voit ce qui s'est passé ces derniers jours au Niger où des femmes et des enfants furent lâchement massacrés, on se dit que le froid n'est rien. Peut-être même est-il beaucoup puisque par voie de conséquence il peut nous donner envie de se blottir les uns contre les autres. Toujours ce "blottissement" dont j'ai si souvent parlé dans ce blog et qui décidément serait presque le sens de ma vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : dirigeant un théâtre de service public, peut-être certains penseront-ils que je devrais m'abstenir à un devoir de réserve. Mais comme l'a dit Robert Badinter hier au soir pour expliquer sa présence à Lyon, il y a parfois des situations où l'amitié, la fidélité et une certaine idée du vivre ensemble (vérifiées sur le terrain) font que l'engagement est une évidence. Un devoir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-868011329394313859?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/868011329394313859/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=868011329394313859' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/868011329394313859'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/868011329394313859'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/03/on-vote-tous-jean-jacques-queyranne.html' title='On vote tous Jean Jacques Queyranne dimanche prochain !'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-2743666994447192330</id><published>2010-03-03T12:12:00.006+01:00</published><updated>2010-03-09T18:27:37.053+01:00</updated><title type='text'>Pour Romane</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;On ne peut rien faire d'autre que de tomber amoureux de Romane. Elle est une femme étonnée, suave, si proche, capable d'emportements, de fraternité immédiate. Elle sourit un peu mystérieusement comme malicieuse et complice. Elle ne fuit jamais la compagnie des êtres humains. Au contraire, on dirait qu'elle cherche toujours instinctivement sa place près d'eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Romane est une femme familière et en même temps elle a quelque chose d'à part. Elle est d'une fidélité absolue. Elle sait où est son chemin. Elle n'hésite pas. Elle est porteuse d'une gratitude généralisée. Il y a chez elle comme un sentiment de pureté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est la fille à son père. Ce rôle là, elle ne le laisse à personne. Toujours et encore cette idée d'occuper sa place, seulement sa place. Ne jamais prendre celle des autres. Éloigner d'elle tout sentiment de frustration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La voilà mère. C'est ça, c'est une femme à réhabiliter ces deux mots de la langue française : "père" et "mère". Pour cela qu'elle soit aimée !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Philippe Faure&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;NB : ce texte a également été rédigé pour le programme de soirée de &lt;i&gt;29 degrés à l'ombre et Embrassons-nous, Folleville !&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-2743666994447192330?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/2743666994447192330/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=2743666994447192330' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2743666994447192330'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2743666994447192330'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/03/pour-romane.html' title='Pour Romane'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-4747551419385553743</id><published>2010-03-02T16:08:00.001+01:00</published><updated>2010-03-03T12:10:53.790+01:00</updated><title type='text'>L'art du peuple</title><content type='html'>Nous (vous) voilà déjà aux deux tiers de la saison. J'ai du mal à réaliser et pourtant :&lt;i&gt; Lambeaux&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Garçons et Guillaume à table !&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Malade imaginaire&lt;/i&gt; à la Maison de la Danse, &lt;i&gt;La Vie devant soi&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Observer&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Woyzeck&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Maman j'ai peur dans le noir &lt;/i&gt;sont de l'histoire ancienne. C'était hier et pourtant déjà si loin. C'est que le théâtre ne prend corps que le temps de la représentation.&amp;nbsp; Immédiatement après, il s'évanouit dans nos mémoires. Car le théâtre est ainsi : son souvenir ne nous impose rien. Il flotte ensuite dans notre imaginaire, comme un secret. "J'étais là, ce soir-là!" disons nous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps qui passe n'abime jamais notre souvenir de théâtre, bien au contraire, il lui donne une respiration particulière. Je me souviens de Myriam Boyer qui soudain ôte la perruque de Madame Rosa pendant les applaudissements. De Guillaume Gallienne dont on eût dit qu'il était inarrêtable, si possédé par le jeu. De l'incroyable alchimie de Bruno Meyssat à nous donner à revivre la tragédie d'Hiroshima. Du &lt;i&gt;Malade imaginaire&lt;/i&gt; avec les costumes de ville, chatoyants comme aux plus belles heures de la folie d'Alain Batifoulier, le décorateur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souviens de tout, et pourtant tel que j'écris, avant même que la saison ne s'achève, je suis mobilisé et toute l'équipe avec moi sur notre prochaine saison. Mobilisé est le mot qui convient, car nous allons bousculer les habitudes, réaffirmer des nécessités, réinvestir notre propre idée du théâtre. Bien sûr, les spectacles proposés seront particulièrement "emballants" par leur exigence et leur spécificité. Ils le seront peut-être comme ils l'ont rarement été. Tant de grands metteurs en scène, d'œuvres majeures, de présences rares, de retrouvailles inattendues, d'inventivité nous accompagnerons. Notre mobilisation vient de ce que diriger, animer une maison de théâtre dans cette société qui souffre, où tant d'injustices gagnent du terrain, où tant de solitudes s'ajoutent, ne peut être un acte innocent. Depuis deux ans déjà avec nos "semaines des vêtements chauds", nous cherchons à nous rapprocher de la misère sociale et de faire que le théâtre ne soit pas un art orphelin. Mais l'art du peuple. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais arrêtons là. De cette mobilisation nous vous dirons tout le 31 mai lors de notre présentation de saison. Ce qui m'émeut et que j'ai envie de vous dire dès aujourd'hui, c'est que je suis conscient de l'immense confiance que vous nous faites. Cela par la force des choses nous donne des responsabilités nouvelles. Décidément, la Croix-Rousse ne sera jamais un lieu de consommation ordinaire. Je veux et rêve qu'il soit une aventure utopique avec sans aucun doute ses limites, ses contradictions et ses empêchements. Ces limites si pratiques pour ne pas agir, en tous cas nous les ferons furieusement reculer, oserai-je dire à la limite de nos forces. Tout à notre désir d'être utiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Philippe Faure&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;NB : ce texte a été écrit pour le programme de soirée qui sera distribué lors des représentations de &lt;i&gt;29 degrés à l'ombre et Embrassons-nous, Folleville !&lt;/i&gt; du 09 au 27 mars.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-4747551419385553743?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/4747551419385553743/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=4747551419385553743' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4747551419385553743'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4747551419385553743'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/03/lart-du-peuple.html' title='L&apos;art du peuple'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7714191099920444572</id><published>2010-02-19T14:48:00.005+01:00</published><updated>2010-02-19T16:12:49.595+01:00</updated><title type='text'>Une amitié amoureuse : parce que c'est lui, parce que c'est moi</title><content type='html'>Ce matin, le 19 février, très longue conversation avec René Gonzalez qui dirige le Théâtre Vidy de Lausanne, l'une des toutes premières maisons de théâtre en Europe, si ce n'est la première. Il y eut ce matin, dans notre dialogue, une sorte d'effervescence intellectuelle en même temps de fous rires et de légèreté et à la fin de la gravité. Je lui ai exposé mon projet dont j'ai parlé hier dans ce blog pour les prochaines années du Théâtre de la Croix-Rousse. Projet éminemment politique et, autant le dire, René Gonzalez y a adhéré avec une joie quasi enfantine. Il coproduira et accueillera pour une longue série ma prochaine création fin 2011, directement reliée à la nouvelle aventure de La Croix-Rousse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;René Gonzalez est une sorte de roc physiquement. La maladie l'a traitreusement assailli il y a maintenant presque 2 ans. Elle a failli même avoir raison de son énergie vitale. Mais le gaillard a ressuscité comme s'il lui était impossible d'admettre que le temps s'arrête. Derrière cette force de la nature, il y a chez lui une gourmandise de la vie, une approche quasi évanescente des sentiments. Il est, me dit-il, furieusement amoureux et furieusement aimé. Bien sûr, notre dialogue s'apparente souvent à des "mises à nu". Nous n'avons pas peur, ni l'un, ni l'autre de nous avouer nos échecs, nos défaites, nos drames intérieurs. Mieux que personne, il sait combien ces deux dernières années m'ont épuisé et désolé. Et aujourd'hui nous plaisantons de cette effervescence intellectuelle qui s'est emparée de moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est une sorte de conscience, il a accompagné les plus grands metteurs en scène de la scène européenne, Matthias Langhoff, Luc Bondy… Ce que j'admire le plus chez lui, c'est cette soif de découverte. Il fait tellement confiance à la jeunesse ! Et souvent, avec elle, il prend tous les risques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu'il m'a appris, c'est de ne jamais être un homme du passé, d'être dans le présent et toujours d'être un homme d'avenir. Il est à Vidy adoré par son équipe qui ne cesse de lui manifester sa reconnaissance. Il n'y a jamais chez lui de mépris pour rien ou pour personne. Souvent, il me répète : « Ne perds pas de temps avec ceux qui te veulent du mal. Ne t'occupe que de ceux qui te veulent du bien. » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vis avec lui une sorte d'histoire d'amour toujours recommencée, ce qui n'empêche pas parfois, comme dans toutes les histoires d'amour, que nous ayons de vives colères l'un envers l'autre. Aujourd'hui nous vivons "un bonheur sans nuages", comme pourrait dire certains couples hétérosexuels. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lui dois beaucoup, j'allais dire presque tout. Il me rappelle constamment que l'intelligence et l'intuition sont les deux conditions pour être un homme honorable. Il ajoute qu'il ne faut jamais calculer ni son amour ni son admiration, &lt;b&gt;il faut plonger&lt;/b&gt;. René Gonzalez est un plongeur hors pair, c'est sûr que s'il allait aux jeux olympiques, il serait médaille d'or. Mais, à ce que je sache, René Gonzalez n'est absolument pas sportif.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;/b&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7714191099920444572?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7714191099920444572/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7714191099920444572' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7714191099920444572'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7714191099920444572'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/02/une-amitie-amoureuse-parce-que-cest-lui.html' title='Une amitié amoureuse : parce que c&apos;est lui, parce que c&apos;est moi'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-3518206786673746325</id><published>2010-02-18T12:13:00.002+01:00</published><updated>2010-02-18T18:21:47.883+01:00</updated><title type='text'>Toujours s'émerveiller</title><content type='html'>Ce matin, 18 février, comité de suivi au Théâtre de la Croix-Rousse. Le Ministère de la Culture, la Ville de Lyon, la Région Rhône Alpes, le Conseil Général du Rhône et leurs représentants éminents sont réunis pour définir la nouvelle convention qui nous liera à chacune de ces collectivités, convention qui sera signée dans le courant du mois de mai. Plutôt que de la redéfinir j'ai souhaité que cette convention soit l'objet d'une vraie &lt;b&gt;refondation&lt;/b&gt; quant à notre mission. Je ne veux pas ici entrer dans les détails car chacun devra avoir la surprise de notre avenir en découvrant notre prochaine saison. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de choses vont changer tant dans la forme que dans le fond. La dénomination même de notre théâtre paraitra sans doute quelque peu révolutionnaire en ces temps où la politique a tendance à se perdre dans les détails et va rarement à l'essentiel. J'ai souhaité que notre maison s'inscrive, oserais-je dire, dans "l'urgence sociale" tout en proposant évidemment l'excellence artistique. Je dois dire que chacune des collectivités a accepté mon projet avec enthousiasme. Une certaine complicité, voire même une certaine tendresse, a régné sur ce comité de suivi. Cela tendrait à prouver que lorsque chacun est de bonne volonté et écoute l'autre, une vraie confiance peut s'instaurer, des idées être émises, des engagements pris et enfin un vrai projet de service public défini. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai offert à chacun des participants le &lt;i&gt;Discours de Suède&lt;/i&gt; prononcé par Albert Camus lors de sa remise du prix Nobel à Stockholm (éditions Folio). J'ai aussi beaucoup évoqué l'œuvre de Louis Guilloux, magnifique écrivain français trop méconnu qui n'a cessé d'écrire l'histoire du peuple. Bien sûr, j'ai, à de nombreuses reprises, fait allusion à l'œuvre de Victor Hugo que je ne cesse d'entreprendre ces temps-ci. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'ailleurs, à propos d'auteurs, depuis quelques temps je suis saisi d'une sorte de boulimie de lecture, comme si soudain j'étais affolé par mon ignorance. Peut-être est-ce la froidure de l'hiver, mais mon esprit a constamment besoin d'être réchauffé par toutes ces utopies. Par exemple deux livres que je viens de lire coup sur coup : &lt;i&gt;Les derniers jours de Stefan Zweig&lt;/i&gt; de Laurent Seksik, et &lt;i&gt;Un très grand amour&lt;/i&gt; de Franz-Olivier Giesbert. Deux livres chacun bouleversants dans leur genre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diriger un théâtre, l'animer, ne s'arrête pas évidemment à un certain talent d'organisateur car avant toute chose il convient de rêver l'aventure que l'on mène. Cette phrase de Camus : « Pour parler de tous et à tous, il faut parler de ce que tous connaissent&amp;nbsp; et de la réalité qui nous est commune. La mer, les pluies, le besoin, le désir, la lutte contre la mort, voilà ce qui nous réunit tous (…) la réalité du monde est notre commune patrie. » Cette phrase encore de Camus qui ne cesse de me fasciner : « le secret de la vie coïncide avec celui de l'art. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, il y a dans le fait de mener une aventure comme celle de La Croix-Rousse un infini besoin d'amour. En donner, parfois en recevoir, mais surtout en donner. Je suis obsédé par l'idée que toute vie n'a de sens que si elle est tournée vers les autres, que si nous faisons don de nous mêmes. Cette phrase encore de Camus : « Les artistes ne méprisent rien, ils s'obligent à comprendre au lieu de juger. » Comprendre, voilà bien le sens de notre travail, de notre engagement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps s'est radouci. Il fait doux. Les corps se décrispent. Bientôt l'éveil du printemps. Bientôt la très belle Romane Bohringer. Bientôt le 31 mai, où nous lancerons cette nouvelle étape de notre travail en lançant notre nouvelle saison. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours la joie d'être vivant et la joie d'avoir le désir d'aimer. Toujours s'émerveiller. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-3518206786673746325?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/3518206786673746325/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=3518206786673746325' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/3518206786673746325'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/3518206786673746325'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/02/toujours-semerveiller.html' title='Toujours s&apos;émerveiller'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-4614129914272956051</id><published>2010-02-11T15:09:00.001+01:00</published><updated>2010-02-11T15:26:40.276+01:00</updated><title type='text'>Une journée ordinaire au Théâtre de la Croix-Rousse</title><content type='html'>&lt;b&gt;10h30&lt;/b&gt; Réunion de toute l'équipe. Tous les sujets sont abordés, relatifs à la vie du théâtre. J'annonce en particulier que l'une de mes collaboratrices va prendre trois mois de disponibilité pour raison personnelle. Bien sûr le point est fait sur les différents rendez-vous marquants : brunch avec Romane Bohringer, conférence de presse avec Pippo Delbono. Presque tous les spectacles d'ici la fin de saison sont quasi-complets. &lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;Midi&lt;/b&gt; Déjeuner de travail&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;14h à 17h&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans la grande salle : lecture avec tous les comédiens de Badine de la prochaine pièce que je mettrai en scène la saison prochaine (ils m'ont fait ce plaisir de lire pour le fun).&lt;br /&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans la salle de réunion: rendez-vous entre les relations publiques et le consul de Madagascar pour préparer la venue des &lt;i&gt;Cauchemars du gecko&lt;/i&gt; créé cet été en Avignon. Spectacle décapant.&lt;br /&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans les loges : un groupe d'étudiants de théâtre découvre l'univers des costumes. Nadine Chabannier, notre costumière, a préparé la rencontre avec beaucoup de soin et de détails. Elle explique en compagnie d'Alain Batifoulier, le décorateur, comment l'univers esthétique d'un spectacle se rêve puis se réalise.&lt;br /&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans le studio : les techniciens préparent l'accueil d'un prochain spectacle.&lt;br /&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Deux personnes de l'équipe (dont la responsable de la communication) partent à Paris découvrir un spectacle que nous allons accueillir.&lt;br /&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Evidemment la billetterie est en plein travail. Les représentations de Badine affichent complet (nous vendons les marches).&lt;br /&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L'équipe administrative est surchargée de travail (outre les 150 à 200 fiches de paye chaque mois) il faut préparer la clôture des comptes et organiser un comité de suivi pour la semaine prochaine (Ville, Etat, Région, Conseil Général) fondamental pour l'avenir du Théâtre. &lt;br /&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le travail pour vendre notre prochaine création en tournée commence.&lt;br /&gt;-&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le téléphone sonne un peu partout.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;19h&lt;/b&gt; Les comédiens de Badine arrivent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Représentation à &lt;b&gt;20h&lt;/b&gt;. C'est au fond assez impressionnant et assez grisant de sentir ainsi une maison au travail. Chacun est concentré sur sa tâche et en même temps le dialogue est permanent. De furtives réunions s'improvisent entre deux portes. Des décisions qui trainaient jusque là soudain se prennent instantanément. Tout semble virtuel et pourtant rien n'est plus concret. Des classeurs entiers sont à signer mais cela n'empêche pas d'évoquer Jean Louis Trintignant ou Stephan Zweig. Se construit ainsi chaque jour, avec soin et force, énergie et imagination, le rassemblement de tant de gens et de désirs. Depardieu dans une interview géniale disait : « Je suis l'homme des gens ! » La formule est magnifique et je la fais mienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'après-midi, dialogue au téléphone avec Jean Jacques Queyranne, Président du conseil régional de Rhône Alpes (un vrai ami), avec Romane Bohringer (qu'elle est tendre). Je reçois un magnifique texto de Guillaume Gallienne dont tout le monde parle aujourd'hui et qui cartonne à Paris à l'Athénée avec son spectacle que nous avons accueilli il y a quelques semaines. Il me remercie entre autre pour dit-il ma "fabuleuse équipe". Beaucoup de mails aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici est une maison amie, chacun peut y dialoguer avec tous mes collaborateurs de manière libre et confiante. Chacun ici est disponible à tout moment. Nous travaillons pour l'avenir de nos consciences, rêvant, imaginant, désirant, créant, surtout construisant. J'ai le sentiment que nous sommes une équipe de bâtisseurs. Nos constructions sont fragiles, éphémères, mais pourtant elles prennent corps. Comme j'aime ce mot, le corps. Je l'ai employé sous toutes les coutures (si j'ose dire), dans tous mes écrits (et dans tous mes actes?).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette phrase de Musset : « Comment me laisse-t-on ici si longtemps ? J'ai besoin de voir une femme, j'ai besoin d'un joli pied et d'une taille fine : j'ai besoin d'aimer. »&lt;br /&gt;J'ai besoin à mon tour que la vie soit un corps à étreindre, ou plutôt j'ai besoin du corps de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;22h&lt;/b&gt; Fin de la représentation de Badine. Triomphe osons le dire. Je n'ai pas regardé le spectacle ce soir mais pas mal téléphoné. En particulier les communications personnelles impossibles à passer dans la journée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour chez moi vers 23 heures. Mille choses dans la tête qui se mélangent. Tant de désirs ! Aurai-je le temps de tout faire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Demain, journée au vu de l'agenda très chargée. Ca promet ! Aujourd'hui n'était qu'une journée ordinaire.&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : Coup de fil de Christophe (&lt;i&gt;Aline&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les marionnettes&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les mots bleus&lt;/i&gt;) qui souhaite revenir chanter chez nous la saison prochaine. C'est pas beau la vie ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-4614129914272956051?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/4614129914272956051/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=4614129914272956051' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4614129914272956051'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4614129914272956051'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/02/une-journee-ordinaire-au-theatre-de-la.html' title='Une journée ordinaire au Théâtre de la Croix-Rousse'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-2124062614732298261</id><published>2010-02-05T11:51:00.004+01:00</published><updated>2010-02-05T11:54:54.461+01:00</updated><title type='text'>définition</title><content type='html'>On peut très bien répondre par oui à une question qui n'est pas posée.&lt;br /&gt;(Magnifique définition de l'Amour par Charles Juliet dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lambeaux&lt;/span&gt;.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Philippe Faure&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-2124062614732298261?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/2124062614732298261/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=2124062614732298261' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2124062614732298261'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2124062614732298261'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/02/definition.html' title='définition'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-2686721853856535653</id><published>2010-02-04T11:41:00.004+01:00</published><updated>2010-02-04T14:24:38.705+01:00</updated><title type='text'>Anne de Boissy et Charles Juliet : un couple infernal</title><content type='html'>Sur mon bureau au théâtre, beaucoup de livres ouverts que je lis par intermittence :&lt;br /&gt;•    Vincent Van Gogh, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lettres à son frère Théo&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;•    Albert Cohen, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le livre de ma mère&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;•    Laurent Seksik, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les derniers jours de Stefan Zweig&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;•    Henri Pena – Ruiz, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un poète en politique. Les combats de Victor Hugo.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;•    Charles Baudelaire, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Cent poèmes de Baudelaire&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;•    Alfred de Musset, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Caprices de Marianne&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;•    René Char, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lettera amorosa&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;•    Alphonse Daudet, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tartarin de Tarascon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous à leur manière tentent d'appréhender le réel, comme s'il fallait absolument dépasser le réel pour découvrir "l'inconnu". Car seul l'inconnu "vaut la peine". Dans beaucoup de cas c'est la mort qui pour eux définit le mieux cet inconnu. Mais étrangement, le chemin jusque là est définitivement poétique. Esthétique pourrions nous dire. Et cette esthétique est la définition même de l'art de chacun. J'adore avoir à ma portée tous ces visionnaires qui toujours créent du désir, du vertige, une certaine fascination. Sans l'art nous ne sommes rien. Rien d'autre que "d'ordinaires consommateurs". L'art nous donne la mesure de notre (nos) responsabilités. S'élever. Elever notre esprit. Ne pas le réduire à la facilité de ce que nous sommes. Mon Dieu, que de progrès avons nous à faire, ai-je à faire ?... En rentrant chez moi dans la soirée, d'autres livres m'attendent. En particulier une magnifique biographie de Rimbaud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, réunion d'équipe. La prochaine saison est définitivement définie et calée. Elle est particulièrement et artistiquement impressionnante. D'autre part dans sa forme elle est assez radicale. Changement de cap pourrions nous prétendre. Mais de tout cela j'aurais le temps de reparler plus tard. Nous ne sommes qu'à la moitié de la saison en cours. Tant de rendez-vous nous attendent encore d'ici le mois de juin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier au soir, vu AVATAR en douce compagnie. Adoré ce film. Incroyable génie que ce James Cameron. Ce système 3D si impressionnant. Et puis, contrairement à ce que j'entends ici et là, le fond est égal à la forme. Du grand Art. Du jamais vu.&lt;br /&gt;J'ai ouvert avec notre conseil juridique le chantier des heures supplémentaires. D'abord, d'un point de vue technique. Et dans quelques semaines, nous l'aborderons concrètement avec les salariés. Vaste chantier auquel je tiens beaucoup. Là encore, nous y reviendrons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fou, vertigineux même le nombre de propositions de spectacles que nous recevons. Est-ce bon signe ? Sûrement pas car tant de propositions ne semblent pas "venir de l'intérieur". Nous essayons de répondre à presque tous dans la mesure du possible. Ils est urgent que nos maisons se reconcentrent sur "l'essentiel". On en reparle ou plutôt on le fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lambeaux&lt;/span&gt; de Charles Juliet dans la petite salle de La Croix-Rousse. Je connais bien Charles Juliet à qui j'avais commandé une pièce il y a quelques années, et que finalement je ne "sentais" pas de mettre en scène. C'est Planchon qui s'y colla et le résultat global fut assez décevant. Depuis je n'ai pas revu Charles Juliet. Or c'est un homme pour qui j'ai beaucoup d'estime. Il m'est arrivé d'avoir de longues conversations avec lui. Son rapport au silence et à l'écriture est fascinant. Son rapport à l'enfance aussi. Terrible même.&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Lambeaux&lt;/span&gt; est le portrait de sa mère. Son écriture classique détaille scrupuleusement la réalité de sa vie et son effondrement intérieur. Pas de lyrisme, ni d'envolée. Une sorte de carnet de route vers la folie ; l'abandon. Anne de Boissy donne vie à ces paroles avec soin et élégance. Le déchirement vient peu à peu, pas à pas, mot après mot. Jusqu'à la rage finale. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lambeaux&lt;/span&gt; est un moment de théâtre d'une pureté infinie, et chaque soir devant des salles pleines, le public est bouleversé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin le soleil est là donc tout est possible !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Celui (...) qui comprend sans effort, le langage des fleurs et des choses muettes.»&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Charles Baudelaire&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-2686721853856535653?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/2686721853856535653/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=2686721853856535653' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2686721853856535653'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2686721853856535653'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/02/anne-de-boissy-et-charles-juliet-un.html' title='Anne de Boissy et Charles Juliet : un couple infernal'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7364302873370871260</id><published>2010-02-01T11:00:00.002+01:00</published><updated>2010-02-01T15:14:20.777+01:00</updated><title type='text'>Le froid tue les microbes</title><content type='html'>Dernière représentation du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Malade&lt;/span&gt; au Théâtre National de Nice. L'accueil toute la semaine fut extraordinaire. Le public de la dernière (plus de 1000 personnes) n'avait pas envie de nous laisser partir, et les applaudissements me firent penser à une mer démontée. Un peu dantesques !&lt;br /&gt;Ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Malade imaginaire&lt;/span&gt; qui "nous tient au corps" (expression Moliéresque dans&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Le Malade&lt;/span&gt;) depuis presque cinq ans est porté par une énergie peu commune, toute la troupe est au diapason. Le grand mot est lâché : c'est d'abord "une affaire" de troupe. Ici, non seulement l'union fait la force mais chacun est complice de l'autre, et de l'œuvre ; et du coup l'œuvre se nourrit d'une énergie vitale. Et puis, il y a Argan, que j'ai l'honneur (la chance) de prendre à mon compte. Et je réalise que chaque grand rôle n'est pas seulement un personnage : c'est un territoire. Et ce territoire, chaque soir, il reste à l'explorer. Il est infini. Selon l'humeur, l'exploration est sombre ou joyeuse, innocente ou cynique, lasse ou énergique. Un rôle comme celui-là peut rendre fou, pour peu que l'on s'y abandonne (ce que je fais). Et sincèrement, parfois j'ai le sentiment que cet Argan, à qui je donne vie depuis plus de 200 fois, va me rendre fou. À moins qu'il ne me sauve de moi-même ! (N'est-ce pas la même chose ?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Nice, j'ai appris (réappris) à être heureux du soleil. Je l'ai aimé ce soleil Niçois. Peut-être a-t-il ensoleillé ma vie, après des mois très sombres où aucun mépris, aucune trahison, aucun mensonge ne me fut épargné. Mais ne revenons pas sur ces dernières années de ma vie où l'amour m'a aveuglé. Je n'ai pas vu que la personne qui était en face de moi ne cherchait qu'une chose : se débarrasser de moi !&lt;br /&gt;Dieu soit loué, je me suis enfui avant d'y laisser ma peau. J'ai promis à mes filles que j'allais les emmener au soleil à la prochaine occasion. Cela dit, elles sont mon soleil. Marie, la plus grande, m'avoue au téléphone : « Je n'aime pas quand tu es loin, je suis inquiète. » Je la rassure. Elle conclut : « Vivement que tu sois là ! »&lt;br /&gt;"L'autre" me criait : « J'en ai marre de t'avoir dans mes pattes, tu me pollues la vie ! »&lt;br /&gt;Sans commentaire. Sans amour évidemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tournée, les journées sont étranges : on est dans la vie, sans franchement y être. Tout est réglé en rapport de la représentation du soir. Bien sûr, il y a les lectures, du travail aussi, de l'écriture, du téléphone, tout cela mélangé dans l'intimité de la chambre d'hôtel. Les choses se font dans le désordre. Soudain la douche surgit n'importe quand, comme impérieuse. Soudain aussi le désir fulgurant de voir la mer vous saisit. Mais vite, le retour à la chambre d'hôtel s'impose. Le corps toute la journée est las. C'est peu à peu, quand arrive la proximité de la représentation, qu'il se défatigue, qu'il redevient disponible à l'effort. Car jouer Argan demande un effort physique assez violent. Si l'on songe qu'Argan est un malade épuisé, on se dit que le théâtre n'a pas peur de manier les contradictions et d'imposer aux acteurs d'invraisemblables basculements du corps et de l'esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fond, en tournée, chaque jour l'acteur attend &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;le moment où il ne va plus s'appartenir&lt;/span&gt;, où il n'aura plus aucun contrôle sur lui-même, où peut-être, où sans doute, il éprouvera ce sentiment de liberté aussi éphémère qu'il sera violent.&lt;br /&gt;Bien sûr après la représentation en début de nuit, il y a la télévision. Elle aide "à faire retomber la pression". Et là, dans la semaine je suis quasiment tombé amoureux de deux présentatrices et d'une chanteuse.&lt;br /&gt;D'abord Alessandra Sublet sur la cinq qui anime une émission dont le titre doit être "c à vous" (c'étaient des rediffusions). Un sourire éclatant. Une limpidité dans le visage. Une tendresse infinie. Grande et belle. Eclairante ! A recommander en cas de panne d'énergie et de confiance.&lt;br /&gt;Autre présentatrice sur i&gt;Télé du Soir 3. La plus belle, la plus pulpeuse et si intelligente, avec une distance parfaite sur les choses et les événements, c'est Audrey Pulvar. Vraiment c'est une femme dont beaucoup doivent rêver. Mais en même temps il doit y avoir la peur de ne pas être à la hauteur d'une femme aussi complète. A recommander tous les soirs ! (Malheureusement, je n'ai pas la TNT donc pas i&gt;Télé… il faudra que j'attende la prochaine tournée pour la retrouver)&lt;br /&gt;Enfin, vu Emmanuelle Seigner qui sort un nouveau disque. Elle parle admirablement de son mari (Roman Polanski, 72 ans). Elle doit avoir une petite quarantaine. Elle dit qu'elle est un garçon manqué. Un comble ! Il n'y a pas plus sensuelle, plus mystérieuse, plus désirable qu'elle !&lt;br /&gt;Je ne sais pas si la femme est l'avenir de l'homme comme dit Aragon, en tous cas ces trois femmes donnent de "la femme" justement une très haute idée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors de ma dernière réunion avec les délégués du personnel, j'ai évoqué la notion de mérite pour les salariés. J'ai eu un peu l'impression de briser un tabou dans une entreprise comme la nôtre où les salariés sont solidaires les uns des autres, et pourtant je suis très attaché à cette notion de mérite. Chacun n'est pas égal dans son investissement dans le travail, dans son travail.&lt;br /&gt;J'ai moi-même terriblement donné de ma personne pour mériter aujourd'hui de diriger un théâtre et d'avoir les moyens suffisants pour créer des spectacles. Qu'est-ce que le mérite ? (mot sarkozyste autant que je me souvienne). C'est sans doute quand l'intérêt général guide seul les actes que l'on accomplit. Mais au-delà de l'intérêt général, c'est quand on est conscient de sa responsabilité à défendre un idéal. Et cette défense doit pouvoir s'accomplir même quand la situation est difficile. Mériter de faire partie d'une aventure d'une équipe, cela implique une rigueur intellectuelle. Un engagement quotidien. Je ne sais si cela est de bon ton, mais j'aime à pouvoir reconnaître pour chaque salarié son mérite. Si par malheur, cela n'est pas le cas, je suis le plus malheureux des directeurs. C'est pour cela sans doute que je défends mordicus les promotions internes, les formations de tous ordres, les tête à tête impromptus, les réunions de service et d'équipe. C'est que mon rôle est d'aider à construire le mérite de chacun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette très belle parabole indienne : « Pour peu qu'un oiseau puisse chanter, il faut qu'un autre le regarde ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une actrice magnifique : Marina Hands. Je l'ai croisée une fois. Elle m'avait beaucoup impressionné. Elle joue actuellement dans le film de Marc Dugain : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Une exécution ordinaire&lt;/span&gt;. Malheureusement, j'ai tellement de "films à voir" en retard que celui-ci n'échappera pas à la règle qui veut que je n'aille plus au cinéma qu'avec mes deux amours de filles !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lis dans tous les éditoriaux que l'affaire Clearstream est une "affaire d'Etat". Quand on pense à tout ce peuple qui ici en France vit sous le seuil de pauvreté, on se dit que Villepin et Sarkozy devraient mourir de honte. Mettre autant d'énergie dans la haine, alors que tant de gens ne parviennent plus ni à se chauffer ni à se nourrir, que chaque jour la pauvreté gagne du terrain, c'est nous qui allons mourir de honte si nous ne nous révoltons pas une fois pour toute. Cette phrase de Dany Laferrière, écrivain haïtien : « Ce qui a sauvé cette ville, c'est l'énergie des pauvres. Sans eux, Port-au-Prince serait restée une ville morte. »  C'est un comble ! Bientôt ça va être aux pauvres de sauver le monde…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l'ai déjà dit précédemment mais lorsque je vois le comportement exemplaire, digne et rieur de ma petite haïtienne préférée, Marline, je me dis que décidément les enfants nous renvoient nous-mêmes pauvres adultes à nos mesquineries et égoïsmes habituels. Ce matin, on me dit qu'un directeur de théâtre lyonnais, visiblement mal dans sa peau, tient de méchants propos à mon égard. Bien sûr tout cela ne me touche plus. Tout de même, n'y a-t-il pas mieux à faire ? D'autant que ce directeur-là tient des propos de fraternité, d'honnêteté, etc… en un mot de service public. Ainsi va la vie… Pas toujours très élégante ; à nous de lui donner un peu d'air frais (pour ça, on est servi… il fait moins 3° ce matin à Lyon !). Et comme dirait l'autre : « Le froid tue les microbes. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7364302873370871260?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7364302873370871260/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7364302873370871260' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7364302873370871260'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7364302873370871260'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/02/le-froid-tue-les-microbes.html' title='Le froid tue les microbes'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7178513403693957809</id><published>2010-01-28T12:20:00.002+01:00</published><updated>2010-01-28T12:22:23.067+01:00</updated><title type='text'>Vive le soleil niçois !</title><content type='html'>Quelques nouvelles rapides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre Karine préférée a accouché d'une petite fille. Hourra !&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lambeaux &lt;/span&gt;au Studio bouleverse toujours les spectateurs. Vive Charles Juliet.&lt;br /&gt;La création de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Métamorphose&lt;/span&gt; dans la grande salle est une réussite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Malade imaginaire&lt;/span&gt; provoque le délire tous les soirs au Théâtre National de Nice devant mille personnes. A propos de Nice, il fait très beau, du soleil. 13 °. Le soleil est vraiment reposant. La mer est belle et bleue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La saison prochaine est quasiment décidée. Hier, Sami Frey était en visite chez nous à La Croix-Rousse. Sans aucun doute, il devrait être sur notre scène à la rentrée. Génial !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant mon départ pour Nice, très longue séance de travail avec les délégués du personnel. Animer une maison aussi lourde et active, gérer des parcours personnels, trouver le juste milieu entre les souhaits de chacun et l'équilibre budgétaire de la maison : pas simple mais passionnant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes filles sont très perturbées et inquiètes de mon absence. Elles sont dans un état "d'amour" très émouvant. « L'amour de l'amour : une valeur à laquelle on ne saurait porter atteinte sans blasphémer. » Musset avait bien raison le bougre. A propos, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;On ne badine pas avec l'amour&lt;/span&gt; revient dans 10 jours sur la scène de La Croix-Rousse. Arriverai-je un jour à abandonner ce spectacle? La question est posée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Romane Bohringer arrive elle aussi chez nous dans quelques semaines avec Feydeau. Eu plusieurs conversations téléphonique avec elle. C'est vraiment une fille magnifique et fraternelle. Elle est une maman comblée depuis quelques mois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Décidément toutes ces nouvelles, même si elles sont rapides, donnent confiance. Vive le soleil niçois !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7178513403693957809?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7178513403693957809/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7178513403693957809' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7178513403693957809'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7178513403693957809'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/01/vive-le-soleil-nicois.html' title='Vive le soleil niçois !'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-6228649042692978453</id><published>2010-01-21T15:43:00.001+01:00</published><updated>2010-01-21T15:44:41.204+01:00</updated><title type='text'>D'Argan à Haïti</title><content type='html'>La vie a de ces confrontations parfois quasi ingérables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'explique : au moment où triomphe &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Malade imaginaire &lt;/span&gt;à la Maison de la Danse et où je me livre sensuellement dans le personnage d'Argan, surgit le drame d'Haïti. Or, je dois à la vérité de dire, qu'il y a cinq ans, nous avons adopté une petite fille haïtienne au doux nom de Marline. Elle vivait dans un orphelinat, sa mère n'ayant plus les moyens d'assumer son existence. Elle est donc avec nous depuis cinq ans. C'est une petite fille malicieuse, courageuse, sincère, et d'une tendresse particulière. Elle s'est parfaitement adaptée à la vie française. Elle a un bonheur de vivre assez admirable, digne d'être contemplé par chacun, chaque jour. Il a fallu en premier lieu qu'elle s'adapte au fait d'avoir une sœur beaucoup plus grande qu'elle (onze ans) et d'avoir un frère encore plus grand (32 ans).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Evidemment, les informations d'Haïti lui sont arrivées et son comportement devant cette tragédie est assez curieux. On pourrait dire qu'elle a un sang froid à toute épreuve. Il faut dire que dans l'orphelinat en question elle a appris la vie "à la dure". Curieusement, si c'est une petite fille enjouée, libre de parole, toujours prête à rire, à jouer et à danser, il y a chez elle une dimension extrêmement silencieuse, comme si elle avait conscience que la première dignité d'un être humain était de ne pas répandre ses émotions. Il y a beaucoup à apprendre d'elle. Etrangement, depuis le début de l'année, à l'école, elle avait beaucoup de mal à se faire des amis et à cause du drame d'Haïti beaucoup d'amitiés nouvelles viennent de se créer. Au fond, cette petite fille si simple est un être profondément secret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sur, lorsque nous voyons les images des conséquences du tremblement de terre, nous sommes obligés de penser, d'une part, qu'elle est une sorte de miraculée, et d'autre part, à tous les enfants qui par la force des choses seront devenus orphelins. Nous sommes obligés de penser aussi que pour un enfant sauvé, délivré de la pauvreté, combien d'autres vont être prisonniers d'un avenir d'ores et déjà déchiré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Décidément, d'Argan à Haïti et à Marline, il y a là une sorte de mystère qui me (nous) dépasse. Comme j'ai souvent l'occasion de l'écrire dans ce blog, il n'y a pas de temps à perdre pour être généreux et bon, pour donner de l'amour. C'est que demain chacune de nos vies peut elle aussi trembler et s'effondrer. Le désir d'être heureuse de cette petite fille qui maintenant m'accompagne (nous) depuis cinq ans a créé chez moi une exigence nouvelle. J'ai la responsabilité de créer du désir et de ne jamais céder à quelque tentation malheureuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute la semaine prochaine, nous serons au Théâtre National de Nice avec &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Malade imaginaire&lt;/span&gt;. Dans le recueillement de ma chambre d'hôtel face à la mer, j'aurai l'occasion d'écrire à nouveau et plus précisément sur ce blog.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Philippe Faure&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-6228649042692978453?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/6228649042692978453/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=6228649042692978453' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6228649042692978453'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6228649042692978453'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/01/dargan-haiti.html' title='D&apos;Argan à Haïti'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-2687038137869689720</id><published>2010-01-18T10:09:00.002+01:00</published><updated>2010-01-18T10:11:35.654+01:00</updated><title type='text'>Pour se souvenir</title><content type='html'>&lt;object height="225" width="400"&gt;&lt;param name="allowfullscreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;param name="movie" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=8798710&amp;amp;server=vimeo.com&amp;amp;show_title=1&amp;amp;show_byline=1&amp;amp;show_portrait=0&amp;amp;color=&amp;amp;fullscreen=1"&gt;&lt;embed src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=8798710&amp;amp;server=vimeo.com&amp;amp;show_title=1&amp;amp;show_byline=1&amp;amp;show_portrait=0&amp;amp;color=&amp;amp;fullscreen=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" height="225" width="400"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/8798710"&gt;Le malade imaginaire - Molière / Faure&lt;/a&gt; from &lt;a href="http://vimeo.com/user2077867"&gt;Garage Productions&lt;/a&gt; on &lt;a href="http://vimeo.com/"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Le Malade imaginaire&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; à la Maison de la Danse : c'était l'euphorie !&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-2687038137869689720?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/2687038137869689720/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=2687038137869689720' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2687038137869689720'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2687038137869689720'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/01/pour-se-souvenir.html' title='Pour se souvenir'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-812179023701385440</id><published>2010-01-13T15:33:00.004+01:00</published><updated>2010-01-14T10:06:07.996+01:00</updated><title type='text'>2010 sur les chapeaux de roues</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S03nRHAOQWI/AAAAAAAAArQ/19KzV-Umqjs/s1600-h/Le+malade+imaginaire-09.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 320px; height: 213px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S03nRHAOQWI/AAAAAAAAArQ/19KzV-Umqjs/s320/Le+malade+imaginaire-09.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5426247407175090530" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Très beau ce qui se passe au Théâtre de la Croix-Rousse depuis le 20 décembre. Par quel bout prendre les choses ? Commençons par &lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;La Vie devant soi&lt;/span&gt; avec Myriam Boyer : ce spectacle joué devant des salles archi pleines a bouleversé le public. Les mots d’Emile Ajar ont résonné en cette période de fête avec une intensité particulière. Sans oublier que ces mots-là portaient en eux une drôlerie très tendre. Quant à Myriam Boyer, elle a porté ce personnage de Madame Rosa avec une humanité, une générosité, un amour incomparables. Décidément, cette &lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Vie devant soi&lt;/span&gt; restera un souvenir unique dans la vie du Théâtre de la Croix-Rousse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut aussi le succès de notre opération des vêtements chauds (dont d’ailleurs nous ne devrions pas nous réjouir). Toujours est-il que les dons de vêtements et de jouets furent au-delà de toute espérance et qu’il fallut plusieurs voyages de la camionnette des Restos du cœur pour emporter cette récolte indispensable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parallèlement, il y eut les répétitions du &lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Malade imaginaire&lt;/span&gt;. J’avoue que j’avais sous-estimé le travail à reprendre ce spectacle. Moi-même, j’ai beaucoup galéré pour réapprendre le texte. Et la dernière semaine de répétitions à la Maison de la Danse a laissé toute l’équipe des comédiens littéralement épuisée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, depuis ce début de semaine, les représentations du Malade ont démarré à la Maison de la Danse. Succès public incroyable, un accueil digne d’un concert rock. Je dois dire que nous sommes tous bouleversés par la manière dont est reçu le spectacle. J’ai déjà eu l’occasion de le dire souvent, mais peut-être que le rôle d’Argan (que j’ai la chance de jouer), porte en lui un ardent désir de vivre. Bien sûr, il y a chez lui la peur de la maladie, la peur de la mort, la peur que les gens qu’il aime lui échappent, la peur enfin de ne pas être à la hauteur de la situation car, plus qu’un autre, Argan est conscient qu’être un être humain implique un sens des responsabilités et ces responsabilités le terrorisent. Alors, s'il crée la panique dans sa maison c’est pour mieux réinventer la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà pour ce qui concerne les spectacles. Mais bien évidemment, il y a aussi la vie quotidienne du théâtre et il se trouve que pendant cette activité artistique un peu démente, j’ai choisi de rencontrer individuellement chaque salarié de la maison pour faire le point sur le travail de chacun. C’est que bien sûr, d’ores et déjà, nous travaillons sur la prochaine saison qui sera dans la forme complètement différente de toutes les saisons que nous venons de vivre. Cela demande une réorganisation générale, de sorte qu’avec chacun nous puissions redéfinir ses objectifs et sa nouvelle implication dans ce qui sera un bouleversement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin même, en réunion d’équipe, je faisais part de ma quasi stupéfaction (joyeuse) devant ce public si nombreux (plus de 15 000 personnes fréquentent notre théâtre depuis le 20 décembre), je faisais part aussi de ce sentiment d’effervescence qui se dégage de notre maison comme si l’équipe du théâtre, la troupe des comédiens, les techniciens et le public, ensemble, partageaient le même désir d’aimer. Au fond, c’est peut-être cela qui est le plus troublant et le plus jouissif : ce sentiment d’une nouvelle jeunesse qui éclate : rien de sclérosé, rien de codé, mais bien plutôt un vent de liberté qui souffle. Alors évidemment, le soir après la représentation, il me faudrait presque un brancard pour m’évacuer de la Maison de la Danse tant la fatigue est grande (les articulations des genoux demandant grâce) mais je me dis, et l’équipe avec moi, que tout de même le théâtre n’est qu’amour et comme c’est le cas dans cette période frémissante, lorsque cet amour-là est partagé par le plus grand nombre, on se dit qu’on est béni.&lt;br /&gt;Bien sûr, cette activité débordante n’empêche pas chacun d’avoir une vie personnelle. Notre responsable billetterie, Karine Fanton, part cette fin de semaine pour accoucher dans à peine un mois ; d’autres collaborateurs arrivent, certains vont prendre du recul pour passer des caps difficiles de leur vie, d’autres qui ont changé d’affectation s’épanouissent de manière heureuse. En conclusion, je pourrais dire qu’une chose est sûre : le Théâtre de la Croix-Rousse, en ce début d’année 2010, n’a jamais été aussi vivant. Il est sur les chapeaux de roues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Philippe Faure&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P.S : N’oublions pas le spectacle de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Guillaume Gallienne&lt;/span&gt; qui démarre ce vendredi ; malheureusement les séances sont déjà complètes. N’oublions pas non plus &lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Lambeaux&lt;/span&gt;, le magnifique spectacle de Sylvie Mongin-Algan, dans le Studio, qui lui aussi malheureusement est complet. N'oublions pas enfin d'être amoureux (c'est Aragon qui disait cela).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-812179023701385440?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/812179023701385440/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=812179023701385440' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/812179023701385440'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/812179023701385440'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/01/2010-sur-les-chapeaux-de-roues.html' title='2010 sur les chapeaux de roues'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S03nRHAOQWI/AAAAAAAAArQ/19KzV-Umqjs/s72-c/Le+malade+imaginaire-09.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-1942644054817404989</id><published>2010-01-05T16:13:00.005+01:00</published><updated>2010-01-05T16:27:13.202+01:00</updated><title type='text'>Message express</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S0NXdon8e5I/AAAAAAAAAqw/tZ4dvavILkc/s1600-h/100EME_6012.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 320px; height: 212px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S0NXdon8e5I/AAAAAAAAAqw/tZ4dvavILkc/s320/100EME_6012.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5423274542916991890" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous attends à La Maison de la Danse pour&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Le Malade Imaginaire&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça va être magnifique !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du 11 au 16 janvier, à 20h&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.croix-rousse.com/spectacles/fiche/malade.html"&gt;+ d'infos&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-1942644054817404989?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/1942644054817404989/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=1942644054817404989' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1942644054817404989'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1942644054817404989'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2010/01/message-express.html' title='Message express'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/S0NXdon8e5I/AAAAAAAAAqw/tZ4dvavILkc/s72-c/100EME_6012.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7694173041043815364</id><published>2009-12-20T23:00:00.006+01:00</published><updated>2009-12-23T17:50:12.052+01:00</updated><title type='text'>Entre Molière et le Père Noël</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SzJBXZFriRI/AAAAAAAAAqQ/f13_Ho3Fhgo/s1600-h/P1000204.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 240px; height: 320px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SzJBXZFriRI/AAAAAAAAAqQ/f13_Ho3Fhgo/s320/P1000204.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5418465171807635730" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;La Neige. La Place Joannès Ambre est blanche. Aujourd'hui, deux représentations de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Vie devant soi&lt;/span&gt;, 15 heures et 20 heures. Complet. Le spectacle reçoit un accueil extraordinaire. En arrivant au théâtre, je suis allé saluer les comédiens. Myriam Boyer (qui tourne en ce moment le nouveau film de Bertrand Blier) est épanouie. Sur son visage, un sourire gourmand. Chez elle, la générosité est plus qu'un don, c'est un frémissement. On dira donc qu'elle est une femme frémissante. Le spectacle est chez nous jusqu'au 3 janvier. Il faut absolument partager ce moment de grâce. On se sent tellement plus léger après.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute est-ce la dernière fois que j'écris sur ce blog avant le début d'année 2010. C'est que le rythme ici est intense. La période est tumultueuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dernier avatar : les costumes et le décor du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Malade imaginaire&lt;/span&gt; (reprise à partir du 11 janvier 2010 à la Maison de la Danse) attendaient très sagement, rangés dans les Ateliers de la Ville de Lyon, de reprendre du service. Or des travaux nécessaires (remplacement de lourdes portes coupe-feu) se sont révélés catastrophiques. En effet, à l'intérieur de ces lourdes portes, de l'amiante. Celle-ci s'est échappée (aucune précaution n'ayant été prise) et a envahi tous les décors et caisses aux alentours. Sont concernés par ce drame (car c'en est un) l'Opéra de Lyon, le Théâtre des Célestins, le Théâtre de Lyon et La Croix-Rousse. Plus rien n'est utilisable, tout doit être décontaminé (laborieuse opération). Mais avant, la Ville de Lyon doit se retourner contre l'entreprise responsable, qui elle même avait eu recours à un sous-traitant. C'est donc un combat d'assurances qui commence. Toujours est-il que toutes les institutions citées plus haut doivent refaire construire les décors et les costumes des productions en cours et en tournée, dans l'urgence. Ce qui est le cas du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Malade imaginaire&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La période des fêtes n'est évidemment guère favorable à ce genre d'exploit. Nous avons tout de même réussi à convaincre un atelier de décor de refaire celui du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Malade&lt;/span&gt; en une petite dizaine de jours. Par contre, impossible de refaire les costumes (une vingtaine), tous les ateliers envisageables fermant pendant cette période. Après beaucoup d'hésitations (par exemple locations de costumes du siècle de Molière, mais qui évidemment n'auraient pas la folie de ceux dessinés par Alain Batifoulier, annulation pure et simple du spectacle) j'ai décidé que nous jouerions Le Malade en costumes de ville. Le théâtre est un art vivant, il doit s'adapter à toutes les situations. Ce qui compte, c'est la fidélité au texte, l'humeur Molièresque. Evidemment, le public va être extrêmement surpris de ce parti-pris de dernière minute (nous l'informerons en détail dans le programme de salle). Voilà une aventure excitante (indépendante de notre volonté) qui s'offre à nous. Rendez-vous le 11 janvier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un chorégraphe, Pierre Deloche (56 ans) vient de se suicider. Je le connaissais de loin, mais il se trouve qu'il était venu voir mon spectacle de début de saison &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Maman j'ai peur dans le noir&lt;/span&gt; (il n'était pas un habitué de notre maison). Plusieurs jours après, il m'avait adressé un drôle de paquet soigneusement enveloppé et ficelé : une boîte d'allumettes familiale sur laquelle il avait écrit des sortes de tags mystérieux et à l'intérieur du coton, et des petits rubans. Ce cadeau était accompagné d'un seul petit mot : "Touché au cœur". J'avais été très surpris par ce signe ma foi assez secret. Je lui avais répondu et témoigné ma tendresse pour ce geste. On me dit qu'il souffrait affreusement de ne pas être reconnu à sa juste place dans le milieu de la danse. Il en va ainsi des artistes. Souvent, ils sont ignorés et plus le temps passe, plus cette ignorance est douloureuse. Car un artiste ne se résigne pas. Il y a dans nos métiers une grande part d'injustice. J'ai envie de dire que dans ces moments-là, il faut rester calme et ne pas perdre confiance. Jamais. L'important est de faire. Même sans moyen, il faut faire ! Pendant 20 ans de ma vie, j'ai fait sans argent et sans soutien. J'ai "fait" contre les autres parfois (ceux qui n'avaient pas envie que j'existe). Cette solitude ne m'a guère déstabilisé. Je suis un roc lorsqu'il s'agit du théâtre. Certes un roc qui doute tout le temps, mais un roc quand même. Sans doute n'ai-je pas eu conscience que ce petit cadeau de Deloche était un signe. J'ai écrit une pièce sur le suicide, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Petit Silence d'Elisabeth&lt;/span&gt;, créée il y a plus de 10 ans au Théâtre National de Strasbourg. J'y racontais justement cette "absence de signe" mise à part un "petit silence". Mais il faut être diablement attentif pour l'interpréter comme un signe qui fait que l'autre est déjà parti dans sa tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu deux films. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Neuilly sa mère&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La première étoile&lt;/span&gt;. Deux films qui m'ont fait rire et pleurer (surtout le second). Deux films formidablement humains qui décidément donnent envie d'aimer la différence, non seulement de l'aimer mais de la vivre comme une chance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu un long portrait de Michel Bouquet sur la 5 dans la série &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Empreintes&lt;/span&gt;. J'ai eu la chance de passer beaucoup de temps en sa compagnie car j'avais adapté pour lui un roman de Kawabata, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Maître de Go&lt;/span&gt;. Ce fut un gros succès. Lyon, Paris et longue tournée ensuite. J'ai été très proche de lui. Nous marchions dans les rues. Il me tenait par le bras (bras dessus, bras dessous) et me récitait tout Molière, Labiche, Shakespeare, Racine. Il s'était brouillé avec le metteur en scène du spectacle et c'était moi qui avais la responsabilité d'être "l'œil extérieur". Que de souvenirs ensemble. J'adorais, car il m'appelait toujours (de sa voix profonde et enfantine) "mon petit Philippe". Ca me rassurait et m'émerveillait. Pendant la tournée, nous voyagions en car. Lui et sa femme Juliette devant et tous les autres derrière. Il fut un interprète génial chez Chabrol. Lorsque je le recroise, une vraie affection nous jette dans les bras l'un de l'autre. Je dirais que Michel Bouquet est un enfant dantesque (il me fait penser au personnage de Vitrac, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Victor ou les enfants au pouvoir&lt;/span&gt;). Il est ce Victor qui balance des vérités, comme on tire au pigeon. Méfiance. Bouquet est un guerrier. Mais son génie c'est de le dissimuler dans un dandinement de vieillard (Dandinement que je lui ai volé, puisque je "dandine" tous mes rôles. J'assume complètement ce vol).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lis beaucoup d'articles sur l'hospitalisation de Johnny Halliday et je tombe sur un long portrait de sa femme Laeticia. Elle est toute la journée près de lui. Du matin au soir. Il y est dit qu'elle est une amie attentive, épicurienne, une maman très présente, marraine de l'UNICEF. Il y est dit qu'avec Johnny, ils s'aident mutuellement, l'un rassurant l'autre. Qu'elle est patiente. Ils ont adopté deux enfants. Enfin, qu'elle a sauvé Johnny lorsque se tordant de douleur elle l'a emmené immédiatement à l'hôpital. Quelques heures plus tard (3 tout au plus), il eut été mort. Quelqu'un à propos d'elle dit : "c'est une chic fille". Cette définition est magnifique. Elle dit tout de la fidélité, du naturel, de l'intelligence, de la beauté d'une femme. Vivent les chics filles et vive Laeticia.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains se moqueront sans doute en lisant ce passage du blog : "Il passe de Laeticia Halliday à Michel Bouquet, de Molière à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La première étoile&lt;/span&gt; et à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Neuilly sa mère,&lt;/span&gt; de Myriam Boyer aux chics filles", et sans doute est-ce le cas dans tous les billets que j'écris dans ce blog. Presque toujours mes pensées sont empreintes de tendresse. J'aime tellement ceux qui inspirent de la tendresse. Je ne cesse dans les actes de ma vie de délivrer toute la tendresse qui est en moi. J'aime être tendre. C'est gai et velouté. C'est une empreinte qui frôle, une main qui se pose. C'est l'abandon du moment, la suavité de l'attente. Sans tendresse, nous risquons de mourir à petit feu et quoi de plus con que de mourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, 2009 s'achève. Ce fut une année extrêmement éprouvante (à titre personnel). Mais ne revenons pas sur le passé (immédiat), ça n'a aucun intérêt. Intéressons-nous au jour qui vient à travers un brouillard de neige, à travers les oreillers blancs du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Malade imaginaire&lt;/span&gt;. Intéressons-nous surtout à ce que nous pouvons faire de bien et prenons les résolutions adéquates. Tant pis pour ceux qui pourraient juger cela naïf. J'aime aussi la naïveté. Elle ne ment pas. Elle n'est pas une menteuse, la naïveté. Elle est la petite sœur de la tendresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque fois que j'arrive au Théâtre de la Croix-Rousse, j'admire ce bâtiment. Il est imposant. Finalement, d'une architecture très simple. Aucune sophistication. Au fond, il est dans l'esprit de celui qui a décidé de le faire bâtir. Populaire. Il a été créé pour le peuple. Les canuts, les tisseurs, tous ces petits métiers d'autrefois, écrasés par le progrès et la concurrence internationale. Il est, selon l'expression consacrée, une "maison du peuple". Jour après jour, dans toutes les décisions que je prends, dans tous mes actes, j'essaye de ne pas trahir le peuple (dont ma famille fait partie). J'essaye d'inventer un dialogue entre la maison et lui. Un dialogue qui serait très intime. Pas de discours. Pas de grandes déclarations. Mais le souci d'être à la portée de tous sans faiblir sur la mission : celle de donner à entendre des "plus grands que nous", des qui inventent des horizons, mais ne dédaignent pas le détail de nos vies. Car nos vies sont ainsi : petites. Une fois que l'on a accepté cette réalité, on peut travailler à être utile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Utile est un mot que j'aime. C'est une chanson de Julien Clerc très belle : « être utile à vivre et à aimer ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi parler de ce Théâtre de la Croix-Rousse aujourd'hui et ainsi? Peut-être pour réaliser que je ne m'habitue pas à le diriger. Chaque jour la même effervescence s'empare de moi. J'ai conscience que ce rôle là de "passeur", "d'interlocuteur", "d'artiste libre" se mérite. Ce n'est pas un dû. Aussi, je m'efforce (parfois à la limite de mes forces) de le mériter ce rôle. Je m'efforce d'être simplement UTILE (à vivre et à aimer).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reprise à partir du mardi 22 décembre à La Croix-Rousse de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;, création qui finit là une belle tournée lors de ce dernier trimestre. Partout où nous avons joué, ce spectacle a obtenu un franc succès. Avec le recul (et les différents raccords que j'ai effectué tout au long de ces derniers mois) c'est vraiment une création dont je suis très fier. Je suis même impressionné par la beauté des images. Grâce soit rendue à Alain Batifoulier (décor et costumes) et David Debrinay (lumières). Certains ont été déroutés par le principe d'adaptation du conte d'Andersen, où au milieu de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt; s'invitent une vingtaine d'autres contes. Il me semble pourtant que c'est ce qui fait la force du spectacle : proposer l'esthétique littéraire et morale d'Andersen dans une même vision.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À ce propos, tous les soirs après le spectacle, j'occuperai dans le hall le rôle du Père Noël. Au sens propre, avec distribution de papillotes. "Il faut ce qui faut" comme on dit vulgairement. Et puis, j'ai déjà occupé ce rôle du Père Noël lors d'une présentation de saison il y a deux ans. J'interpellais ce jour-là vivement et ironiquement Madame Christine Albanel, ancien ministre de la Culture. D'ailleurs la scène lui avait été rapportée (dénoncée) et son cabinet m'avait téléphoné d'urgence, de peur que ce Père Noël de circonstance et improvisé ne provoqua une crise.&lt;br /&gt;À propos de déguisement, j'ai toujours adoré me travestir souvent dans des postures pas loin du ridicule… J'ai donc été Père Noël, petit rat de l'opéra, trapéziste, clown, et bien d'autres énergumènes. Ca ne fait pas très "service public", d'ailleurs bon nombre de mes camarades se scandalisent d'une telle désinvolture, ironisent et condamnent. Or, et je l'ai souvent dit, écrit et expérimenté, le ridicule est le passage obligé pour toucher à l'âme. L'autre nuit, je regardais un long documentaire sur Charlie Chaplin. Le ridicule de Charlot nous fait basculer, nous spectateurs, dans l'absolue simplicité et fragilité de notre condition (malheureuse) d'être humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce dimanche, fin d'une très longue journée. Le Maire de Lyon et son épouse sont spectateurs de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Vie devant soi&lt;/span&gt;. Je les emmène dans la loge de Myriam Boyer. Elle a soutenu Collomb lors de la dernière élection municipale. Il est question de Clovis Cornillac, de l'OL, du débat sur l'identité nationale…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en finis de ce très, très long billet (qui est en fait un feuilleton). Je vous souhaite une bonne santé. C'est quand même le plus important. D'être aimé et vous même de ne pas avoir peur d'aimer. Méfions-nous comme de la peste de nos vilains démons. Soyons neufs et libres. Et promettons-nous d'être fraternels.&lt;br /&gt;C'est donc fraternellement que je vous embrasse. On se retrouve la première semaine de janvier et rendez-vous à la Maison de la Danse avec Argan le 11 janvier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Philippe Faure&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : À la suite, le texte que j'ai écrit pour le programme de salle de La Vie devant soi. Il est un juste état des lieux de notre maison de théâtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vous êtes au théâtre de la Croix-Rousse.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un théâtre très fréquenté (plus de 10 000 abonnés).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un théâtre qui ose : dernièrement, &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Woyzeck&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; et &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Le Cabinet du Dr Narcotique&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; de Büchner et Philippe Vincent.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un théâtre qui aime admirer la singularité ; ici Myriam Boyer.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Qui tient à ses classiques ; encore et toujours &lt;/span&gt;&lt;span&gt;Le Malade imaginaire&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;, mais aussi Racine et la trilogie invraisemblable de Jean-Marc Avocat.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Qui invente son répertoire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ici, les reprises de spectacles ne sont pas considérées comme des reprises mais comme des preuves d’amour. Il en va aussi d’&lt;/span&gt;&lt;span&gt;On ne badine pas avec l’amour&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; (4e saison).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Souvent des poètes s’y frayent un passage – lumineux – Pippo Delbono, Charles Juliet, Aragon.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Des acteurs, actrices y sont comme chez eux. Ce fut le cas avec Fabrice Luchini, Philippe Noiret, Jean Rochefort, bientôt Romane Bohringer.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nous ne programmons pas des saisons, nous invitons des personnalités qui nous touchent, qui entrent en fraternité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nous sommes conscients de la chance que nous avons : être responsables d’un état d’esprit. Et cet état d’esprit, c’est que chacun se sente accueilli, désiré : public artistes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nous n’économisons pas nos élans, nos admirations, nos convictions.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ici le verbe résonne. D’abord le verbe. Un verbe qui ne fuit pas ses devoirs : dire le monde !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et puis les acteurs innombrables qui s’engagent dans des projets, des œuvres.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nous considérons que le théâtre est un artisanat, que chaque acte qui s’y rapporte doit avoir sa vérité, son évidence, parfois même sa gravité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Car animer un théâtre comme le nôtre n’est pas un acte innocent :  c’est croire que tout est possible, qu’ensemble nous aurons la force et le courage d’être un peu moins seuls, un peu moins malheureux. En un mot, d’être vivants.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Philippe Faure&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7694173041043815364?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7694173041043815364/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7694173041043815364' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7694173041043815364'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7694173041043815364'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/12/lhumeur-molieresque-et-vivent-les-chics.html' title='Entre Molière et le Père Noël'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SzJBXZFriRI/AAAAAAAAAqQ/f13_Ho3Fhgo/s72-c/P1000204.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-6533551452227141067</id><published>2009-12-13T20:20:00.002+01:00</published><updated>2009-12-21T16:32:11.950+01:00</updated><title type='text'>Aimons Myriam Boyer</title><content type='html'>&lt;object width="400" height="225"&gt;&lt;param name="allowfullscreen" value="true" /&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always" /&gt;&lt;param name="movie" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=8192598&amp;amp;server=vimeo.com&amp;amp;show_title=1&amp;amp;show_byline=1&amp;amp;show_portrait=0&amp;amp;color=&amp;amp;fullscreen=1" /&gt;&lt;embed src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=8192598&amp;amp;server=vimeo.com&amp;amp;show_title=1&amp;amp;show_byline=1&amp;amp;show_portrait=0&amp;amp;color=&amp;amp;fullscreen=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="400" height="225"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;p&gt;&lt;a href="http://vimeo.com/8192598"&gt;Le public du Théâtre de la Croix-Rousse rencontre Myriam Boyer (clip)&lt;/a&gt; from &lt;a href="http://vimeo.com/user2077867"&gt;Garage Productions&lt;/a&gt; on &lt;a href="http://vimeo.com"&gt;Vimeo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;À 11 heures du matin ce dimanche, brunch (conférence de presse) autour de Myriam Boyer dans le hall du théâtre. Beaucoup de monde (qui n'a pas cédé à la tentation de la couette). Des journalistes, photographes, télévisions, relais, amis… et une grande partie de l'équipe du théâtre (une petite centaine de personnes!!!). Moment de grâce. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est là Myriam, rayonnante et heureuse. Ses premiers pas sur une vraie scène furent sur notre scène du Théâtre de la Croix-Rousse. Elle avait 17 ans. C'était dans les années 1965/1966. Sa mère était handicapée, son père sans travail et alcoolique. Et ce petit bout de femme nous raconte sa vie, toujours héroïque, jamais facile, en même temps d'une fidélité absolue à tous ceux qu'elle a croisé. Et qu'ils soient célèbres ou inconnus, elle en a croisé des gens. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle nous parle de Sautet,  &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Vincent, François, Paul et les autres&lt;/span&gt;, de Corneau, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Série noire &lt;/span&gt;avec Patrick Dewaere, de Chéreau, de Blier, de Gisèle Tavet (aujourd'hui oubliée) de Roger Cornillac (le père de Clovis), de John Berry, de son goût pour le petit peuple, celui qui n'a jamais droit à la parole. Tout ce qu'elle a gagné elle l'a réinvesti dans des films (&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Voyage à Paimpol&lt;/span&gt;) dans des pièces de théâtre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a toujours tout perdu. Elle s'est ruinée à défendre des œuvres qui parlaient d'humanité. Encore Gary, Jean Seberg, Montand, Piccoli, Reggiani, etc. Et pourtant, elle est là vibrante, modeste, chaleureuse. Toutes les personnes présentes sont sous le charme. Elle est d'une dignité et d'une délicatesse inouïes. Elle ne s'en prend jamais aux autres. Elle assume ce qu'elle est avec la tendresse de ceux qui au départ avaient tout contre eux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle nous parle de son fils célèbre avec une fierté toute simple, de son autre fils metteur en scène, directeur de compagnie, moins célèbre, avec le même enthousiasme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai été profondément heureux de dialoguer avec elle, de l'interroger, de la découvrir. Toute entière tournée vers les autres, vers une sorte de rigueur morale. Je me suis dit que c'était une chance qu'elle soit dans nos murs jusqu'au 3 janvier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avoue son âge : 61 ans. Et pourtant elle a l'énergie d'une jeune fille de 20 ans. Elle aime la vie et elle nous donne envie de prendre nous aussi la vie à bras le corps. Sacrée bonne femme ! (pour reprendre un titre de Chabrol).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au spectacle &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Vie devant soi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, c'est un formidable moment de théâtre. Les trois comédiens qui l'entourent sont épatants. Elle est poignante, drôle, impressionnante, totalement investie dans le rôle de Madame Rosa. L'émotion est toujours là (j'ai pleuré à la fin, je l'avoue). Le texte de Romain Gary est gourmand, percutant, d'une innocence maline. Et puis en ces temps de débat sur l'identité nationale, quelle leçon de tolérance de fraternité. Génial. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, cette réplique (parmi les centaines d'autres qui percutent) " Les choses et les gens sont sans valeur. Sauf s'ils sont aimés! " Dieu que c'est vrai. Et le spectacle finit sur ces mots "Aimons." &lt;br /&gt;J'ai envie de dire : "putain, je fais que ça que d'aimer"…&lt;br /&gt;Merci Myriam Boyer d'être ce que tu es.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux représentations de ce dimanche à 15h et 20h étaient pleines à craquer, ce fut un triomphe à chaque fois. Ça promet pour la suite !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-6533551452227141067?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/6533551452227141067/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=6533551452227141067' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6533551452227141067'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6533551452227141067'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/12/aimons-myriam-boyer.html' title='Aimons Myriam Boyer'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5004117927280021768</id><published>2009-12-11T11:43:00.004+01:00</published><updated>2009-12-11T11:45:11.110+01:00</updated><title type='text'>Bon anniversaire</title><content type='html'>Aujourd'hui, drôle d'anniversaire. Il y a un an, je signais un bail pour habiter dans une grande maison et recomposer une famille. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un an plus tard, le bilan est assez navrant : 2 opérations médicales, trois transfusions sanguines, un test HIV, et sur l'année écoulée, environ 6 mois hors de la maison. Des insultes comme s'il en pleuvait. Insultes qui se résument sous le vocable de "Pauvre type". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour où nous avons visité la maison elle déjeunait avec un type rencontré sur Internet. Et quelques semaines auparavant, elle couchait avec un homme qui l'a rendue folle. Un vététiste/éducateur (oui ça existe et pour elle c'est même le summum).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis, elle est toute seule dans cette grande maison, heureuse car elle a besoin de toute la place pour vivre (le plus souvent, j'étais à l'extérieur de la maison pour ne pas la déranger). Elle m'avait prévenu : " je ne suis pas une fille sympa ". Je n'ai pas voulu l'écouter. J'étais dans les sentiments. Elle m'a répété que mes maladies " la gonflait ", qu'elle n'avait pas à assumer une quelconque responsabilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense qu'elle surfe sur Internet pour trouver celui qui conviendra le mieux à ses exigences. Elle m'a dit qu'elle voulait s'amuser. Je pense donc qu'elle s'amuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même son père s'y est mis, me traitant de "clampin", sa mère de "rien du tout". En conclusion, je n'étais pas le bienvenu dans cette famille exemplaire. Pourtant, elle m'avait répété que je leur polluais la vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, je suis heureux de les avoir débarrassés d'un "boulet". Avec le recul, tout cela serait comique si je n'avais pas failli y laisser ma peau. Mais comme elle dirait dans ce cas là : " Ce n'est pas mon problème que tu sois mort, ce que je veux c'est m'amuser. " &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon anniversaire!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : Elle m'avait avoué qu'elle ne pourrait jamais aimer les enfants d'un autre. &lt;br /&gt;Là-dessus elle avait entièrement raison. Elle n'aima pas mes filles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Conclusion : Musset et Marivaux demeurent salvateurs. Ils nous entrainent dans les conflits amoureux avec élégance et fragilité. Et bizarrement, c'est jouissif.Marre, marre de la méchanceté, vive la lumière de l'esprit et du cœur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour finir, cette phrase qu'elle prononça à maintes reprises : "Je ne suis pas une fille qui s'excuse". Voilà qui est dit!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5004117927280021768?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5004117927280021768/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5004117927280021768' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5004117927280021768'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5004117927280021768'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/12/bon-anniversaire.html' title='Bon anniversaire'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7023442592448252000</id><published>2009-12-08T17:21:00.003+01:00</published><updated>2009-12-09T15:04:36.527+01:00</updated><title type='text'>Un bloc de tendresse et un feu d'artifice</title><content type='html'>Samedi soir, dernière représentation d'&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Observer&lt;/span&gt;, le travail de Bruno Meyssat. Personnellement cette mise en théâtre de la tragédie d'Hiroshima m'a laissé sans voix. Bouleversant dans la précarité de cette mise en abîme. Notre public a répondu présent (au-delà de toute attente) à notre invitation. Décidément Bruno Meyssat est un honnête homme et un artiste obstiné et il est juste qu'un grand nombre de spectateurs aient pu découvrir son univers. En arrivant ce lundi matin au théâtre, j'ai eu la surprise qu'il m'ait offert un sublime livre sur UKIYO-E (images du monde flottant). Il s'agit d'un courant artistique japonais qui naquit pendant la période prospère de l'Edo (1615-1868).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi soir encore, une rencontre avec Cathy Bouvard, spectatrice engagée d'&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Observer&lt;/span&gt;. Cathy Bouvard est aujourd'hui co-directrice des Subsistances avec Guy Walter. Nous avons travaillé ensemble pendant un peu plus de cinq ans aux débuts du Théâtre de la Croix-Rousse. Notre séparation fut extrêmement douloureuse, et il a fallu beaucoup de temps pour que nous retrouvions notre calme l'un envers l'autre. Elle a eu un rôle essentiel dans l'aventure de cette maison. Elle occupait en fait le poste de secrétaire générale et surtout je lui avais délégué le choix des spectacles. Je crois être à l'origine de notre séparation. Sans doute, traversai-je à cette époque une période de grand tumulte et au fond notre complicité, notre intimité, m'étaient devenues douloureuses. Peut-être n'étais-je pas à ce moment-là en capacité d'assumer un tel partage des responsabilités. Toujours est-il qu'il y a entre nous deux une vraie estime, une grande fidélité, une affection jamais démentie. Et si, pour une raison ou pour une autre, il fallait rêver à un successeur à la direction de cette maison, c'est sans aucun doute vers elle qu'il faudrait se retourner, elle que j'appellerais. Oui, il y a l'un envers l'autre une considération définitive. Peut-être parce que nous savons l'un et l'autre ce que nous nous devons et que non seulement nous l'assumons, mais nous sommes très fiers d'avoir travaillé ensemble. Qui plus est, je crois que toute l'équipe ici partage cette fidélité à Cathy Bouvard et sa reconnaissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lis cette réflexion fondamentale de Michel Serres (magnifique philosophe)&lt;br /&gt;« On ne fait jamais de progrès sans admettre son incapacité. »&lt;br /&gt;Mon Dieu, que cela est vrai!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La semaine qui vient risque d'être intense. Beaucoup de rendez-vous décisifs, et puis l'écriture, et puis ce texte du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Malade imaginaire &lt;/span&gt;qu'il me faut réapprendre (la mémorisation n'est pas mon point fort) enfin dimanche prochain (le 13) très longue journée. A 11 heures du matin, brunch autour de Myriam Boyer, genre conférence de presse. Toute la presse sera là ainsi que nos principaux relais. Il s'agit d'accueillir fraternellement et respectueusement cette actrice incomparable. Ensuite, deux représentations (complètes) de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Vie devant soi&lt;/span&gt; à 15 heures et 20 heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Règne dans notre maison depuis la rentrée une ambiance que je qualifierais d'épidermique, dans le sens énergique du terme. Toute l'équipe est heureusement mobilisée, investie, légère et donc particulièrement efficace. Je me surprends moi-même à retrouver l'humeur de mes débuts à La Croix-Rousse. Les très pénibles mois de mai, juin, juillet, août, septembre, où je fus extrêmement fragilisé m'ont étrangement redonné le goût de l'aventure. Il est des fréquentations qui ont le don de vous perdre au fond du trou et au fond du trou, ce n'est pas très gai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un maire d'une grande ville m'a appelé pour me proposer la direction d'un théâtre (nous avons joué à plusieurs reprises dans sa ville). J'ai décliné la proposition. Je crois que ma vie est ici et j'ai la certitude qu'il ne faut jamais abandonner une aventure en cours de route. Il faut courageusement surmonter les doutes, la lassitude et tout autre sentiment qui pourrait conduire à la facilité. Il ne faut pas céder à  la tentation de l'infidélité, au contraire il faut résister, c'est à ce prix que l'on acquiert l'estime de soi-même. Et sans estime de soi-même, rien n'est possible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette réflexion étonnante sur laquelle il convient de méditer. Réflexion de Jean-Paul Sartre :&lt;br /&gt;« La patrie, l'honneur, la liberté, il n'y a rien : l'univers tourne autour d'une paire de fesses, c'est tout. »&lt;br /&gt;J'engage donc une période de méditation et dès que possible, je livre ma conclusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup d'articles en ce moment dans la presse sur Charlotte Gainsbourg à propos de la sortie du nouveau film de Chéreau et de son nouvel album, "IRM".&lt;br /&gt;Chéreau dit d'elle : « On a tous envie de l'aimer.»&lt;br /&gt;Ce qui me frappe chez elle c'est sa délicatesse. Cette manière qu'elle a de tout frôler avec précaution. Comme si elle était obsédée par l'idée de ne rien abimer. Elle évoque constamment ses admirations. Peut-être son talent est-il d'avoir compris que l'on doit tout aux autres. Ce sont eux qui vous font grandir, donc il convient de les respecter. Charlotte Gainsbourg est une jeune femme respectueuse et ça fait du bien, et du coup, comme le dit Chéreau, on a envie de l'aimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maguy Marin : « Il s'agit surtout de ne pas rester bloqué dans sa petite histoire. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche soir, j'ai emmené mes filles Marie et Marline regarder le feu d'artifice. Elles étaient blotties contre moi, chacune d'un côté. On ne faisait qu'un tous les trois. J'ai toujours eu un peu de mal avec les feux d'artifices. Ca ne m'a jamais ni impressionné ni fait rêver. Mais là, nous étions tous les trois un bloc de tendresse, alors le feu d'artifice, par la force des choses, je l'ai trouvé beau !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7023442592448252000?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7023442592448252000/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7023442592448252000' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7023442592448252000'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7023442592448252000'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/12/un-bloc-de-tendresse-et-un-feu.html' title='Un bloc de tendresse et un feu d&apos;artifice'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-8489639324143137955</id><published>2009-12-04T15:56:00.003+01:00</published><updated>2009-12-04T17:29:07.979+01:00</updated><title type='text'>Le pourquoi du journal intime</title><content type='html'>La vie privée est intimement liée au travail. C'est sans doute le sens de ce journal intime. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'anime ce théâtre avec ce que je suis, avec ce que je vis, avec les chagrins, les joies, les solitudes, les emballements, parfois les tendresses et les déceptions qui font la vie. C'est que je suis par la force des choses au cœur d'un mouvement général. Il y a l'équipe autour de moi, les artistes, le public, les médias, les complicités extérieures, les autorités nécessaires, enfin tous ceux qui pour une raison ou une autre ont à faire avec notre théâtre. Et ça fait un monde fou. Et au fond, tous et chacun ont besoin de savoir que celui qui crée le mouvement est totalement sincère, engagé, et digne de confiance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce journal intime est un garde-fou. Il m'oblige à chaque fois à faire preuve de vérité. Il dit à peu près tout des efforts inouïs que je dois accomplir pour relever le défi. Et le défi, c'est d'être toujours ouvert aux autres, généreux, de ne pas être dupe de ses propres limites, de ne pas avoir peur d'assumer ni ses réussites, ni ses échecs. &lt;br /&gt;Il faut être à nu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque je raconte les désillusions (cruelles) d'une relation amoureuse, ce n'est pas de l'impudeur, c'est que l'état de fragilité où je suis raconte à sa manière le théâtre. Les ennuis de santé dont il m'est arrivé de parler disent à leur manière l'éphémère du théâtre. Dire l'intime pour dire la peur de ne pas être suffisamment délicat. Ce journal intime m'aide à ne pas oublier que la délicatesse approche au près la nature humaine. Il n'y a pas de vérité sans délicatesse. Car au fond, dans la vie, comme dans le théâtre, il n'y a pas de vraie vérité. Il n'y a que des tentatives pour être un tant soit peu exemplaire. Et ces tentatives sont tout le sens de nos vies. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ce que j'exprime dans ce journal intime (vilainement rebaptisé blog), je tente en permanence d'être au service des autres. Pas pour satisfaire leur insatisfaction, non, pour les emmener vers la légèreté. Et la légèreté, c'est le refus du mensonge, de la trahison, de la colère, du mépris, de la suffisance. C'est admettre que nos vies n'ont de sens que si elles s'élancent vers un désir de partage. Comme on s'élancerait dans le vide. Sauf que dans ces conditions, on ne s'écrase pas sur le sol. Non, on vole. Les ailes nous poussent. C'est qu'on s'est délesté de tous nos petits égoïsmes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce journal intime, c'est donc pour que des ailes me poussent dans le dos. À vérifier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-8489639324143137955?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/8489639324143137955/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=8489639324143137955' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8489639324143137955'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8489639324143137955'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/12/le-pourquoi-du-journal-intime.html' title='Le pourquoi du journal intime'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7888231291349662113</id><published>2009-12-03T14:27:00.001+01:00</published><updated>2009-12-03T14:28:42.994+01:00</updated><title type='text'>L’innocence au théâtre</title><content type='html'>Dans le passé, j’avais écrit une pièce dont la carrière fut assez miraculeuse : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Caresse&lt;/span&gt;. (Je n'étais pas encore à La Croix-Rousse.)&lt;br /&gt;Il n'y a pas si longtemps, j'ai écrit une "suite" si l'on peut dire, un complément d'enquête pourrait-on dire : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Les Etreintes&lt;/span&gt;. (C'était il y a 8 ou 9 ans.) Autant que je m'en souvienne, le spectacle passa un peu inaperçu. Et pourtant j'adorais ce que nous avions imaginé scénographiquement avec Alain Batifoulier. La troupe d'acteurs était assez formidable. C'étaient de courtes histoires qui se télescopaient. Le spectacle déclinait  en toute liberté, intimité et absurdité ; les différents états de l'étreinte. Sans doute un jour reprendrai-je ce spectacle. Le réinventerai-je. À cette époque, j'avais dans l'idée de créer une trilogie : La Caresse, Les Etreintes et les &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Baisers&lt;/span&gt;. Et puis d'autres projets se sont enchainés. Depuis quelques jours j'ai commencé à écrire ce dernier volet de ma "trilogie de l'intime". Je suis donc en "plein baisers" et j'avoue que j'ai sur ce sujet l'imagination fertile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier au soir, première du spectacle de Bruno Meyssat, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Observer&lt;/span&gt;. Salle pleine (je ne reviens pas sur l'opération que nous avons lancée d'invitations de tous nos abonnés). Cela dit, il est tout à fait admirable et rassurant que plus de 2000 personnes aient réservé leur place en à peine une semaine. Je crois que cet événement fera date dans l'histoire de notre théâtre. Pour en revenir au travail de Bruno Meyssat qui revisite le souvenir d'Hiroshima, c'est tout à fait impressionnant. De quoi s'agit-il? De créer un certain désordre d'objets, de signes, de bruits, d'immobilités, d'errance, d'ombres et de lumières pour que s'invente au fur et à mesure une sorte de paysage fantomatique qui, étrangement, parle à nos sens. Sans que rien ne soit dit. Meyssat est une sorte d'agitateur de fantômes et puis l'homme, s'il est un honnête homme et un artiste obstiné, n'en demeure pas moins un petit garçon aux prises avec ses cauchemars nocturnes. Peut-être attend-il seulement que sa maman le console (évidemment, cette supposition n'engage que moi).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, j'ai visité un appartement juste en face du théâtre. Toutes les fenêtres donnent sur la place Joannès Ambre. Il est en plein sud. Refait à neuf, modeste mais paisible. Pas très grand. Mais cela n'a pas grande importance. J'ai pu expérimenter il y a quelques mois que de vivre dans une grande maison n'impliquait pas que je puisse avoir mon espace vital. D'ailleurs, j'ai passé plus de temps à l'extérieur de la maison plutôt qu'à l'intérieur. Malgré la superficie, je n'avais pas ma place, je n'étais pas à ma place. D'ailleurs, j'avais été prévenu : « Moi, j'ai besoin de toute la place » m'avait-elle dit, et encore cet avertissement : « Impose-toi! ». C'est donc que vivre dans cette maison devait nécessairement être un combat. Pas de place pour les sentiments. Décidément, ce petit appartement en face du théâtre, dans sa modestie, ne peut être qu'un havre de paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Journée triste dans l'équipe hier. &lt;br /&gt;L'une de mes collaboratrices avait perdu sa mère dans la nuit précédente. &lt;br /&gt;La mort d'une mère, ou plutôt la disparition d'une mère, est un événement ingérable. Lorsqu'une mère part, c'est toute l'enfance qui s'évanouit. &lt;br /&gt;On reste démuni, stupéfié. Celle-là qui nous a mis au monde nous abandonne à nous-mêmes. Alors, il faut un courage infini pour ne pas se déconstruire mais au contraire pour réaffirmer ce que nous sommes pour tenter de devenir ce que notre mère rêvait que nous soyons. Je me souviens que quelques semaines avant de mourir, ma mère m'avait dit : «Je sais que je pourrai être fière de toi. » &lt;br /&gt;"Que je pourrai" m'a-t-elle dit. C'est donc qu'il allait falloir que je travaille toute ma vie à être moins médiocre que je ne pouvais l'être. Car nous sommes tous ordinaires. Heureusement que nos mères ne doutent jamais de nous. Rien n'est pire que de faire douter une mère de nous-mêmes. Bien sûr toute l'équipe souhaite du courage à notre collaboratrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lu cette définition d'Albert Camus :&lt;br /&gt;« Le théâtre est un art de chair qui donne à des corps vivants le soin de traduire ses leçons, un art en même temps grossier et subtil, une entente exceptionnelle des mouvements, de la voix et des lumières. Mais il est aussi le plus conventionnel des arts tout entier dans cette complicité de l'acteur et du spectateur qui apportent un consentement mutuel et tacite à la même illusion. »&lt;br /&gt;Il ajoute à un moment donné cette phrase magnifique : « Je me retrouve innocent au théâtre. » &lt;br /&gt;Il ajoute encore cette phrase non moins magnifique : « La camaraderie a été l'une des grandes joies de ma vie. » &lt;br /&gt;Conclusion : heureusement que Camus existe !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7888231291349662113?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7888231291349662113/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7888231291349662113' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7888231291349662113'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7888231291349662113'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/12/linnocence-au-theatre.html' title='L’innocence au théâtre'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5211220238957005785</id><published>2009-11-30T11:25:00.003+01:00</published><updated>2009-11-30T11:29:55.229+01:00</updated><title type='text'>La Maladie d’amour</title><content type='html'>&lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt; sont sur les routes (alternativement, car il s’agit de la même équipe de comédiens) depuis la rentrée. &lt;br /&gt;Cette dernière semaine nous étions au Centre Dramatique Régional de Rouen. Toute la semaine, ce furent deux représentations par jour assez triomphales. En tout cas, le spectacle était magnifiquement beau dans le théâtre d’Elisabeth Maccoco.&lt;br /&gt;La semaine prochaine, c’est au tour de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt; de prendre la relève et ainsi de suite jusqu’en février. &lt;br /&gt;Depuis maintenant presque huit ans, toutes nos créations ont parcouru inlassablement toute la France dans tous les sens. Ce nomadisme est très émouvant, car s’y installent des fidélités. Chaque théâtre a son âme, chaque patron de théâtre a sa sensibilité, chaque ville a sa vibration. D’années en années nous retrouvons des publics qui suivent notre travail, et à chaque fois ces retrouvailles sont heureuses. C’est une chance immense que d’être ainsi accueillis dans autant de théâtres différents. J’ai beaucoup de gratitude et de reconnaissance pour tous ces directeurs qui nous donnent leur confiance, qui la renouvellent. En tout cas, nous avons le souci chaque soir de présenter le meilleur spectacle possible. C’est ainsi que nous consacrons chaque fois 4 à 5 heures de raccords dans tous les lieux traversés. Il convient chaque soir de donner le meilleur de nous-mêmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous réitérons dans quelques jours l’opération &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Semaine des Vêtements Chauds&lt;/span&gt; (voir site). Cette année, nous y ajoutons la collecte de cadeaux neufs pour 200 enfants qui n’auront pas de Noël. C’est ce que Victor Hugo appelait sa « petite œuvre de fraternité pratique » lorsqu’il invitait à diner à Guernesey tous les orphelins et les adolescents en difficultés. J’ai la chance d’avoir autour de moi une équipe qui partage cette responsabilité ; que notre théâtre déborde de son rôle de rassembleur pour aborder le territoire de la solidarité. Nous ne cessons d’imaginer des dialogues avec tous les publics que l’on dit "empêchés" (mot à la mode).&lt;br /&gt;Je veux être un artiste avec son tempérament, ses exigences et sa vision poétique, mais je veux aussi être utile, concrètement, immédiatement à ceux que la société oublie, délaisse, méprise.&lt;br /&gt;Voilà, disons que &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;je fais du théâtre pour n’oublier personne&lt;/span&gt;. Alors ces vêtements chauds et ces cadeaux je vous invite à les déposer dans les caisses en bois qui entoureront notre hall. Ensuite, nous ferons le nécessaire pour la redistribution. (La saison dernière, cette opération fut une réussite totale !)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La semaine dernière nous a réservé un événement bouleversant. Voilà que le spectacle de Bruno Meyssat, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Observer&lt;/span&gt;, ne rencontre pas son public à l’abonnement. Jauges maigrichonnes. Je décide d’inviter tous les abonnés de notre maison (10500) en attirant leur attention sur l’étrangeté du travail de Meyssat, sur sa singularité, sur son audace et au fond sur son humanité. &lt;br /&gt;Et là, en 3 jours, ce sont plus de 1000 personnes qui ont répondu à notre invitation. Magnifiques preuves d’amour.&lt;br /&gt;Bouleversant, car c’est la preuve que notre public est vivant, attentif, fidèle, amoureux de théâtre. J’ai souvent, dans ce blog, fait allusion à mes états amoureux. Mais au fond c’est la seule chose que je voudrais qu’il reste de moi : "il fut amoureux", et quel bonheur de sentir que j’ai pu, autant que possible, vous rendre "amoureux".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À propos de cette initiative, j’ai reçu un mail d’Abraham Benghio (directeur général à la Région Rhône-Alpes), un homme pour qui j’ai une profonde estime. Dans un premier temps, il se réjouit de cette opération et puis il ajoute : «  tu corrobores chaque jour ce que je dis souvent : "Ne dites pas de mal de Philippe Faure. C’est vrai qu’il peut être exaspérant, mais une telle générosité au service du théâtre, je ne l’ai pas souvent rencontrée…" » Evidemment j’ai été très touché même si je dois admettre que visiblement certains peuvent dire du mal de moi, et que j’ai pu être exaspérant pour d’autres…&lt;br /&gt;Cela n’est rien, seule existe la conscience de ce que l’on fait, et puis je dois avouer que quelqu’un qui m’était très proche et très cher ne cessait de me traiter de "pauvre type" m’invitant plus que de raison à "me bouger les fesses" et souvent me répétant que je lui "polluais la vie". Cette personne fut toujours très généreuse dans son mépris. Sans doute n’étais-je pas digne d’elle. En tout cas, ça rend humble. Donc inutile dorénavant de dire du mal de moi. Ça ne pourra jamais être aussi violent que ce fut avec elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Actuellement nous travaillons ou plutôt nous rêvons beaucoup sur la saison prochaine. C’est que d’une certaine manière j’ai décidé de tout reprendre à zéro, de nous réinterroger sur notre mission, sur notre rapport au public, sur notre rôle auprès des artistes. Avec plus de 10000 abonnés, cette saison est glorieuse et c’est le moment où justement il convient d’oser réinventer notre travail, notre rôle. Ces temps-ci je travaille beaucoup (oserai-je dire intellectuellement ?). J’écris beaucoup de notes de réflexions, mais aussi du théâtre. Comment dire, après un passage à vide, les mots se sont à nouveau emparés de moi, comme si j’avais un besoin pressant de ne pas (plus) perdre de temps. Ce n’est pas rien que le théâtre, c’est le verbe qui prend possession du corps. J’ai conscience que le théâtre est fait de chair. Et l’incroyable alchimie du verbe et du corps (nous) donne une énergie vitale. Et il y a peu d’endroits où cette énergie-là est possible. Je pense bien évidemment à Molière, investi d’une telle énergie. Ah ! Ce &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Malade imaginaire&lt;/span&gt; que je me réjouis tellement de rejouer en janvier !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chair. La peau. L’étreinte. La caresse. La souffrance. Le corps dans tous ses états et le verbe consolateur et révolutionnaire. Le verbe qui n’est que corps à corps. Zola, Hugo, Rimbaud, Verlaine, Molière, Zweig, Musset, Kawabata, Modigliani. Tous ces fous d’amour qui m’ont tant inspiré n’ont guère épargné leur corps et leur santé. Malades d’amour. Le théâtre est une maladie d’amour. Voilà qui est dit. Je n’en démordrai pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’interne dont j’ai parlé précédemment dans ce blog (revenir en arrière) me téléphone.&lt;br /&gt;- Vous allez bien ?&lt;br /&gt;- Oui&lt;br /&gt;- Ce serait bien que l’on se voit.&lt;br /&gt;- Ce serait bien.&lt;br /&gt;- Demain ?&lt;br /&gt;- Oui, d’accord.&lt;br /&gt;- Le matin tôt, après je suis toute la journée à l’hôpital.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là, je crois bon de plaisanter :&lt;br /&gt;- C’est mieux le matin tôt&lt;br /&gt;car je ne sors plus le soir…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux m’empêcher de préciser :&lt;br /&gt;- Enfin, pour le moment.&lt;br /&gt;Sûrement que dans quelques jours, je vais ressortir le soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’autre bout du fil, elle rit :&lt;br /&gt;- Sûrement. Alors, huit heures demain matin ?&lt;br /&gt;- Merci d’avoir appelé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là, elle conclut à ma grande stupéfaction :&lt;br /&gt;- C’est moi qui ai envie de te dire merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà qu’elle m’a tutoyé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi après-midi avec ma fille Marie. Ma petite amoureuse (comme eut pu dire Jean Eustache). On va chez le coiffeur. Elle est belle comme un cœur. Elle a chaussé les bottines à talons de sa mère. Elle est immense, et elle insiste pour que je lui donne le bras. Il y a des moments où la vie est un cadeau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Philippe Faure&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5211220238957005785?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5211220238957005785/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5211220238957005785' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5211220238957005785'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5211220238957005785'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/11/la-maladie-damour.html' title='La Maladie d’amour'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5615670806507480531</id><published>2009-11-26T14:44:00.001+01:00</published><updated>2009-11-26T14:46:56.609+01:00</updated><title type='text'>C’est quoi vivre ?</title><content type='html'>Peu de temps pour écrire sur le blog ; c’est que " vivre" prend beaucoup de temps. Vivre, c’est quoi ? C’est admirer. L’époque est certes au dénigrement, à la critique systématique, à la dénonciation, à la mauvaise foi, à l’égocentrisme. Admirer évite tous ces pièges. L’admiration nous fait nous oublier. Alors nous voilà disponibles pour s’enrichir de l’autre, et l’autre est admirable lorsqu’il crée, lorsqu’il partage, lorsqu’il s’applique à donner de l’espoir en montrant tous les possibles de l’humain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus j’avance en âge et plus mon pouvoir d’admiration est immense. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a les exemples "reconnus" et récents. &lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Johnny Hallyday&lt;/span&gt; qui dans son dernier clip chante &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Et maintenant&lt;/span&gt; de Gilbert Bécaud. En noir et banc, visage aux traits presque effacés. Visage comme une empreinte. L’empreinte d’une vie profondément humaine. J’ai été frappé par ses yeux comme évanouis dans une sorte d’infini. Toute une vie à rassembler le peuple de France. &lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Gérard Philippe&lt;/span&gt;, dont on reparle un peu partout. Gracile, sombre, d’un enthousiasme presque affolé. Au service de Vilar, des grandes œuvres, celles indispensables et celles en devenir, militant, syndicaliste effréné.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Camus&lt;/span&gt;, qui fait encore l’actualité aujourd’hui, fou de tolérance, défenseur des droits de l’homme, agrandisseur de l’esprit humain, professeur de libertés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trois exemples qui me viennent à l’instant, mais d’autres sont aussi admirables ici et maintenant. Par exemple, mon camarade &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Bruno Meyssat&lt;/span&gt; (qui sera sur les planches de La Croix-Rousse la semaine prochaine). Paysan entêté, le voilà qui fouille le souvenir terrible d’Hiroshima. Bricoleur, arpenteur, collectionneur, chiffonnier, si modeste, presque absent, il nous dit à sa manière de nous méfier de nous-mêmes. C’est que nos intentions ne sont pas toujours recommandables. &lt;br /&gt;Je pense aussi à &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Myriam Boyer&lt;/span&gt; qui sera elle aussi à La Croix-Rousse pendant toutes les fêtes de fin d’année. À 17 ans, elle a foulé pour la première fois les planches d’un théâtre, le nôtre (à l’époque salle des fêtes), ensuite Planchon et l’aventure du TNP puis Chéreau, Maréchal, Boëglin, Françon. Fille d’une mère infirme et d’un père alcoolique, elle s’est prise en charge jusqu’à être une actrice poignante. Elle porte nos malheurs et nos joies avec une grâce inattendue. Elle est Madame Rosa (Emile Ajar) comme on prend une décision.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il ne faut jamais oublier d’admirer ceux qui nous accompagnent au quotidien, ceux qui nous aident à vivre et qui prennent soin de ne pas nous blesser. Je pense à l’équipe du théâtre qui m’entoure. Si investie, si consciente de ses responsabilités, si unie. C’est que le théâtre demeure un lieu de chair et de sang. Le verbe y claque comme un fouet. Les acteurs, les chefs de troupe, les poètes nous représentent le monde et nous le donne à comprendre à leur manière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Me viennent ces quelques vers de &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Victor Hugo&lt;/span&gt; à propos de la fraternité :&lt;br /&gt;«  Je rêve l’équité, la vérité profonde, &lt;br /&gt;l’amour qui veut l’espoir qui luit, la foi qui fonde &lt;br /&gt;et le peuple éclairé plutôt que châtié. &lt;br /&gt;Je rêve la douceur, la bonté, la pitié et le vaste pardon. &lt;br /&gt;De là ma solitude. »&lt;br /&gt;Admirables vers !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais vivre c’est aimer et aimer au fond n’est pas un sentiment, c’est une aventure. On s’aventure dans l’amour sans savoir ce que c’est. C’est l’histoire du " juste un peu" et du "presque rien", c’est comme ça. Comme une frontière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’amour c’est le regard que l’on pose autour de soi. Aimer c’est regarder, c’est aussi simple que ça. Dès que l’on rentre dans le questionnement, c’est foutu, car il n’y a pas de réponse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aime regarder. Le silence du regard dit tout. Le regard ne ment pas. Je voudrais écrire un spectacle sur le regard justement. Souvenons-nous du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Regard du sourd&lt;/span&gt; de Bob Wilson. Titre et spectacle admirables. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vivre c’est donc admirer, regarder, mais c’est aussi accepter. Accepter que l’avenir c’est maintenant, à chaque seconde, à chaque instant. Seuls comptent les actes d’aujourd’hui (ce sont eux qui justement construisent l’avenir). Chaque instant est un miracle en soi. Puisque nous sommes vivants. Toujours vivants. Se projeter dans l’avenir, selon l’expression coutumière, est une hérésie. Cela voudrait dire que l’on se réjouira plus tard. Folie. Lorsque je regarde mes enfants, que je les étreints, que je les embrasse, que l’on se parle, je me dis que la vie est là. Et avec la vie, la tendresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup d’événements personnels et professionnels m’engagent à vivre généreusement. Ecrire ces derniers mots me rassurent comme si tout n’était pas perdu, mais au contraire comme si tout commençait toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tous cas fuyons les petites mesquineries, les petites jalousies, les petites trahisons, les petits arrangements, les petits mensonges comme la peste. Fuyons tout ce qui nous rend petits !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Philippe Faure&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5615670806507480531?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5615670806507480531/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5615670806507480531' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5615670806507480531'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5615670806507480531'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/11/cest-quoi-vivre.html' title='C’est quoi vivre ?'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-6972281556054402243</id><published>2009-11-16T14:46:00.001+01:00</published><updated>2009-11-16T14:50:07.961+01:00</updated><title type='text'>La Force de croire</title><content type='html'>Marre de toutes ces polémiques (Pasqua, Chirac, NDiaye, Mitterrand, Villepin, etc.). La France serait-elle devenue un pays de concierge ? Comme si toutes ces polémiques étaient utiles à l’amélioration des conditions de vie de millions de Français.&lt;br /&gt;Il y a là quelque chose de pathétique de ce détournement des urgences… &lt;br /&gt;La réalité de tant de gens est si rude et depuis si longtemps, qu’ils sont en droit d’espérer de la politique de vraies décisions qui améliorent leur sort. Les journalistes ont une responsabilité coupable en relayant généreusement tous ces conflits  ridicules. Où est passé l’intérêt général ? Les gens pillent les poubelles pour ne pas mourir de faim, dorment dans le froid, meurent dans les bois, et de nouvelles polémiques surgissent encore qui concernent les nantis, ceux des beaux quartiers. Où est la dignité au moment où les Pôles pour l’emploi sont débordés, assaillis, démunis, effondrés ? &lt;br /&gt;Victor Hugo député déclarait la guerre à la misère. Aujourd’hui, les polémiques sont de vulgaires "cache-misère". Il faut absolument travailler à l’avenir des plus démunis et rétablir la confiance. Se taire et agir. N’abimons pas la parole. Rendons lui sa force. La Force de croire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lis un grand papier dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Libération&lt;/span&gt; sur Dominique Besnehard (agent chez Art Media puis coach de Ségolène Royal) J’ai été (autant que je m’en souvienne) très ami avec lui. Je l’ai beaucoup aimé. Drôle, intuitif, amoureux de la variété française (Sylvie Vartan, Dalida, etc.), formidable raconteur d’histoires, toujours débordé, toujours inquiet, expéditif, fasciné par les vedettes, enfantin et malin, remarquable acteur (chez Pialat), lourd et pudique. Un homme contradictoire, un peu lâche mais capable de mener des combats impossibles. J’ai gardé beaucoup de tendresse pour ce qu’il est : libre et empêtré. Et puis c’est lui qui m’a fait rencontrer Patrick Dewaere (je racontais tout ça dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Maman, j’ai peur dans le noir&lt;/span&gt;). Son pouvoir d’admiration est sans limite, et ses admirations partent dans tous les sens. C’est un artiste de la vie. Il vit en funambule. Sophie Marceau, Nathalie Baye, et tant d’autres actrices ; on eut pu dire qu’elles étaient toutes ses filles, ses fiancés de cinéma, et lui le grand frère n’a cessé de leur dire qu’elles étaient les plus belles du monde. Ce qui est remarquable, c’est qu’aucune ne fut jalouse les unes des autres. Besnehard est un saint homme. Il était inéluctable qu’il rencontre sainte Ségolène et visiblement les saints entre eux "c’est pas gagné".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi dernier, après la représentation de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Woyzeck&lt;/span&gt;, longue conversation (inattendue) dans mon bureau avec quelqu’un qui fut dans l’intimité de Laurence Guedj (décédée il y a un peu plus d’un an). Pendant plus de dix ans, elle a été une collaboratrice fidèle, rigoureuse, attentionnée, heureuse. C’est elle qui tapait tous mes manuscrits. Nous avions de longues conversations tendres et parfois orageuses. Elle était têtue. Mais nous avions l’un pour l’autre une vraie considération (voilà un mot magnifique : la considération).&lt;br /&gt;Bien sûr, elle me manque beaucoup. Ma confiance en elle était inépuisable. Au cours de cette conversation samedi, cette personne me fit des confidences (à propos de Laurence) qui me bouleversèrent. Et si ces confidences avaient simplement mis des mots sur une relation au fond assez secrète. Laurence m’écrivit quelques semaines avant son dernier séjour à l’hôpital qu’elle était fière et heureuse de travailler près de moi (cette lettre est toujours en évidence sur mon bureau). Il y avait entre nous comme une évidence : nous avions besoin l’un de l’autre et je crois que même dans les moments de tensions, nous ne nous fîmes jamais de mal. Nous savions l’un et l’autre que notre relation était définitivement précieuse. Merci à ce visiteur impromptu de m’avoir rappelé que la tendresse existe et qu’elle avait existé entre Laurence et moi. Après cette longue conversation il me ramena chez moi car je dois l’avouer j’avais les jambes "en coton" et la tête "lourde de solitude".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis quelques semaines je consacre toutes mes matinées à l’écriture. J’écris l’utile et l’inutile. L’utile c’est à dire tout ce qui se rapporte à la vie et à l’avenir du Théâtre de la Croix-Rousse. L’inutile, c’est à dire tout ce qui me permet de réfléchir, de rêver et d’imaginer des histoires de la vie. Je ne quitte pas Victor Hugo non plus (génie parmi les génies). C’est que je travaille à l’adaptation de sa plus grande œuvre. Ce repli dans l’écriture me reconcentre, me guérit de longs mois désespérés (désespérants). À propos, nombre de personnes (à propos d’une confidence sur ma dernière intervention dans mon blog) me demande pourquoi j’ai beaucoup pleuré il y a une dizaine de jours. C’est qu’à un moment donné, alors que l’autre ne cessait de vous traiter de "pauvre type" et que l’on mettait l’insulte sur le compte de la colère, on réalise que c’était le fond de sa pensée. À ce moment là, ne restent que les larmes pour calmer son chagrin. Ce n’est pas l’insulte qui vous assassine, c’est l’aveuglement dans lequel on s’est obstiné. On imagine alors qu’il va nous falloir beaucoup de courage pour se remettre d’un malentendu pareil. Le mépris appartient à celui qui méprise. Rendons à César ce qui appartient à César.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Repris les répétitions du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Malade imaginaire&lt;/span&gt; avec les "petites Louisons". Décidément, Argan ne me quitte pas. J’ai souvent considéré qu’il était un autre moi-même ou que j’étais un autre lui-même. Peu importe. Il me bouleverse et j’aime plus que tout être son ami. On pourrait citer la phrase de Montaigne : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi. » &lt;br /&gt;Je suis émerveillé de savoir que toutes les représentations du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Malade imaginaire&lt;/span&gt; à la Maison de la Danse en janvier vont être pleines à craquer. Je voudrais serrer dans mes bras ces 6000 / 7000 personnes qui "nous" font ainsi confiance à Argan et moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Un peu d’amour, voilà le vrai fond de la vie. &lt;br /&gt;Tout est là. Tout le reste est ombre et fausse envie. &lt;br /&gt;Un regard bienveillant qui vous suit doucement&lt;br /&gt;Dans votre solitude et votre accablement&lt;br /&gt;Vous tient lieu de pays, de maison, de famille.&lt;br /&gt;Qu’on soit aimé d’un gueux, d’un voleur, d’une fille,&lt;br /&gt;D’un forçat misérable à l’épaule imprimée,&lt;br /&gt;Qu’on soit aimé d’un chien, pourvu qu’on soit aimé. »&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Victor Hugo&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Actuellement, je ne suis pas reconnaissable dans la rue, car je suis emmitouflé dans un anorak vert fluo de la dernière mode. Si vous voyez passer une grosse tache verte, genre couleur de pré… c’est moi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-6972281556054402243?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/6972281556054402243/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=6972281556054402243' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6972281556054402243'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6972281556054402243'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/11/la-force-de-croire.html' title='La Force de croire'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-1276566277878783951</id><published>2009-11-12T15:59:00.001+01:00</published><updated>2009-11-12T16:01:44.705+01:00</updated><title type='text'>Les larmes qui coulent</title><content type='html'>Dimanche dernier, visite du couvent de la Tourette imaginé (structuré) par Le Corbusier. Inouï bâtiment en béton brut. Des espaces dénués de tout détail, de tout symbole. Une nudité abstraite. Et tout autour une campagne verte, vallonnée, un bois, des chemins qui serpentent. On pourrait dire que Le Corbusier est un « créateur de vide ». Le plus impressionnant ce sont ces immenses façades de béton qui se taisent, ou qui prient ? Mais le béton a-t-il une âme ? C’est peut-être la vraie question que pose Le Corbusier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lu dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L’Express&lt;/span&gt; une très longue interview de Gérard Depardieu. J’ai souvent confessé que j’étais littéralement amoureux de cet homme. Il est en photo pleine page au cœur de l’article. Monstrueusement énorme, boudiné dans une chemise à fleurs rouge. Des mains si épaisses. Un visage bouffi. Quand je pense à lui, je le vois immédiatement courir dans les prés, curé de Bernanos et de Pialat : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Sous le soleil de Satan&lt;/span&gt;. Il dit dans l’interview qu’il est un « explorateur de l’existence » et que c’est ce qui le rend libre. Il dit aussi qu’on « ne peut pas faire les choses seul », qu’il est une éponge, une grosse éponge. Il dit aussi qu’il faut « savoir ce que l’on veut » sinon on n’est rien. Prendre le risque de décider et d’aller au bout. Il dit encore : « Le beau c’est quand rien n’est sûr et quand rien n’est sûr il faut faire un effort sur soi pour arriver à quelque chose. » Enfin, il conclut : « Le bonheur et le malheur deviennent vite des obsessions si tu y penses. Il vaut mieux avancer avec l’autre. »&lt;br /&gt;Je le revois dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Tartuffe&lt;/span&gt;, mis en scène par J. Lassalle. Poudré de rose, la voix à peine audible, comme une rivière qui coule… Je le revois dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Femme d’à côté&lt;/span&gt; de Truffaut, dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Dites-lui que je l’aime&lt;/span&gt; de C. Miller, dans tant d’autres rôles. Il a la force de ceux qui ne cèdent jamais au découragement. C’est une sorte de paysan planté dans son champ, qu’aucune variation climatique ne parviendra à ébranler. Il est décidément le bossu de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Manon des sources&lt;/span&gt; qui s’en prend à Dieu, là-haut dans un ciel qui ne veut pas pleuvoir. Il n’est pas un acteur, il est un homme pour de vrai. Il est aussi un orage. Il est un paratonnerre. La foudre le transperce et s’enfonce dans la terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma fille Marie a 11 ans. C’est son anniversaire. Quelques jours plus tard, Marline, sa sœur, aura 9 ans. Nous sommes en pleine période d’anniversaires. Elles sont si belles toutes les deux. Je n’ai jamais autant aimé être père. Je n’oublie pas mon Damien. Trois enfants si différents, mais je dois le dire, si pleins d’amour. Peut-être leur ai-je passé le message : il ne faut jamais avoir peur d’aimer et le dire. Les mots d’amour nous sauvent irrémédiablement de notre médiocrité. Enfin, être aimé nous donne le courage d’être nous-mêmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelques mois, j’avais déjà évoqué ce don que certains ont : celui de la Gentillesse. Un livre sort : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Stratégie de la Bienveillance&lt;/span&gt; de Juliette Tournand. Selon elle, les personnes les plus gentilles seraient les plus heureuses. Jean Jacques Rousseau estimait que la gentillesse est l’attribut humain le plus désirable. Chez Voltaire, elle est signe d’intelligence. Stefan Einhorn (suédois) avait publié &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L’Art d’être bon, oser la gentillesse&lt;/span&gt;. Pourquoi la gentillesse est-elle toujours associée à la vulnérabilité ? Elle est aussi perçue comme un déficit, une infirmité, « trop gentil pour être honnête » dit-on. J’aime la gentillesse parce qu’au fond elle nous ramène à l’innocence perdue. Elle dit simplement à l’autre que c’est un bonheur qu’il existe, qu’il soit là. La gentillesse donne envie d’aimer. Inversement, les agressifs, les méchants n’aimeront jamais personne. Pas même eux. Ils se « prendront en grippe » comme on dit. Allez, n’ayons pas peur. Soyons tout en gentillesse !...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de spectateurs s’interrogent sur mon sentiment à propos du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Roman d’un Trader&lt;/span&gt;. Spectateurs déçus. À la vérité, je dois reconnaître que si le spectacle dans son ensemble était tout à fait digne, la pièce elle-même était très décevante. N’entrant jamais dans le sujet, l’esquissant, le fuyant même, elle nous laissait comme un goût d’inachevé, de superficialité. Elle manquait d’engagement, de férocité, comme aurait dit un prof « hors sujet » et pourtant le sujet c’était bien celui-ci… Celui annoncé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Vincent a créé son &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Woyzeck&lt;/span&gt; et son &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Cabinet du docteur Narcotique&lt;/span&gt;. Il y a chez ce garçon comme un désir de chaos. Les 2 spectacles multipliaient « les entrées » si l’on peut dire. Ce besoin d’une technicité envahissante (vidéo, sons, musique live, actions simultanées, emboîtées d’une salle à l’autre) m’interroge sur sa vision du monde. Et l’amour dans tout ça ? Le monde n’est-il à ses yeux qu’une machine infernale ? En tous cas, certaines images sont dignes de Francis Ford Coppola… Peut-être que si Marlon Brando avait été dans la distribution… Cela dit le spectacle a été un vrai succès (contre toute attente ?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah ! Au fait, il y a un peu plus d’une semaine, j’ai beaucoup pleuré. Comme quoi, être directeur de théâtre ne protège pas du chagrin. Si les larmes coulent, c’est le signe que, ni on ne triche, ni on ne ment ; on se console comme on peut et puis la vie est là, qui nous attend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Les mots sont les passants mystérieux de l’âme. » (Victor Hugo)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« La brume, lugubrement empourprée, élargissait l’astre. On eut dit une pluie lumineuse ». (Victor Hugo)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-1276566277878783951?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/1276566277878783951/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=1276566277878783951' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1276566277878783951'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1276566277878783951'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/11/les-larmes-qui-coulent.html' title='Les larmes qui coulent'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-4488040037456916028</id><published>2009-10-26T11:48:00.001+01:00</published><updated>2009-10-26T11:51:11.020+01:00</updated><title type='text'>Brel avait raison</title><content type='html'>On commence par Clint Eastwood. Je l’ai vu, de mes yeux,vu. Incroyable, cette silhouette au scalpel. Ce visage émacié. On dirait "profilé". Ce regard qui vous cloue au mur comme un vulgaire insecte et comment dire, au delà de ce physique si mince sans aucune graisse, presque maigre, si haut sur pieds (ah ! ses jambes, immenses, interminables…) au delà de ses si longues mains, il y a le sentiment que l’on pourrait être son ami, qu’il vous regarde avec délicatesse, bienveillance, curiosité. L’homme a 80 ans ! C’est pas Dieu possible ! Il a quasiment traversé le siècle. Et cette traversée-là est inoubliable. Clint Eatwood dépasse l’entendement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Félicitations à l’ami Thierry Frémaux pour son premier festival Lumière 2009. La soirée d’ouverture était géniale. Simple et amoureuse. Tant d’images magnifiques sur l’écran… Tout le cinéma du monde ce soir-là nous a sauté aux yeux, et l’on est ressorti de cette soirée en "petit garçon" et en "petite fille". C’était beau comme du Leone, beau comme du Fellini, beau comme du cinéma.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Incroyable mais vrai. L’entraineur de l’OL, Claude Puel, est venu à La Croix-Rousse avec sa femme pour &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Roman d’un trader&lt;/span&gt; et cela deux jours après avoir battu Liverpool à Liverpool 2-1.&lt;br /&gt;Gérard Collomb m’avait demandé d’être présent au lancement du projet du « Grand Stade » à Décines. Gros raout au siège de l’OL à Gerland. J’étais en compagnie de mon ami Gaby et de Georges Képénékian, l’adjoint à la Culture. Collomb a signalé ma présence publiquement et la tête de J.M. Aulas s’est figée soudain dans le marbre.C’est que nos rapports (notre absence de rapport plutôt d’homme à homme) n’ont pas toujours été ni simples ni tendres. Pendant longtemps, je n’ai pas "senti" cet homme. Son sourire figé dans un maxillaire agressif m’a toujours effrayé. Et puis, peu à peu, j’ai appris à aimer, à comprendre l’homme. Aujourd’hui, il me semble qu’il est un grand président de club. Quelque chose s’est passé. Peut-être que l’échec relatif de la saison dernière l’a rendu plus humain. Il a tombé le masque du "j’ai toujours raison". L’arrivée de Puel, la confiance qu’il lui a faite, l’a en quelque sorte délivré…&lt;br /&gt;Au fond, faire confiance à l’autre est une délivrance, et inversement, ne plus lui faire confiance est un enfer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À propos de confiance, j’ai regardé l’autre nuit le long portrait de Ségolène Royal sur France 3. Il y était beaucoup question de la trahison amoureuse de François Hollande. Jusqu’ici et pendant 28 ans, le couple avait été fusionnel. Et puis la trahison a tout déchiré, et évidemment Royal (qui n’a toujours pas pardonné semble-t-il) s’est vengée en écrasant Hollande au moment de la candidature pour la présidentielle.&lt;br /&gt;Cette élection (côté socialiste) ne fut en fait qu’un règlement de compte entre époux, impitoyable, souvent mesquin, sans limite, brutal, meurtrier.&lt;br /&gt;Ségolène Royal parle de fidélité rompue et elle a eu la pire vengeance qui soit en demandant à l’autre (François Hollande) de vivre sa vie sans elle (loin d’elle). Je n’ai pas le sentiment que pour lui ce fut la meilleure nouvelle du monde car Ségolène aimait François comme sans doute personne d’autre n’aimera plus François. Et maintenant même s’il est accompagné, François est seul. Il est sans Ségolène !&lt;br /&gt;(Ceux qui ont vécu ça d’un côté ou de l’autre me comprendront)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revu la fameuse scène du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Mépris&lt;/span&gt; de Godard où Brigitte Bardot est allongée sur le lit nue, à côté de Michel Piccoli. Et elle pose des questions toutes simples avec sa voix si particulière, décalée, et boudeuse.&lt;br /&gt;« Tu les aimes mes seins ? »&lt;br /&gt;« Tu les aimes mes cuisses ? »&lt;br /&gt;« Tu les aimes mes jambes ? »&lt;br /&gt;« Tu l’aimes mon ventre ? »&lt;br /&gt;Et à chaque fois, Piccoli acquiesce.&lt;br /&gt;La musique est légèrement sirupeuse mais tout de même lyrique (des violons si je ne m’abuse).&lt;br /&gt;C’est une scène d’une étonnante sensualité parce qu’elle n’a aucun caractère sexuel. Au fond, on pourrait dire que cette scène résume parfaitement Brigitte Bardot. "Une femme qui n’a pas conscience qu’elle est une femme libre". Peut-être Piccoli à ce moment là est-il un idéal masculin. Sa voix nous brûle tant elle est chaude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Myriam Boyer a décidé de tourner le prochain film de Bertrand Blier aux côtés de Jean Dujardin. Du coup, elle ne peut plus assurer les représentations de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Vie devant soi&lt;/span&gt; aux dates prévues. Nous avons donc 8000 personnes à déplacer et à replacer. Une broutille.&lt;br /&gt;Nous avions prévu de fermer le théâtre presque 15 jours pendant les vacances de Noël, et bien c’est râpé. Toute l’équipe devra être sur le pont. Putain les vacances c’est encore loin ? …&lt;br /&gt;Cela dit, Myriam Boyer est adorable. C’est une actrice magnifique. Mais bon, il semble que le théâtre ne fasse pas le poids par rapport au cinéma. Le théâtre n’est qu’un petit art artisanal et ne parle qu’à quelques centaines de spectateurs, un soir donné. Le cinéma, lui, est "permanent".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de tendresse autour de moi en ces temps pluvieux. Brel avait raison, la tendresse est le seul sentiment qui ne ment pas, et qui plus est c’est un sentiment modeste qui ne prétend à rien d’autre qu’à dire à l’autre (aux autres) que l’on est heureux qu’il existe (qu’ils existent). C’est pas beau la vie !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« À mesure que j’avance dans la vie je me simplifie, et je deviens de plus en plus patriote de l’humanité. » Victor Hugo&lt;br /&gt;Cher Victor, j’essaye moi aussi d’avancer dans la vie en me simplifiant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lu &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Toxique&lt;/span&gt; de Françoise Sagan, illustrations de Bernard Buffet. Très court livre écrit lors d’une cure de désintoxication par Françoise Sagan. C’est très vif, très rapide. Effrayant. Les dessins de Bernard Buffet au crayon noir sont secs comme des coups de trique, des corps au cordeau, des objets tout en lignes noires. Moi qui n’aime pas spécialement Sagan, j’ai été impressionné par sa lucidité si brutale.&lt;br /&gt;Extrait : «  Voilà fini ce petit journal de la désintoxication. Elle aura été bénigne et ce journal salutaire. Je vais vivre et écrire de bon comme on dit. Je ne trouve pas de phrase morale ou amorale pour finir. »&lt;br /&gt;Cela dit Bernard Buffet reste un mystère. Pourquoi est-il si peu aimé ? Quand je pense qu’il s’est suicidé en s’enveloppant la tête dans un sac plastique. Mort asphyxié ! Fallait-il qu’il soit seul !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lu &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Un roman français&lt;/span&gt; de Frédéric Beigbeder. Formidable. Jamais peut-être les rapports de frères n’ont été aussi bien décryptés (Charles et Frédéric). C’est très poignant et le style est sans bavure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Impossible de lire jusqu’à la fin le livre de Justine Lévy, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Mauvaise fille&lt;/span&gt;. Ses rapports avec sa mère mourante son trop vrais… et puis le monde médical y est décrit avec une sévérité qui m’a fait ranger le livre à peine commencé sur le rayon de la peur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce samedi, panique générale au théâtre. Des centaines de lignes téléphoniques en attente. Notre système informatique de réservations en panne. Entre le triomphe du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Roman d’un trader&lt;/span&gt; et le replacement des milliers de places pour &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Vie devant soi&lt;/span&gt;, c’est le bug assuré.&lt;br /&gt;Du coup, j’appelle en urgence et en renfort une partie de l’équipe pour répondre à toutes ces lignes saturées. Tous répondent présents et dans la demi-heure qui suit, ils abandonnent leur repos dominical pour reprendre du service. Ca s’appelle la solidarité et quand une équipe est aussi solidaire de "sa maison" on n’a qu’une envie c’est d’applaudir des deux mains. Décidément nous vivons actuellement un état de grâce. Solidarité quand tu nous tiens, on ne risque rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle dit : « Tu as la peau douce. »&lt;br /&gt;Il dit : « C’est le titre d’un film de Truffaut. Génial avec Françoise Dorléac et Jean Desailly. (Il a toujours adoré cet acteur et toujours trouvé injuste qu’il n’ait pas fait la carrière qu’il méritait au cinéma)&lt;br /&gt;Elle dit : « Je ne te parle pas de Truffaut mais de ta peau. J’aime ta peau.&lt;br /&gt;Il dit : « … Quand même il faudra que tu voies ce film. »&lt;br /&gt;Elle dit : « Ta peau est plus douce que la mienne. »&lt;br /&gt;Il dit : « Tu n’exagères pas un peu ??? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai effectué plusieurs permanences en soirée pour &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Roman d’un trader&lt;/span&gt; (archi complet). Une petite centaine de personnes m’ont demandé de mes nouvelles. Soit elles ont lu mon blog, soit elles sont venues voir &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Maman j’ai peur dans le noir&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Ce lien au public est bouleversant. Tous ont des mots si gentils, si attentifs, si pudiques…&lt;br /&gt;Une dame à qui je demandais si tout allait bien, m’a répondu : « Bien sûr puisque vous êtes là. »&lt;br /&gt;Je suis très fier de leur confiance à tous et de leur affection. Certains pour me moquer disent que je suis un incorrigible affectif. Ils ont entièrement raison. Je le revendique. Généralement, ce sont les mêmes qui ne donnent rien que leur prétention et leur égoïsme.&lt;br /&gt;Vive les affectifs de tous bords !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-4488040037456916028?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/4488040037456916028/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=4488040037456916028' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4488040037456916028'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4488040037456916028'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/10/brel-avait-raison.html' title='Brel avait raison'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5031318539005529167</id><published>2009-10-09T10:23:00.003+02:00</published><updated>2009-10-09T10:35:36.220+02:00</updated><title type='text'>Bonheurs divers (d'hivers)</title><content type='html'>Je viens d’acheter le dernier livre de Justine Lévy, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Mauvaise fille&lt;/span&gt;. J’ai adoré les deux précédents. Hâte de le lire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi prochain, je suis invité à la soirée d’ouverture du Festival de cinéma Lumière 2009.&lt;br /&gt;Diner ensuite.&lt;br /&gt;Clint Eastwood sera là. &lt;br /&gt;Du privilège d’être directeur de théâtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis deux jours le travail est intense. Une sorte d’énergie légère s’est emparée de moi. Chacune de mes collaboratrices est mise à contribution. Tout va vite, s’enchaîne. Les fautes d’orthographe se tiennent à carreau. Les mises en page filent doux. Graphiques, réflexions, avenir, bilans, projets, écriture, discussions ne demandent pas leur reste ! Il y a comme une inspiration (respiration) qui invente un horizon dégagé. Au fond, ma convalescence c’est le travail. Naturellement, tout ce travail prépare l’avenir. Mais je n’oublie pas que l’avenir c’est d’abord chaque heure qui passe. Ces heures-là qui construisent des journées, des semaines, des mois, je les vis intensément. Sans doute parce que j’ai frôlé la catastrophe. N’être envieux de rien ni de personne, n’être jamais insatisfait, se réjouir toujours "de faire des progrès" sur nos vies c’est cela et pas autre chose. Ne pas faire de mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le week-end s’annonce. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige… je m’échappe !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette phrase de Victor Hugo à propos de Jean Valjean dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Les Misérables&lt;/span&gt; : « en se fondant en reconnaissance, il aimait de plus en plus ».&lt;br /&gt;Autre phrase : « Qu’importe que la terre soit rouge, la lune reste blanche. Ce sont les indifférences du ciel. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Frédéric Mitterrand est beaucoup attaqué à propos de lui et de son livre &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Mauvaise vie&lt;/span&gt;. Je repense à ce que j’écrivais à propos de ce livre sur mon blog le 23 juin : « J’ai été très touché par son dernier livre &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Mauvaise vie&lt;/span&gt;, confession âpre et remarquablement écrite d’où surgissait presque un désespoir, un regard doux et pitoyable, le portrait d’un homme qui ne se ment pas à lui-même. Qui dit sa petitesse pour mériter un peu de dignité. »&lt;br /&gt;Ce livre-là était digne et l’homme Frédéric Mitterrand mérite notre respect.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette phrase de Philippe Lançon, journaliste à &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Libération&lt;/span&gt;, à propos d’une critique littéraire : « L’amour ce n’est ni le bonheur, ni le malheur, c’est une chance particulière. » Bien vu !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu un reportage à la TV sur la collection Chanel de Karl Lagerfeld. Tout se passe dans une ferme. Bottes de paille et paysage champêtre. Les vêtements imaginés et allègrement portés par des mannequins sont drôles, parfaits. Tabliers de fermières, bottes en plastique côtoient des dentelles et des vestes noires coupées au plus juste.&lt;br /&gt;C’est assez fou, jamais exagéré… &lt;br /&gt;Ca donne simplement envie d’aller vivre à la campagne (un seul mannequin suffira !).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pardon de cette humeur primesautière. Elle ne le fut pas vraiment ces derniers mois, et pourtant le printemps est loin. C’est plutôt l’automne qui arrive. Comme quoi tout est une question d’état d’esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu cette nuit la rediffusion de l’interview de Frédéric Mitterrand au journal de 20h sur TF1 par Laurence Ferrarri. Pathétique. Quand on pense que Laurence Ferrarri avoue le plus naturellement du monde qu’elle n’a pas lu le livre de Frédéric Mitterrand &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Mauvaise vie&lt;/span&gt;, mais qu’elle n’a lu que des extraits publiés par la presse, on croit vraiment halluciner. En vérité, je pense qu’aucun de ceux qui parlent du livre ne l’ont lu. D’où ce malentendu pour le moins malsain. Un conseil : qu’ils lisent le livre. Ensuite seulement, ils pourront en parler et juger Frédéric Mitterrand.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5031318539005529167?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5031318539005529167/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5031318539005529167' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5031318539005529167'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5031318539005529167'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/10/bonheurs-divers.html' title='Bonheurs divers (d&apos;hivers)'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-4629367526455662902</id><published>2009-10-08T10:26:00.001+02:00</published><updated>2009-10-08T10:32:38.985+02:00</updated><title type='text'>Une bonne nouvelle !</title><content type='html'>Hier en fin de réunion d’équipe, j’ai eu l’immense plaisir et l’avantage d’annoncer à toute l’équipe que l’une de mes plus fidèles collaboratrices attendait un enfant. (J’étais dans la confidence depuis plusieurs semaines.) Toute l’équipe a accueilli la nouvelle avec une immense joie. &lt;br /&gt;Il faut dire que Karine Fanton, puisqu’il s’agit d’elle (responsable de la billetterie) est une collaboratrice tout à fait remarquable. Ne ménageant jamais ni son temps ni ses forces. D’une conscience professionnelle absolue, à l’écoute de chacun, animant son équipe avec rigueur et habilité. C’est une femme respectée. Je dois dire qu’à titre personnel, j’ai toujours été séduit par sa grande prévenance, sa pudeur, sa délicatesse. Lorsque nous nous croisons, elle vérifie toujours d’un regard qui ne trompe pas si ma santé est bonne… si aucune défaillance n’apparaît pas à l’horizon. &lt;br /&gt;Sœur ? Amie ? Collaboratrice ? Une belle personne en tous cas. &lt;br /&gt;Ne reste plus qu’à trouver le prénom de l’enfant !&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-4629367526455662902?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/4629367526455662902/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=4629367526455662902' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4629367526455662902'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4629367526455662902'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/10/une-bonne-nouvelle.html' title='Une bonne nouvelle !'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-3155704900223625002</id><published>2009-10-07T10:06:00.001+02:00</published><updated>2009-10-07T10:15:05.947+02:00</updated><title type='text'>Rencontre inopinée et divers autres détails</title><content type='html'>Il la croisa en face de l’hôpital.&lt;br /&gt;Il ne la reconnut pas.&lt;br /&gt;Elle posa sa main sur son bras, comme ça.  Comme par inadvertance.&lt;br /&gt;Il mit quelques instants à se souvenir d’elle. C’est sûr le visage de la jeune femme ne lui était pas étranger. Il n’eut pas à prononcer la moindre parole. Elle chuchota :&lt;br /&gt;- Je suis l’interne… cet été… en août… vous avez déjà oublié ? &lt;br /&gt;Lorsqu’il l’avait croisé pendant les huit jours de son hospitalisation, elle était en blouse blanche. Là, jean serré et corsage blanc. Belle queue de cheval en liberté dans son dos.&lt;br /&gt;- Vous avez bonne mine, ça me fait plaisir de vous rencontrer.&lt;br /&gt;Il murmura :&lt;br /&gt;- Moi aussi.&lt;br /&gt;Elle ajouta :&lt;br /&gt;- Vous êtes très élégant (costume léger noir et chemise bleue)&lt;br /&gt;- Vous aussi… vous êtes très élégante.&lt;br /&gt;Elle éclata de rire et ajouta :&lt;br /&gt;- Je suis venue voir &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Maman j’ai peur dans le noir&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Il n’osa l’interroger plus avant. Elle prit les devants :&lt;br /&gt;- Vous êtes un peu fou vous…&lt;br /&gt;Elle s’empressa d’ajouter :&lt;br /&gt;- C’est un compliment, je vous assure.&lt;br /&gt;Et lui ne sut quoi dire. Il se lança :&lt;br /&gt;- C’est très bien Interne !&lt;br /&gt;Il comprit immédiatement que son commentaire frisait l’indigence. Il crut bon d’ajouter :&lt;br /&gt;- Enfin, interne comme vous.&lt;br /&gt;Il réalisa qu’il s’enfonçait ! Et là, il prit tous les risques.&lt;br /&gt;- Ce qu’on fait, c’est que je vous appelle si vous me donnez votre numéro de téléphone.&lt;br /&gt;- Vous avez des choses à me dire ?&lt;br /&gt;Et là, il était soudain en roue libre !&lt;br /&gt;- Je crois.&lt;br /&gt;Elle écrivit son numéro sur un bout de papier. Lui tendit.&lt;br /&gt;- Voilà !&lt;br /&gt;- Bon alors je vous appelle !&lt;br /&gt;- D’accord !&lt;br /&gt;Elle lui sourit, descendit la rue. &lt;br /&gt;Il la regarda s’éloigner, contempla le numéro de téléphone et pensa que c’était fou qu’une interne aussi élégante lui donna sans discuter son numéro de téléphone. Du coup, il se trouva effectivement très élégant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, journée plutôt chargée.&lt;br /&gt;À midi, repas avec un homme politique (secret).&lt;br /&gt;Déjeuner délicieux et la conversation n’avait pas de limite. Tout y passa. De Jospin à Kouchner, de nos enfants respectifs au musée des confluences. Tout quoi ! Pendant le repas j’ai passé un coup de téléphone extrêmement important pour le théâtre (rien à voir avec l’interne). Et ce coup de fil fut très positif. Mon interlocuteur au bout du fil après nous être beaucoup cherchés est devenu un ami. Je reste volontairement discret car la discrétion reste le meilleur des alliés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réunion avec les représentants du personnel au théâtre. Réunion constructive, très argumentée et équilibrée. Je cite le préambule  « les conditions de travail et les rapports avec la hiérarchie sont devenus plus simples. Par voie de conséquence, chacun des membres de l’équipe a pu atteindre ses objectifs ou est en voie de le faire. »&lt;br /&gt;Les revendications m’ont semblé raisonnables. J’ai eu l’occasion à maintes reprises de me réjouir de l’ambiance travailleuse qui régnait dans la maison.&lt;br /&gt;Tout cela est basé sur un rapport de confiance et avec la confiance tout est possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Décision radicale. &lt;br /&gt;J’ai changé mon bureau de place. Nouvelle orientation dans la pièce. Je me sens mieux. Plus de bouche d’aération au dessus de la tête et plus de néon assassin dans les yeux. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est une nouvelle vie qui commence. En tous cas, je suis mieux à ma place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lis un article qui indique que la plupart des ministres sont au régime. Entrées : crudités, poisson systématique (plus de viande), fromage banni et dessert : sorbet.&lt;br /&gt;L’article indique que c’est Sarkozy qui a initié cette « politique  de la silhouette »&lt;br /&gt;La silhouette est devenue un véhicule de communication politique selon le journaliste. Tout ça parce que le président est amoureux de Carla : longue silhouette fragile.&lt;br /&gt;Eh oui, l’amour nous entraine sur des terrains mouvants. J’ai moi-même décollé. Ma silhouette s’est affinée. Fut une période où chacun s’inquiétait de me découvrir ainsi. Mais aujourd’hui les commentaires changent : voir l’exclamation de l’interne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marre de l’affaire Clearstream. J’ai pris le mensonge en horreur, et Dieu sait que de ce côté là j’ai été bien servi !&lt;br /&gt;Diable, quelle bande de menteurs…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un comédien remarquable : Daniel Russo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est décidé : ce week-end, je me mets au vert à partir de vendredi après-midi. Jusqu’à dimanche soir. Je vais reprendre des forces disons que je vais  m’occuper de mes globules rouges (cf. &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Maman j’ai peur dans le noir&lt;/span&gt;) puisque décidément ils sont le sang de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-3155704900223625002?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/3155704900223625002/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=3155704900223625002' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/3155704900223625002'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/3155704900223625002'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/10/rencontre-inopinee-et-divers-autres.html' title='Rencontre inopinée et divers autres détails'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5966152226600793850</id><published>2009-10-01T14:54:00.002+02:00</published><updated>2009-10-01T15:17:00.010+02:00</updated><title type='text'>De l’émerveillement à la dignité…</title><content type='html'>Vu deux films.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le bal des Actrices&lt;/span&gt;, de Maïwenn avec justement plein d’actrices dedans (Romane Bohringer, Julie Depardieu, Mélanie Doutey, Karine Viard, Charlotte Rampling…)&lt;br /&gt;Drôle de film. Un peu maladroit, un peu bancal, parfois à côté de la plaque, parfois en plein dans le mille. Les femmes ne sont pas des actrices comme les autres… pourrait-on dire ! Souvent lucides (trop ?) elles savent pourtant qu’elles doivent plaire, séduire. Au fond, elles ont un mal fou à trouver leur place. Ce qui les rend parfois imbuvables, parfois désarmantes. En tous cas, la sérénité n’est pas un état qu’elles ont l’air de beaucoup fréquenter. Le film est tout cela et Maïwenn une drôle de trentenaire. Pas froid aux yeux la fille. Elle est belle sans être belle. Elle est une femme audacieuse, avec une volonté de fer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L’Etrange histoire de Benjamin Button&lt;/span&gt;. Scénario génial, mais bon, on s’endort un peu dans la seconde partie du film. Brad Pitt est à l’aise dans un rôle hors-norme et Cate Blanchett… Une femme qu’on aimerait bien qu’elle nous prenne dans ses bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Richard Brunel a été nommé directeur du centre Dramatique National de Valence. Très bonne nouvelle ! Nous l’avons accueilli lors de la première saison de La Croix-Rousse et nous l’accueillerons à nouveau en mai 2010.&lt;br /&gt;Dire que nos rapports furent toujours simples serait exagéré. Cela dit, j’ai toujours reconnu son sens du théâtre et je me réjouis qu’il prenne la direction d’une maison. J’aurais tendance à dire qu’il le mérite, même si la notion de mérite est un peu dépassée aujourd’hui. Bon vent donc au camarade Brunel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les journaux sont pleins de l’affaire Polanski (comme on dit). Sujet compliqué. Il y a l’artiste et le citoyen. L’artiste est magnifique. Le citoyen a été condamné pour viol sur une enfant de 13 ans il y a trente ans. Il s’est enfui des Etats-Unis et donc a fui la justice de son pays. Certes, depuis, la victime a pardonné. Alors ? Alors la justice ne doit-elle pas être la même pour tout le monde ? Ou bien l’artiste jouit-il d’une impunité définitive ? Je pense à ma fille qui va vers ses onze ans. Comment réagirais-je si c’était elle qui avait été violée ? En père ? En chrétien ? En artiste ? En citoyen ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre affaire : France Télécom.&lt;br /&gt;Il est absolument incroyable que le patron Didier Lombard dont 24 de ses salariés se sont suicidés n’ait pas donné (ou proposé) sa démission.&lt;br /&gt;A-t-on à ce point perdu le sens des responsabilités ? On m’a toujours appris qu’il fallait assumer le mal que l’on fait aux autres. La moindre des choses n’est-elle pas d’admettre son incompétence ? 24 suicides tout de même, ce n’est pas rien. 24 familles détruites. Des enfants orphelins. Des conjoints démolis. Et même pas de regrets. Il parle d’une « mode du suicide » tout en s’excusant après. Pour simplifier on va dire que c’est un gros con. Et pour reprendre la génial réplique d’Audiard : « les cons, ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnaît. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour rire : polémique entre Michel Drucker qui recevait dans son émission à la radio Marc-Olivier Fogiel. La polémique porte sur le ton agressif des questions de Michel Drucker posées à Fogiel, genre sur la sexualité de Fogiel.&lt;br /&gt;Michel Drucker : « Alors Marc : casé ou pas casé ? Garçon ou fille ? À quand la photo de votre femme avec un bébé dans un landeau ? »&lt;br /&gt;À propos du livre de Fogiel : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;À mon tour d’être sur le grill&lt;/span&gt;. Michel Drucker : « Il a été réglé à 2 le grill. Vous ne risquiez pas de vous brûler. »&lt;br /&gt;Décidément la télévision a les animateurs qu’elle mérite. Peut-être que nous, on mérite autre chose. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin le boulevard de la Croix-Rousse est ensoleillé. Je ne peux m’empêcher de m’asseoir sur un banc et de contempler cette lumière si transparente. De l’autre côté, il y a le marché. C’est un paysage en mouvement où respire le goût de vivre. Cela m’émerveille. Je repense à l’après-midi d’hier où exceptionnellement nous avons tenu notre réunion d’équipe à l’heure du goûter. Ce fut une réunion absolument débridée. Dire que nous avons été efficaces serait très exagéré. Une humeur régnait, fantaisiste, plaisante, un peu absurde. Comme une tendresse amusée et ondoyante. C’est que la vie y était bondissante. (Rien à voir avec le management de Didier Lombard à France Télécom !!!)&lt;br /&gt;Ces deux dernières années me furent une épreuve quasi assassine. Aucune colère, aucun ressentiment ne s’est emparé de moi. J’assume pleinement le fait que d’être amoureux vous démunit et que par la force des choses tous les coups font mal. Et Dieu sait que les coups, il y en eut !!! Mon émerveillement ce matin est peut-être venu de là. J’ai été heureux d’aimer même si cela m’a conduit le plus souvent au malheur. Il faut savoir à la fin être digne quelles qu’en soient les conséquences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir reprise de Raquin.&lt;br /&gt;Hier générale magnifique. Marc Voisin et Anne Comte rendent leurs corps si disponibles que tous les frémissements et les vertiges de la possession amoureuse y vibrent d’une manière incandescente. Merci à eux.&lt;br /&gt;Florence Muller reprend le rôle de Claire Cathy. Celui de Madame Raquin. Avant d’être une belle comédienne, voilà une femme sensuelle, drôle, fidèle et tendre. Bonheur de la retrouver dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite fille aux allumettes&lt;/span&gt; et dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Malade imaginaire&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi mon fils sort son nouveau CD. Son groupe s’appelle &lt;span style="font-style:italic;"&gt;le Baron Perché&lt;/span&gt;. Il écrit les textes et est le chanteur. Soirée mémorable. Ces temps-ci nous nous parlons beaucoup, nous nous sommes beaucoup rapprochés l’un de l’autre. Je suis très fier de ce qu’il est. Ses sœurs l’adorent et c’est très beau ce trio recomposé. Quand je suis au milieu d’eux, je me dis que j’ai de la chance. Marie, avec son mètre 67 et ses 10 ans et demi, file vers l’adolescence et est amoureuse tous les matins d’un nouveau garçon. Marline et ses 8 ans et demi ne cesse de danser dans sa chambre, en se mettant inlassablement les mêmes CD. Damien est amoureux de Sophie, et Sophie est amoureuse de Damien. Ils essayent de se composer (recomposer) un avenir. Elle a trois enfants. Elle est mignonne et gaie. Ils sont venus me voir à l’hôpital en août, deux jours après mon opération. On s’est assis au bout du couloir. Près de la fenêtre. C’était doux et tendre.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5966152226600793850?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5966152226600793850/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5966152226600793850' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5966152226600793850'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5966152226600793850'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/10/de-lemerveillement-la-dignite.html' title='De l’émerveillement à la dignité…'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7288284040797571300</id><published>2009-09-29T17:50:00.003+02:00</published><updated>2009-09-29T18:20:54.117+02:00</updated><title type='text'>Rentrée du blog !!!</title><content type='html'>Presque trois mois sans écrire le moindre mot. Juillet, août, septembre comme retirés du monde, en tous cas, absolument silencieux. Et ce silence peut être dangereux, car il laisse le terrain libre à toutes les rumeurs. Tentons donc de retrouver les événements dans l’ordre où ils me viennent (qui n’est pas l’ordre chronologique), dans l’ordre de mes émotions dirions-nous.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;D’abord revenons à l’essentiel : la création de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Maman j’ai peur dans le noir&lt;/span&gt;. Ce spectacle fut un enfer à imaginer et à porter à la scène (à jouer ?) et pourtant ce fut un moment de théâtre unique. J’ai eu le sentiment chaque soir que j’allais trop loin dans une sorte de mise à nue, presque mortelle. Je n’ai cessé de penser à Molière et à sa dernière interprétation du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Malade imaginaire&lt;/span&gt;. À sa mort quelques heures plus tard en coulisses. Au fond, je n’ai rien fait d’autre dans ce spectacle que de conjurer la mort. A travers cette conjuration, il me fut aisé de jouer avec le sens de la vie, de m’amuser de manière presque enfantine avec cette éternelle question : qu’est-ce que c’est qu’être vivant ? Et que doit-on faire de notre vie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en appelais au Curé d’Ars, à Dieu, à C. Jérôme, à Patrick Dewaere, à la médecine, aux femmes, aux enfants… enfin à tous les êtres qui me traversaient l’esprit et le cœur pour qu’ils m’aident à trouver une réponse la plus digne possible. &lt;br /&gt;Evidemment, ces interpellations et ces tête-à-tête provoquèrent le rire… Dialogues absurdes, naïfs, mais bon, quand on s’abandonne au dénuement, on ne s’occupe plus de ce que les autres pensent. On fait ce que l’on peut. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui m’a bouleversé chaque soir (il y en eut dix) c’est que le public m’a profondément suivi dans ce vertige. Sans que cela soit dit, il a partagé ce qui ne fut rien d’autre qu’un élan d’amour. Un "sauve qui peut". Car quand la peur vous saisit (peu importe d’où elle vient) on se demande si l’on a assez aimé, si l’on a été suffisamment sincère. Si l’on n’a pas fait trop de mal, si l’on n’a pas trop menti, ni trahi, si l’orgueil n’a pas tout faussé ? Chaque soir j’ai ressenti que le public me rassurait autant que possible. Dans ses applaudissements si tendres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je découvrais qu’au fond, je n’étais pas un "si mauvais homme que ça". Drôle d’impression, et ma peur, ma fatigue de moi-même s’évanouissaient. La critique écrivit des articles extrêmement émouvants. Chacun comprit qu’il ne s’agissait pas là d’un exercice d’autoglorification, mais qu’à travers sa peur et sa souffrance, l’on avait une chance de mieux comprendre le monde et surtout de mieux assumer sa responsabilité d’homme de théâtre. Comment comprendre la souffrance des autres si soi-même on est peuplé de certitudes, de mépris, de jugements à l’emporte pièce, de prétention. C’est impossible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis que j’ai commencé à écrire ce blog, il me semble que je n’ai cessé d’invoquer cette humilité nécessaire, ce doute permanent, cette obsession de la tentative…&lt;br /&gt;L’on voit où mènent ceux qui soi-disant possédaient la vérité. Revenir toujours à ce que nous sommes, et inlassablement corriger nos faiblesses, éloigner nos lâchetés, dissoudre nos certitudes. « Ce que nous sommes », voilà un titre de spectacle à inventer.&lt;br /&gt;Voilà pour septembre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Août maintenant. Sept jours d’hospitalisation. Rien de grave, mais comme m’a dit le professeur qui m’a opéré : mieux vaut être prévoyant. J’ai donc été prévoyant. &lt;br /&gt;Drôle d’expérience que de vivre l’hôpital au mois d’août quand toute la France est en vacances (y compris dans le milieu hospitalier). Le lendemain de l’opération, je déambulais dans les couloirs avec mon fils, ou mon assistant E. Robin, ou mes filles et leur mère. Les médecins depuis plusieurs années ne cessent de me dire que j’ai une constitution redoutable et une santé de fer. Moi, l’hypocondriaque absolu, je commence seulement à me convaincre qu’ils n’ont peut-être pas tort.&lt;br /&gt;C’est que mon corps je m’en suis toujours méfié.&lt;br /&gt;Je ne lui ai jamais fait totalement confiance. Peut-être ces temps-ci se rue-t-il dans les brancards comme pour me dire que j’ai été très injuste avec lui (trop). Toujours est-il que depuis ces derniers mois je prends soin de ne plus le contrarier et de lui dire combien j’ai besoin de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Juillet enfin.&lt;br /&gt;Pris la décision de ne plus m’abimer le cœur dans un amour qui a fini par basculer dans le vide. Et je n’ai pas eu envie de basculer tout entier dans le vide. Tant pis pour cet amour-là ! Paix à son âme. J’ai choisi de rester digne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà, comme dirait l’autre, un trimestre bien rempli. Dire que ce trimestre-là ne m’ait pas un peu fatigué serait si ce n’est mentir, du moins exagérer. Qu’en ce moment je rêve de vacances, de soleil, de bord de mer (même avec un temps gris), de liberté, certes. Mais étrangement, peu à peu une sorte de rage de vivre s’empare de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le théâtre connaît un succès impressionnant. Pour la première fois, plus de 10 000 abonnés. C’est donc que l’usure n’est pas de mise. Que la confiance dans cette maison ne cesse de croître.&lt;br /&gt;Nous travaillons pour l’année prochaine à une toute nouvelle organisation de la saison. C’est une chance bénie que d’être ainsi au cœur des mouvements de la société, de ses soubresauts, de ses chaos, de son avenir. Essayer encore et toujours de réconcilier les rêves et la réalité. De ne mépriser ni les uns ni les autres, pour tenter de trouver "l’ouverture". Car plus que jamais je pense que nos maisons doivent être ouvertes. Elles doivent respirer l’horizon. À nous d’inventer (dans nos faibles pouvoirs) un horizon "qui danse".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos de la sortie du film &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le dernier pour la route&lt;/span&gt; avec François Cluzet, lu beaucoup d’interviews de lui. Acteur magnifique. Il dit à un moment : « On a fait les frais de l’individualisme stérile. Les faux héros de la performance égoïste se révèlent des escrocs et des imposteurs. Tant mieux si on commence à changer d’époque et à s’apercevoir que les profiteurs laissent vraiment trop de gens sur le bord de la route. Je suis convaincu que le progrès passera par le fait d’accepter les plus faibles et non pas de se retrouver entre forts. »&lt;br /&gt;C’est dit et c’est bien dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup d’autres choses à dire…&lt;br /&gt;Mais la reprise de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt; m’attend. Répétitions et jeudi, première.&lt;br /&gt;Pour finir, cette phrase de Thérèse à Laurent, son amant :&lt;br /&gt;« J’ai ton odeur dans ma bouche. »&lt;br /&gt;Voilà qui là encore est dit et bien dit !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7288284040797571300?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7288284040797571300/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7288284040797571300' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7288284040797571300'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7288284040797571300'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/09/rentree-du-blog.html' title='Rentrée du blog !!!'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-3295897777414753974</id><published>2009-07-07T18:03:00.002+02:00</published><updated>2009-07-07T18:06:56.944+02:00</updated><title type='text'>COMMUNIQUÉ</title><content type='html'>En ce mois de juillet, Philippe Faure écrit et répète &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Maman j’ai peur dans le noir&lt;/span&gt;. Rien à voir avec ses deux précédents solos. &lt;br /&gt;De quoi s’agit-il ? D’oser tout dire.&lt;br /&gt;De la mort d’une mère, à une anémie qui a failli être fatale. &lt;br /&gt;D’une veine de cocu, au théâtre qui tombe du ciel. &lt;br /&gt;De la peur de vivre sans interrupteur, à l’obsession de ne pas mourir dans les bras d’une femme en faisant l’amour. Du mystère des caresses. Et bien d’autres aveux.&lt;br /&gt;Il n’y a là aucune complaisance aussi douloureuse soit-elle, mais au contraire le désir fou de ne plus avoir peur dans le noir. Sorte de délivrance. Pudeur ou impudeur, en tous cas nulle mégalomanie, juste une heure durant être libre de se mettre à nu, comme si le ridicule de la nudité pouvait le sauver de lui-même.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Maman j’ai peur dans le noir&lt;/span&gt;, serait donc en fin de compte l’histoire d’un sauvetage. Mais naturellement avec Philippe Faure il est permis d'espérer que tout cela prêtera à sourire, à rire et pourquoi pas à délirer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonnes vacances à tous les bloggeurs !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-3295897777414753974?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/3295897777414753974/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=3295897777414753974' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/3295897777414753974'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/3295897777414753974'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/07/communique.html' title='COMMUNIQUÉ'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-4972364911484041186</id><published>2009-06-29T12:01:00.004+02:00</published><updated>2009-06-29T14:25:27.645+02:00</updated><title type='text'>Où il est question du respect que l’on se doit à soi-même</title><content type='html'>Vu à la télévision ce spot très impressionnant relatif aux femmes battues. On voit une femme belle, aller et venir dans la vie, et on entend une voix d’homme (off) l’insulter : « Cette femme est un boudin, c’est une salope, une garce… etc.» Puis soudain, la voix off affirme : « C’est ma femme. » Alors apparaît à l’écran un homme qui marche à côté de la femme en question et pose sa main sur son épaule comme une menace. La femme, dans un mouvement d’épaule imperceptible, fait glisser la main de l’homme dans le vide. Le visage de celui-ci est crispé de haine. Enfin, le spot se conclut par une voix qui dit : « Ne laissez jamais la violence s’installer » (ou « s’avancer », je ne sais plus le mot exact).&lt;br /&gt;Ce spot, avec sa rigueur et sa sobriété, dit l’essentiel. Tout être humain a droit au respect de "celui qui est vivant". Pas d’insulte, pas de main levée, de coups portés, pas d’humiliation.&lt;br /&gt;Certes, lorsque les coups s’abattent sur des êtres fragiles (enfants, femmes, aînés), c’est monstrueux. Mais ne passons pas sous silence ces "hommes battus", déchus de leur masculinité, abimés, et réduits à néant. Souvent, ceux-là, ce ne sont pas les coups qui ont eu raison de leur équilibre, mais les mots insultants et dégradants, le refus de leur accorder le moindre intérêt. Certaines femmes s’entendent parfaitement à les saccager. Je connais certains de ces hommes. Oserais-je avouer que j’ai été l’un d’eux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Michael Jackson est mort.&lt;br /&gt;C’est bien évidemment un génie.&lt;br /&gt;Chacun s’accorde à désigner les blessures de l’enfance. La violence de ce père qui l’insultait et le frappait. Cette tragédie de se sentir seul à cinq ans.&lt;br /&gt;Ce drame du "non amour" peut se résumer dans le fait que Michael Jackson était obsédé de ne pas avoir un nez qui ressemblât à celui de son père. D’où cette cascade d’opérations et ce nez sur la fin qui n’en était plus un. Faut-il souffrir dans son cœur pour imposer à son corps une souffrance pareille ? Car ce génie n’était que souffrance. De cette souffrance a jailli son "Moonwalk" comme un signe divin. Comme un signe rimbaldien. Comme une échappée belle : l’idée que l’âme des martyrisés est inatteignable et qu’elle a des ressources fulgurantes. Michael Jackson est une fulgurance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Achevé de lire l’énorme confession de Daniel Cordier (900 pages), &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Alias Caracalla &lt;/span&gt;(Gallimard).&lt;br /&gt;Confession bouleversante : « Depuis que je me suis mis à écrire sur Jean Moulin, j’ai un rapport absolu à la vérité. L’idée même de mentir m’est devenue insupportable. »&lt;br /&gt;Daniel Cordier fut l’un des tout premiers français à rejoindre Londres dès le 25 juin 1940 à l’âge de 19 ans. Il fut ensuite pendant onze mois le secrétaire de Jean Moulin.&lt;br /&gt;« Quand je suis parti à Londres, je n’avais qu’une obsession : tuer du boche. Or, quatre ans plus tard à la Libération, je n’en avais toujours pas tué un seul. Cela a été le désespoir de ma vie. » Plus loin : « Il y a une chose dont je ne voulais pas parler, une chose affreuse, impardonnable, c’est l’antisémitisme qui était le mien à l’époque. »&lt;br /&gt;Témoignage douloureux, sur une époque en guerre, sur une simple vie d’homme, sur un remord, sur une rencontre du destin, sur une vérité que chaque homme se doit à lui-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier juillet, c’est mon anniversaire. Jusqu’à ces dernières années, cette date (ce rendez-vous incontournable) m’était insupportable et, pourquoi ne pas le reconnaître, je le reniais. Cette fois-ci (et pour la première fois), je suis heureux de cet anniversaire. J’apprécie à sa juste valeur ce rendez-vous avec moi-même. C’est que depuis de longs mois, j’ai souffert plus que de raison une vie affective extrêmement brutale et puis un corps qui donne des signes de lassitude. Qui a mal. On a bien évidemment grand tort de s’éloigner de soi-même surtout si c’est pour se perdre dans la malhonnêteté de l’autre, dans son désir de destruction. Alors oui, cet anniversaire là, je l’accueille avec joie. &lt;br /&gt;Qui l’eut dit !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Merci à Justine, patiente collaboratrice de ce blog. Sa discrétion, sa rigueur et sa pudeur ont été idéales. C’est avec grand plaisir que je lui ai proposé d’intégrer définitivement l’équipe de La Croix-Rousse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le succès un peu irrationnel de la nouvelle saison ne se dément pas. Au contraire. Il ne cesse de s’accentuer chaque jour. Toute l’équipe est aux anges. Serait-ce à dire que nous sommes une équipe d’anges ? N’exagérons rien. Nous sommes simplement une équipe heureuse de travailler ensemble, d’être ensemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-4972364911484041186?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/4972364911484041186/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=4972364911484041186' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4972364911484041186'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4972364911484041186'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/06/ou-il-est-question-du-respect-que-lon.html' title='Où il est question du respect que l’on se doit à soi-même'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-1911675228882141597</id><published>2009-06-23T15:35:00.007+02:00</published><updated>2009-06-26T11:15:02.049+02:00</updated><title type='text'>Un Espoir dans un homme de terrain</title><content type='html'>Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture. Certes on ne peut pas préjuger de l’action publique d’un homme. Seuls les actes comptent. Compteront. Pourtant la nouvelle me réjouit.&lt;br /&gt;D’abord, j’ai adoré l’homme de télévision. Ses sagas mélancoliques et lyriques. Cette voix détachée et mordante. Sa prose osée, parfois ronflante, avec des phrases qui n’en finissent pas. Des interrogations suspendues dans le temps, des vérités presque murmurées, des confidences lourdes de sens. Quelque chose de théâtral et d’intemporel.&lt;br /&gt;Et puis j’ai été très touché par son dernier livre &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Mauvaise vie&lt;/span&gt;. Confession âpre et remarquablement écrite d’où surgissait presque un désespoir, un regard doux et pitoyable, le portrait d’un homme qui ne se ment pas à lui-même. Qui dit sa petitesse pour mériter un peu de dignité. &lt;br /&gt;Et puis il y a l’homme. Légèrement vouté, un peu épais, d’une élégance presque douloureuse. Une manière de maladresse, celle des enfants qui ont grandi trop vite. Et ce sourire qu’on dirait presque toujours pris en faute, qui dissimule une pudeur quasi coupable. Il y a encore sa manière d’évoquer François Mitterrand et cet amour enfantin et absolu qu’il lui porte. &lt;br /&gt;Enfin, il y a l’artiste, bien au-delà de ses divers talents. Une sorte d’artiste du savoir vivre, du savoir souffrir, du savoir aimer. Oui, à cet homme là, je donne ma confiance et je n’ai qu’une hâte : le rencontrer au plus vite. Espérons qu’il ne sera pas le ministre des antichambres, mais bien un ministre de terrain : le nôtre ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-1911675228882141597?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/1911675228882141597/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=1911675228882141597' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1911675228882141597'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1911675228882141597'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/06/lhomme-des-dynasties.html' title='Un Espoir dans un homme de terrain'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-257889389845500876</id><published>2009-06-22T09:55:00.002+02:00</published><updated>2009-06-22T12:43:00.276+02:00</updated><title type='text'>Généreux comme un cachalot</title><content type='html'>Les circonstances font que mes deux filles assistent à la réunion hebdomadaire de l’équipe du théâtre ce mercredi. Elles sont à ma droite et à ma gauche. La réunion dure presque 1h30. Elles sont sages comme des images. Leur présence provoque une ambiance particulière. C’est drôle et émouvant. L’une et l’autre sont fières de leur papa. Elles sont attentives à ce que chacun dit, scrutent les visages, parfois posent leur tête sur mon épaule. C’est un moment très tendre et inattendu. En partant, elles me disent selon leur formule : « Trop bien ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À propos de l’équipe qui m’entoure, j’ai eu l’occasion il y a deux semaines, en début de réunion hebdomadaire, d’avouer solennellement que j’avais le sentiment que c’était la plus belle équipe que j’ai eu l’occasion d’animer depuis que j’ai pris la direction de La Croix-Rousse.&lt;br /&gt;Il y a chez chacun de la compétence et de l’intuition. Un sens inné du dialogue. Une facilité à prendre des initiatives. Un sens très fort de l’intérêt général. &lt;br /&gt;Une formidable attention aussi à ce que je suis. Pendant le mois de mai où j’ai beaucoup souffert physiquement, l’équipe pudiquement s’est inquiétée et a pris le relais avec beaucoup de naturel.&lt;br /&gt;Le succès incroyable de la nouvelle saison leur est dû en grande partie. Leur sincérité et leur engagement, leur humilité aussi, leur conscience professionnelle font l’unanimité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux jours ensoleillés et sereins en Suisse.&lt;br /&gt;Vu &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Sous l’œil d’Œdipe&lt;/span&gt; de Jouanneau (qui sera dans le "in" d’Avignon cet été et que nous accueillerons en novembre prochain).&lt;br /&gt;Très belle immersion dans "le monde d’Œdipe". Claire. Forte. Charnelle, précaire et évidente. &lt;br /&gt;Deux comédiens magnifiques : Jacques Bonnaffé qui joue Œdipe. J’ai adoré son travail d’acteur qui cherche la vérité du personnage avec son corps, rien d’intellectuel. C’est l’un des acteurs les plus doués de sa génération. Et puis découvert Cécile Garcia Fogel. Un choc !... Sensuelle, noire, une présence "tellement femme". Une façon de bouger, de se tenir droite. Une voix qui impose un timbre particulier, voilé et profond. Elle crée une Antigone qui souffre, qui se bat, d’une fidélité absolue à elle-même avec un rapport à l’amour immédiat. Vraiment une Antigone qui restera dans les mémoires. En un mot, un vrai moment de théâtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rencontré Claude Régy (84 ans), l’un des metteurs en scène mythiques de ces 50 dernières années. Frais comme un gardon. Presque primesautier. Petit homme malicieux et gourmand. Je lui ai dit qu’il faut absolument qu’il "passe par La Croix-Rousse" une de ces prochaines saisons. Il porte sur la vie un regard simple et absolu. Un maître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Longues conversations avec René Gonzalez. Il est amoureux et il me dit avoir l’impression de " découvrir un continent"… Il revient de si loin. Il y a un an, il était en réanimation et aujourd’hui, il me prend dans ses bras et me dit simplement « Cadeau ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens de lire le livre de Régis Debray &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le moment Fraternité&lt;/span&gt; chez Gallimard. Il parle du « tout à l’égo ». Pour lui, la fraternité est une revendication publique de justice. Toujours cette évidence que le souci de soi ne l’emporte pas sur l‘intérêt collectif. Il écrit que la fraternité c’est « ressentir l’atteinte à la dignité de l’autre comme sienne. » Il dit : « Chacun veut vivre dans l’instant, pour soi et en fonction des bénéfices immédiats qu’il peut tirer d’une relation sans penser à hier ni au lendemain… »&lt;br /&gt;Beau livre et personnage passionnant que Régis Debray.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelqu’un me répète inlassablement « Moi, je ne veux rien devoir à personne. » L’aveu me décontenance. Moi, j’ai le sentiment de tout devoir à tout le monde. Il me semble au minimum que c’est le signe que beaucoup ont envie de croire à ce que je suis et donc dès que cela leur est possible, ils me donnent la confiance et la tendresse nécessaires. En un mot, que je mérite leur attention. J’aime être redevable et je le suis définitivement à tout le monde. Seuls, nous ne sommes qu’orgueil !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai beaucoup minci : curieux phénomène, car à quelques dizaines de grammes près, je pèse à peu près le même poids. C’est donc d’une certaine manière que mon corps se transforme. Deux idées me viennent à l’esprit susceptibles d’expliquer cette sorte de métamorphose. La première c’est que mon corps se débarrasse de la graisse qui l’a parfois encombré. Il "s’affute" selon l’expression courante. Il retrouve une ligne de jeune homme, comme si "être ventru" lui paraissait indigne.&lt;br /&gt;La seconde, c’est ce tiraillement entre le fait d’être un homme publique, donc visible, et ce désir plus sourd d’un effacement, de retrouver un anonymat. Cet écartèlement provoque chez moi sans doute une réaction quasi chimique qui fait fondre la graisse. En tous cas, je préfère cette silhouette à celle qui fut la mienne un temps (enflée). Il y a quelque chose de "la renaissance". Comme si mon corps était maintenant tendu vers l’essentiel. Mais est-ce que ces réflexions personnelles intéressent quiconque ? Dans cet exercice du blog, j’ai choisi de me "mettre à nu". Alors parler du corps est une évidence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces jours-ci, je me suis acheté pantalons et tee-shirts très colorés (rose, violet, bariolés). Longtemps, je me suis habillé de noir et de gris. Toujours cette idée de l’effacement. C’est que contrairement à ce que pensent beaucoup, être sur le devant de la scène est le plus souvent une épreuve car d’une certaine manière on ne s’appartient plus, on sacrifie beaucoup de sa vie et comme dirait l’autre " sa vie, on en a qu’une !" Ne doutons pas que cet élan vestimentaire me donne des couleurs (visage un peu pâle encore).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a cinquante ans que Boris Vian est mort. L’un de mes premiers spectacles à La Croix-Rousse fut une adaptation de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L’Ecume des jours&lt;/span&gt;. A l’époque, j’ai quasiment lu tout Boris Vian. Je garde un très bon souvenir de ce spectacle. Une scénographie extrêmement poétique d’Alain Batifoulier. Une vraie troupe de comédiens, des chansonnettes et une musique de Louis Sclavis. &lt;br /&gt;Certes, restituer l’univers de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L‘Ecume des jours&lt;/span&gt; est impossible. Au moins avais-je tenté de m’approcher de sa tendre folie. Cette histoire de nénuphar à l’intérieur de la poitrine de Chloé.  Génial ! J’adore Vian et je me réjouis qu’à l’occasion du cinquantenaire de sa mort, beaucoup d’articles évoquent l’homme et son œuvre. L’homme est phénoménal. D’abord d’une grande beauté. Le visage au scalpel. Un regard d’une profondeur vertigineuse.&lt;br /&gt;Et puis le poète. Cette façon de défaire le monde, de le reconstruire en équilibre entre réalité et imaginaire. Ce maniement des mots. Souvent osé. Toujours ironique et cynique. Cette liberté joyeuse et coupante. Libre comme l’air et douloureux comme l’infarctus qui l’emporta. Vive Vian ! Viveur et vivifiant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour en revenir à ma minceur, j’ajouterai une troisième raison à "ce maigrissement".  Ces deux dernières années furent tout le contraire de ce que j’avais rêvé de vivre. Elles m’emportaient si loin du sentiment qui m’habitait. Elles me perdirent dans une méchante réalité. Se rendre à l’évidence est un exercice pour le moins douloureux. Le corps demande grâce !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je feuillette chez quelqu’un le dernier numéro de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Psychologies&lt;/span&gt; consacré à la gentillesse. Sept qualités requises pour être gentil : l’empathie, la modestie, la patience, la générosité, le respect, la loyauté et la gratitude. Ca paraît simple comme ça !!! J’aime beaucoup le titre d’un chapitre : « La gentillesse est une arme anti-frustration. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, fête des pères. Marline m’offre une sorte de peinture marbrée où trône un lapin (à moins que ce ne soit un loup) doré.&lt;br /&gt;Marie, un poème aux compliments un peu exagérés :&lt;br /&gt;« Beau comme un lion,&lt;br /&gt;courageux comme un tigre &lt;br /&gt;et généreux comme un cachalot ! » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je cherche depuis longtemps une secrétaire de direction.&lt;br /&gt;Peut-être ai-je enfin déniché la perle rare ?&lt;br /&gt;Il s’agit de former un duo rapide, efficace, rigoureux, loyal, discret et tout cela sans aucune faute d’orthographe !!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-257889389845500876?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/257889389845500876/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=257889389845500876' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/257889389845500876'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/257889389845500876'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/06/genereux-comme-un-cachalot.html' title='Généreux comme un cachalot'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7053511604962619074</id><published>2009-06-17T11:30:00.003+02:00</published><updated>2009-06-17T11:36:07.823+02:00</updated><title type='text'>Messages urgents</title><content type='html'>Hier comité de suivi. Légèrement débridé. &lt;br /&gt;Jean-Jacques Pignard, vice président du Conseil général chargé de la Culture entre pour la première fois dans la Convention quadripartite. &lt;br /&gt;Je découvre au fur et à mesure de mes contacts un homme tout à fait remarquable de fidélité et de rigueur : Georges Képénékian, adjoint à la Culture de la Ville de Lyon.&lt;br /&gt;Au cours de ce comité de suivi, confirmation que le ministre de la Culture attribue un label national à La Croix Rousse. On attend la confirmation écrite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que c’est beau cette foule de gens qui s’engagent dans la nouvelle saison du théâtre de La Croix-Rousse. Ils arrivent de partout et par tous les moyens (Internet, guichet, téléphone, courrier). Je voudrais leur dire que je les aime. C’est si beau quand les gens vous apportent leurs désirs de complicités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7053511604962619074?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7053511604962619074/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7053511604962619074' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7053511604962619074'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7053511604962619074'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/06/messages-urgents.html' title='Messages urgents'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-2310559534895508661</id><published>2009-06-15T13:00:00.001+02:00</published><updated>2009-06-15T13:06:54.353+02:00</updated><title type='text'>Le don de la fraternité</title><content type='html'>Dans le cadre de la soirée Vian aux "Nuits de Fourvière", j’ai vécu un instant inouï : Jean-Louis Trintignant disant deux poèmes de Vian. &lt;br /&gt;J’ai toujours adoré cet acteur. Mais là, de le voir massif et fragile, perdu et monumental, presque hésitant et imparable, ce fut un choc.&lt;br /&gt;Son sourire est dévastateur. Sa voix, d’une profondeur insoupçonnée. Il y a là comme une évidente gravité qui bizarrement nous fait un bien fou. C’est un homme de douleur et de paix. D’humilité et de séduction. On a mal et on est heureux.&lt;br /&gt;C’est un honnête homme. C’est celui que l’on voudrait être et que l’on ne sera jamais. Parce que lui a le don de la fraternité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Le calcul appliqué à tous les aspects de la vie humaine occulte ce qui ne peut être calculé, c’est à dire la souffrance, le bonheur, la joie, l’amour. » &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Edgar Morin&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Voilà qui est dit !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La campagne d’abonnement connaît toujours le même engouement. Aucun ralentissement. Les records s’enchainent si j’ose dire. C’est une récompense magnifique que de constater l’engagement de tant de gens à partager nos désirs et nos risques. Il y a là comme une ivresse à recevoir autant d’affection. Car au-delà de nos propositions artistiques, je n’hésite pas à prétendre qu’entre cette foule de spectateurs et nous, c’est bien d’une histoire d’amour dont il s’agit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce dimanche, communion solennelle de ma plus grande fille, Marie. Cela m’a ramené de longues années en arrière, à l’époque où moi-même je fis ma communion solennelle. Marie était resplendissante dans sa robe blanche. Il y avait dans son sourire de la naïveté, de l’innocence et beaucoup de tendresse. Il y avait aussi, comme souvent chez elle, une certaine distance. Son "compagnonnage" avec Jésus a sans doute trouvé sa limite. Elle a décidé que c’en était fini du catéchisme. &lt;br /&gt;Sa sœur Marline, comme d’habitude, était gaie comme un pinson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lis un long portrait de Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, très UMP. Outre le fait qu’elle est très jolie avec un regard semble-t-il très noir et intimidant, elle semble vraiment être une femme remarquablement intelligente et compétente.&lt;br /&gt;Elle dit « Je déteste la prétention. De toute manière, on est toujours l’idiot de quelqu’un d’autre. » Elle dit « Je ne m’en prends jamais aux personnes. » Elle se dit taiseuse et terrienne. Elle dit « Il ne faut jamais trahir. » Elle dit encore mille choses (n’exagérons pas) qui me semblent frappées du coin du bon sens. On peut en conclure que c’est une femme en accord avec elle-même. Génial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quatre ans de tergiversations et de combats, la Ministre de la Culture, Christine Albanel, a accepté ce vendredi d’attribuer un label national au théâtre de La Croix-Rousse. Quatre témoins : le maire de Lyon, l’adjoint à la Culture, le préfet du Rhône et le directeur de la DRAC. On y revient…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-2310559534895508661?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/2310559534895508661/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=2310559534895508661' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2310559534895508661'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2310559534895508661'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/06/le-don-de-la-fraternite.html' title='Le don de la fraternité'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-6108860322376320262</id><published>2009-06-08T16:07:00.004+02:00</published><updated>2009-06-08T16:26:10.644+02:00</updated><title type='text'>Le sens de la mesure</title><content type='html'>Voilà à peine deux semaines que nous avons lancé notre nouvelle saison. Et je dois le dire : ce qui se passe est tout simplement bouleversant pour toute l’équipe. Il y a comme une sorte de raz de marée des abonnements. Nos abonnés fidèles se réabonnent en grande majorité. Ceux qui nous avaient abandonnés le temps d’une ou deux saisons reviennent, réintègrent leur maison. Enfin, un grand nombre de nouveaux spectateurs rejoignent La Croix-Rousse. Le résultat que ce mouvement général provoque une rare poussée de fièvre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est bouleversant pour plusieurs raisons. D’abord, c’est la preuve que non seulement il n’y a pas d’usure dans l’attraction qu’exerce notre maison, mais bien au contraire qu’il y a comme un élan nouveau. C’est la preuve que notre sincérité, que notre spécificité est entendue, comprise. Nous ne trichons jamais avec ce que nous sommes, et avec ce que nous croyons. C’est la preuve que cette fraternité, que cet amour que nous appelons sans cesse de nos vœux trouve un large écho. Nous n’avons jamais eu peur d’être des amoureux transis. Nous aimons par dessus tout que le monde se rassemble. Nous nous sommes toujours méfiés d’être des diviseurs. C’est la preuve que nos choix artistiques, si différents les uns des autres, parfois même si détonants, inventent des territoires sensibles où il fait bon saisir le verbe au vol. C’est la preuve que nous gardons la même fraîcheur, la même liberté, la même audace, la même rigueur. Décidément c’est la preuve que nous sommes comme aux premiers jours : fébriles, impatients, naïfs, tendres et qu’aucun réflexe pervers ne nous a contaminé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes ouverts sur le monde, et dans cette ouverture souffle l’amour du prochain, l’amour de la différence, l’amour du théâtre dans tous ses états. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà qui est dit. Merci à tous pour cette infinie confiance que vous nous prêtez. Sachez que nous travaillons chaque jour à ne jamais la trahir, mais au contraire à la rendre joyeuse et salvatrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                    ***********&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je repense à ces mots de Pascal (pas Pascal Danel, le chanteur avec ses &lt;span style="font-style:italic;"&gt;neiges du Kilimandjaro&lt;/span&gt;) non, l’autre, le philosophe qui écrivait que « l’humanité est une succession d’hommes qui montent sur les épaules les uns des autres pour voir plus loin ».&lt;br /&gt;J’ai l’impression que cette évidence définit bien notre état d’esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                    ***********&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, fête des mères.&lt;br /&gt;Je repense à la mienne qui, à la suite d’une longue maladie, mourut à la fin de mon adolescence. C’était aux temps où les traitements étaient encore barbares. Elle souffrit en silence, avec la terreur de laisser orphelins quatre enfants.&lt;br /&gt;Sa mort est lointaine et pourtant m’habite encore, presque physiquement, ce sentiment d’impuissance de n’avoir pas pu (su) la rassurer, l’accompagner, trouver les mots. &lt;br /&gt;C’est moi qui l’ai découverte un mercredi après-midi, morte sur son lit. Moi qui ai prévenu les pompiers de chez la boulangère (nous n’avions pas le téléphone). Moi qui suis monté dans l’ambulance en direction d’Edouard Herriot.&lt;br /&gt;Au fond, ce qui nous rend si désespéré parfois, c’est que nous n’avons pas le pouvoir de sauver de la mort les gens que nous aimons. Nous les regardons mourir. &lt;br /&gt;Et d’une certaine manière nous ne nous pardonnons jamais d’être si passif.&lt;br /&gt;La mort d’une mère, c’est la fin d’un monde. &lt;br /&gt;C’est le moment où soudain nous sommes justement seuls au monde.&lt;br /&gt;Alors vous qui avez vos mères près de vous, surtout n’ayez pas peur de les aimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                    ***********&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Quand il s’agit d’éclairer et d’être éclairé, il faut regarder où est le devoir et non où est le péril. » &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Victor Hugo&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Décidément ce Victor Hugo !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                    ***********&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier au soir, pathétique François Bayrou. Cette obsession à démolir Sarkozy et à vouloir être président de la République l’a repoussé au fin fond du puits. &lt;br /&gt;Il y a une morale à cela.  On ne construit rien en détruisant. On ne convainc personne en s’érigeant d’évidence khalife à la place du khalife. Seuls l’humilité et l’intérêt général ont le pouvoir de rassembler autour de soi les femmes et les hommes de bonne volonté. &lt;br /&gt;Il est le contre-exemple de ce que doit être la politique. Il n’a que ce qu’il mérite, d’être ramené à ce qu’il est : un petit homme dont la prétention lui a fait perdre le sens de la mesure. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-6108860322376320262?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/6108860322376320262/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=6108860322376320262' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6108860322376320262'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6108860322376320262'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/06/le-sens-de-la-mesure.html' title='Le sens de la mesure'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-1381101987301575564</id><published>2009-05-28T15:30:00.004+02:00</published><updated>2009-05-28T15:42:25.939+02:00</updated><title type='text'>La nouvelle saison</title><content type='html'>Ce 25 mai, lancement de la nouvelle saison. Temps magnifique. Un monde fou.&lt;br /&gt;Décidément, il va nous falloir doubler, tripler ces présentations. Trop de gens ne peuvent entrer à l’intérieur du théâtre. Colère légitime de tous ceux refoulés.&lt;br /&gt;Inauguration du jeu de boules derrière le théâtre comme salle de bal. On eut dit le décor d’un film de Jacques Becker.&lt;br /&gt;Comment dire ? J’ai ressenti, et toute l’équipe avec moi, tout au long de la soirée comme une joyeuse vibration, une sorte de ferveur amicale. L’émotion d’être ensemble. Tous ensemble. Le ravissement d’en être conscient. Physiquement. Ce sentiment d’appartenir à une aventure. Rien de banal donc. Une douce fierté. Peut-être est-ce là notre plus grande réussite. Chacun est fier de venir dans notre théâtre. La fantaisie, les facéties faisant bon mariage avec les propositions les plus risquées, les plus ambitieuses. La fierté d’être toujours humble devant cet art si précaire et si mystérieux, toujours réinventé qu’est le théâtre. Il n’est pas question ici de tout savoir, d’être dans la vérité, de donner des leçons, de prétention. Il est question de s’abandonner à des visions qui toutes à leur manière excitent nos regards et notre imagination, ravivent notre désir, redonnent confiance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la suite d’une intervention chirurgicale assez ordinaire, une douleur s’est installée dans mon corps pendant près d’une quinzaine de jours. Une douleur parfois insurmontable que même la morphine ne parvenait pas à calmer. Lorsque la douleur est en soi, plus rien n’existe : la douleur exige que tous nos sens se rejoignent dans la même souffrance. Il n’y a plus de marge de manœuvre possible.&lt;br /&gt;Plus de respiration possible autre que la crispation des muscles et des nerfs.&lt;br /&gt;La douleur nous enferme dans une solitude infranchissable. &lt;br /&gt;J’ai vu beaucoup de gens souffrir autour de moi de cette douleur tenace et profonde. &lt;br /&gt;Ai-je assez su poser ma main sur leur corps tétanisé ? Au fond, le plus grand ennemi de la douleur, c’est la caresse de celui ou de celle qui est à vos côtés. Peut-être parce que la caresse est encore plus insondable que la douleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me dis que si Planchon, là où il est, entend ce que certains hypocrites disent de lui aujourd’hui, il doit avoir une furieuse envie de ressusciter pour rétablir la vérité.&lt;br /&gt;Le problème c’est que l’on ne ressuscite pas alors les hypocrites s’en donnent à cœur joie. Pauvre monde !&lt;br /&gt;« L’artiste est quelqu’un qui ne devient artiste que là où sa main tremble, c’est à dire là où il ne sait pas au fond ce qui va arriver, ou ce qui va arriver lui est dicté par l’autre. » Jacques Derrida&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je travaille sur ma prochaine création &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Maman, j’ai peur dans le noir&lt;/span&gt;. Je rêve que ce solo soit drôle et intime. Les deux mots sont par la force des choses contradictoires. L’intimité de chacun, il faut bien le reconnaître est rarement drôle. C’est que s’y retrouvent toutes nos secrètes blessures, nos insuffisances chroniques, nos peurs enfantines, notre terreur de l’abandon, notre maladresse. L’exploration de cet endroit de nous-mêmes est à haut risque. Les effondrements peuvent s’y révéler meurtriers. Alors ? Comment faire ? Peut-être faut-il s’en tenir aux détails, dans ce qu’ils ont de plus pittoresque. Ces petits moments, ces petites choses, ces souvenirs anodins qui nous ont construits et qui au fond sont communs à tout le monde. Ce qui devient drôle alors c’est que  nous nous ressemblons tous. Nous nous croyons uniques et puis soudain nous découvrons que nous sommes ordinaires. Est-ce que dire qu’être ordinaire prête à ordinaire ? Sans doute, puisque le ridicule n’est pas loin…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"…Rêveurs, tristes, joyeux, amers, sinistres, doux,&lt;br /&gt;sombre peuple, les mots vont et viennent en nous ;&lt;br /&gt;les mots sont les passants mystérieux de l’âme."&lt;br /&gt;Victor Hugo&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce moment à La Croix-Rousse : le Cirque Hirsute.&lt;br /&gt;Sans doute l’un des plus beaux spectacles accueillis à La Croix-Rousse.&lt;br /&gt;C’est chaplinesque, d’une virtuosité incroyable, avec des prises de risque stupéfiantes. C’est léger ; l’air de rien ! C’est sur la pointe des pieds.&lt;br /&gt;C’est fait de détails drolatiques et judicieux. C’est gai et profond. C’est du trapèze comme on en n’a jamais vu.&lt;br /&gt;On a peur et on se lève soudain, saisi d’une joie bondissante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-1381101987301575564?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/1381101987301575564/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=1381101987301575564' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1381101987301575564'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1381101987301575564'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/05/la-nouvelle-saison.html' title='La nouvelle saison'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-8011053193115880943</id><published>2009-05-14T18:38:00.003+02:00</published><updated>2009-05-14T18:42:01.578+02:00</updated><title type='text'>Dieu le père</title><content type='html'>Planchon est mort.&lt;br /&gt;J’ai inlassablement recherché son contact.&lt;br /&gt;Il y a quelques années (une dizaine) je lui ai proposé d’écrire un livre sur sa vie.&lt;br /&gt;Une sorte d’autobiographie subjective et personnelle. Il m’avait donné son accord. &lt;br /&gt;Aussi l’ai-je interviewé une quinzaine de fois pendant deux heures à chaque rendez-vous. J’ai amassé beaucoup de confidences. Je lui ai posé toutes sortes de questions, des plus naïves aux plus personnelles. Ces rencontres furent comme une drogue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aimais cet homme, au sourire si coupant, aux yeux si perçants, à la tête si énorme.&lt;br /&gt;Jamais il ne se laissait aller à la moindre émotion, et quand mes questions allaient de ce côté-ci il se brusquait, se fermait. Décidait : « Philippe, soyez un peu sérieux !… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai pas écrit le livre. Je l’ai commencé et fini, manque le milieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j’ai pris la direction de La Croix-Rousse je n’ai eu de cesse de provoquer une création de Planchon ici. Quatre années de suite nous nous sommes rencontrés pour mettre sur pied un projet. Je lui proposais de mettre en scène un spectacle uniquement avec de jeunes acteurs, quasiment sans décor. Plateau Nu. Je rêvais de retrouver le Planchon des débuts. Le saltimbanque, le fantaisiste, celui qui en construisant d’humbles palissades de bois peut réinventer Shakespeare mieux que personne. À chaque fois il me donnait son accord, puis quelques jours plus tard changeait d’avis et me proposait une de ces productions "Planchoniennes" lourdes et déjà vues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je refusais évidemment. Je voulais le Planchon libéré des années du TNP. Du coup, nous ne fîmes rien ensemble. Nous nous téléphonions régulièrement. Une fois un projet a failli se faire. J’avais décidé d’organiser la tournée. Aucune des grandes maisons de théâtre ne désirait accueillir Planchon. Je me suis heurté à des refus systématiques : "Trop vieux !", "Dépassé !", "Inutile !", "Insupportable !", etc…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après son éviction impitoyable du TNP, Planchon a beaucoup souffert. Il a été maltraité malgré les arrangements de dernière minute. Il était comme un éléphant blessé qui ne sait pas pleurer. Sa solitude fut grande. Peu de mains se sont tendues. Il a retenu sa colère, il a accepté de ne plus "être à l’ordre du jour". Malgré tout, il a cherché le théâtre partout où il pouvait s’inventer. Que de lectures de ses pièces n’a-t-il pas fait ! Il est redevenu l’humble paysan de son Ardèche natale. Rude à l’épreuve. Digne aux chagrins. Conscient que la gratitude n’est plus de ce monde. Comme il m’a ébloui cet homme même pas voûté, aux épaules encore énergiques, si pressé de tout, si impatient de l’avenir, si peu ému par le passé. Je l’ai aimé comme un père, comme un frère. Devant ce bloc on ne pouvait qu’avoir le vertige.&lt;br /&gt;Si seulement tous ceux qui l’ont méprisé, abandonné pouvaient se taire aujourd’hui, ne rendant que des hommages délirants d’hypocrisie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était un monstre. Une sorte de Michel Simon. Je n’en reviens pas que son cœur ait lâché. Lui, l’infatigable travailleur des jours et des nuits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je bénis le ciel de toutes ces heures passées avec lui. J’étais devant Dieu le père. Il n’y a pas d’autres mots !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-8011053193115880943?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/8011053193115880943/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=8011053193115880943' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8011053193115880943'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8011053193115880943'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/05/dieu-le-pere.html' title='Dieu le père'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5791764320519962764</id><published>2009-04-30T11:55:00.001+02:00</published><updated>2009-04-30T11:58:24.703+02:00</updated><title type='text'>Souvenirs de Laurence</title><content type='html'>Avant, j’avais beaucoup grossi, et personne ne me le faisait remarquer. Maintenant j’ai maigri (9kg) et tout le monde me le fait remarquer. Bizarre !!!&lt;br /&gt;Cela dit, si j’ai décidé de maigrir, c’est le jour où un ami m’a dit : « Maintenant tu es taillé pour jouer De Gaulle. » Ça m’a tellement affolé que j’ai décidé de me surveiller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on y pense, c’est quand même stupéfiant d’être au monde. D’exister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a une semaine, c’était, sur sa pierre tombale, l’anniversaire de la mort d’une collaboratrice, qui fut 10 ans près de moi dans le travail. Elle est quasiment tombée malade à quelques jours d’intervalle de la naissance de ma fille Marie. La maladie fut longue, irrégulièrement douloureuse, parfois absente puis ressurgissant de nulle part, discrète mais obstinée. Une sorte de maladie qui prend son temps. Laurence la nia, l’amadoua, la combattit, l’éloigna, la prit au sérieux, enfin tenta toutes les stratégies possibles. Mais, à la fin, la maladie n’eut aucune pitié et les derniers jours furent au-delà de l’imaginable. Elle, si fidèle, si amoureuse de son homme, de ses enfants, de sa famille, du théâtre, de la vie qui va dans ce qu’elle a de plus imperceptible… Nos relations furent parfois houleuses (elle ne cédait jamais). Ses idées étaient très arrêtées. Elle ne changeait jamais d’avis. Pourtant, elle m’accompagna sans jamais la moindre trahison. Peut-être m’a-t-elle appris ce que c’était que de respecter l’autre : l’affronter sans coup bas, le suivre en conscience, le contredire sans l’influencer, être libre en lui faisant savoir qu’on est là. Pour toute l’équipe du théâtre, elle fut exemplaire d’intégrité, de courage et d’amour. Comme elle a aimé cette maison où je suis encore ! Jamais elle n’aurait manqué à sa parole, à son devoir et à ses engagements. C’est la vie qui ce jour-là a singulièrement manqué d’élégance, en se retirant de sa gorge dans un souffle si rauque qu’il nous fit peur à tous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette célèbre formule de Jean-Jacques Rousseau : « Commençons par écarter tous les faits car ils ne touchent pas à la question. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La saison prochaine, nous allons reprendre quatre de nos créations qui furent marquantes et contribuèrent à faire de La Croix-Rousse ce qu’elle est aujourd’hui. C’est comme une sorte d’état des lieux : Molière, Musset, Zola, Andersen. Quatre écrivains qui chacun à leur manière ont transfiguré la réalité, n’ont pas adhéré au sens commun, sont demeurés parfois comme étrangers en leur temps, ont été du côté du petit contre le grand, du faible contre le fort, ont été des travailleurs infatigables. Tous les quatre, dans leur confrontation au monde, ont cherché à dépasser le quotidien des vies ordinaires pour savoir en fin de compte de quoi est capable l’être humain. Une sorte de radiographie de l’âme. Cet état des lieux artistique traduit sans doute mon besoin de reprendre mon souffle après 10 ans d’une intense activité. Les années qui viennent vont exiger du théâtre (en général) qu’il nous sauve de toute résignation. Qu’il nous donne plus que jamais le désir de réinventer nos vies. Qu’il nous donne la force de croire les uns dans les autres. Salutaire état des lieux. Décidemment, nous ne sommes rien sans les poètes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces jours-ci, je dois prendre une décision difficile puisqu’elle exige d’être absolument lucide et surtout d’en tirer les conséquences. Il faut donc accepter de se remettre en question, et de retrouver une humilité qui, dans le feu de l’action, nous échappe parfois. Se débarrasser de tout orgueil et, comme dirait l’autre, l’orgueil colle à la peau comme un sparadrap trop performant. Alors… En tout cas, décider en son âme et conscience est une des responsabilités premières de l’être humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélène, ma collaboratrice, s’en va vers d’autres cieux. Elle est arrivée chez nous à un moment extrêmement délicat. Elle sait être délicate. Et si, ici, à la Croix-Rousse, nous avions la spécialité de créer de la délicatesse ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P.S. : La décision est prise. &lt;br /&gt;Je repense à ce dialogue avec Georges-François Hirsch, directeur de la DMDTS : « Promesse de l’Etat ne vaut pas engagement. » &lt;br /&gt;Au fond la décision fut facile à prendre…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5791764320519962764?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5791764320519962764/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5791764320519962764' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5791764320519962764'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5791764320519962764'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/04/souvenirs-de-laurence.html' title='Souvenirs de Laurence'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-6671092390472543797</id><published>2009-04-16T15:13:00.002+02:00</published><updated>2009-04-16T15:18:16.193+02:00</updated><title type='text'>Quoique je me suis mis à aimer les chats</title><content type='html'>Dans la vie d’un artiste, deux seules vérités existent : l’obstination et la capacité à se remettre en question. Lorsque ces deux vérités se télescopent, le corps et l’esprit en prennent un coup. C’est l’électrocution assurée. Parfois même pire : la dépression. S’impose une évidence. Il faut alors un certain courage pour croire en soi. Osons le dire : les artistes sont des êtres courageux. Ce sont par la même occasion de grands brûlés !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La saison 2009/2010 était prête. Et puis soudain, une responsabilité soudaine et brutale surgit. Une nouvelle saison pour dire quoi ? Il ne s’agit pas d’additionner tant de spectacles aussi beaux soient-ils ! Il s’agit de proposer une vision. Quelle vision ? Pour quelle réalité ? Pour quelle espérance ? Et quelle humanité à la fin ? Alors c’est le branle-bas de combat. On se dit que l’on est indigne de notre rôle. Trop limité. Trop paresseux. Trop terre à terre. On s’affole et puis on se ressaisit. Il n’est pas interdit de s’améliorer. De retrouver une intelligence fatiguée. Il n’est pas interdit de se tenir droit. "La droiture" est un mot que j’adore. Un mot qui m’inspire. Même si parfois j’ai tendance à voûter les épaules, ce que ma compagne déteste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Partout des portraits dithyrambiques de Jean Dujardin. C’est réellement un acteur génial. Il a ce qui ne s’apprend dans aucune école de théâtre : &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;la grâce&lt;/span&gt;. Sainte Marie pleine de grâce, merci de parfois la partager avec des acteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons quelques instants sur &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Des anges mineurs&lt;/span&gt;, spectacle de Joris Mathieu. C’est un bricoleur de théâtre né. Ça pourrait paraître laborieux et ça prend tout son sens. Les images sont très sombres mais quelque chose flotte ; comme la recherche d’une nudité enfouie. Rencontré à cette occasion Hortense Archambault, co-directrice du festival d’Avignon. C’est une femme qui gagne à être connue. Elle est douce et fraternelle. Le lendemain, c’est l’autre co-directeur, Vincent Baudriller, qui est venu. Comme je n’étais pas là, je ne sais pas si lui aussi est doux et fraternel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Conversation téléphonique avec René Gonzalez (qui était dans ses Cévennes), conversation d’une intimité bouleversante. Nous n’avions plus peur de nous-mêmes puisqu’entre nous, il y a le respect de ce que nous sommes et de ce que nous ne sommes pas (ou plus !).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque Simenon a cessé d’écrire, il s’est mis à publier une trentaine de livres qu’il appelait ses dictées (il dictait une heure par jour ses pensées au magnétophone). Lui, "le monstre littéraire" croquait son quotidien (de sa minuscule maison suisse) avec une banalité sidérante. J’ai été très frappé par ces dictées décourageantes de petitesse. Pourtant je les ai lues et relues comme fasciné. Au fond, il cherchait à taire le drame de la vie, pour toucher au silence de la vieillesse et donc de la mort. Simenon est un petit homme qui dépasse tous les autres : tous les grands hommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On vit avec la peur panique que personne ne voit rien de ce que l’on fait de bien. Et cette peur-là est fatigante, pour le moins usante. Elle donne parfois envie de ne rien faire, pire de faire n’importe quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre peur, celle de ne pas utiliser son temps comme il faut. Le drame c’est qu’on est seul avec soi-même à savoir qu’on utilise mal son temps. Qu’on triche. Or tricher avec soi-même est désespérant. De là à dire que tous les désespérés sont des tricheurs serait exagérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre peur : accepter qu’il y a plein de choses que nous de ferons jamais ici-bas : des petites et des grandes. Ça aussi ça n’arrange pas nos affaires !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fond, on passe notre temps à combattre nos peurs. C’est que l’on voudrait tellement être meilleur que nous sommes. Une seule solution : travaillons à vivre heureux, jamais au détriment des autres. Travaillons à donner l’exemple. Pas le mauvais exemple. Mais l’exemple qui crée de la richesse pour les autres.  Oserais-je dire que je n’aime pas les gens qui s’enrichissent. C’est dégoûtant et si inutile !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu deux films magnifiques : de Clint Eastwood &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Gran Torino&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Slumdog Millionnaire&lt;/span&gt;. Deux films profondément humains. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;L’humain&lt;/span&gt;, il n’y a que ça de vrai. Son contraire est terrible : inhumain !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup vu Adjani ces temps-ci (TV et presse). Mais bon sang qu’est-ce qui lui arrive ? On ne la reconnaît pas. Où est passée l’Adjani de Truffaut ? L’Adjani de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Camille Claudel&lt;/span&gt; ? Eh ! Isabelle reviens-nous, t’étais si belle. A te voir ces temps-ci si changée, tu nous fais mal et peur !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« On gémit et on souffre lorsque la vie est dure mais on ne chante pas ou pas assez fort lorsqu’elle est tendre. » (Christophe André)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On prend un temps infini à ruminer. La rumination aggrave les angoisses. Alors, on permet seulement aux vaches de ruminer car elles sont nées pour ça. Pas nous !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du nouveau à propos de la situation de la Croix-Rousse. De son label (comme on dit). C’est presque irréel. D’ailleurs depuis la nouvelle j’ai du mal à ressentir de la joie. C’est que le combat fut si long et si truqué, si décevant. Qu’aujourd’hui, notre Ministère de la Culture nous sorte de la situation par le haut… il va me falloir du temps pour le réaliser. Très vite, j’entre dans les détails. Mais je pense à tous ceux, anonymes, qui ont cru en notre combat, qui se sont mobilisés, inquiétés, déplacés. Je pense à Gérard Collomb, Jean-Jack Queyranne, au préfet, à Jérôme Bouët et maintenant Alain Lombard, à d’autres ici et là ; Patrice Beghain, aujourd’hui à Georges Képénékian, aussi à Bertrand Prade, à Abraham Bengio. J’en oublie tant et tant. À toute l’équipe du théâtre qui n’a pas douté, qui m’a fait confiance. Je pense à notre responsabilité nouvelle, mais comme je l’ai toujours dit, je pense que la reconnaissance aujourd’hui décidée est méritée. Demain elle sera rendue publique. Elle appartiendra donc au peuple de la Croix-Rousse (c’est ainsi que je prends l’habitude de nommer le public qui remplit soir après soir la grande salle de notre théâtre). Et tant pis pour ceux qui dans cette affaire m’ont accusé d’être un imposteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La solidarité (par rapport à la générosité) n’est jamais désintéressée. Elle est une convergence d’intérêts (André Compte-Sponville). Voilà matière à réflexion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette phrase d’Antoine de Saint-Exupéry au hasard d’une publicité : « La grandeur d’un métier, c’est d’unir les hommes. » Le drame dans notre temps moderne c’est que les métiers tombent comme des mouches au champ de bataille des restructurations, et cette hécatombe désunit les hommes puisqu’elle crée la pire des injustices. Il y a ceux qui ont du travail et ceux qui n’en ont plus… Saint-Exupéry qui disait aussi que « l’essentiel est invisible pour les yeux. » Disons que l’essentiel a changé de nature, l’essentiel c’est de ne pas être au chômage. Et ça, quand ça arrive, on a plus que ses yeux pour pleurer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ruminer, c’est ne pas réfléchir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S’émerveiller nous donne toujours l’impression de commencer. Côté émerveillement, je suis plutôt bon candidat. Parfois ça frise l’enfantillage. Toujours est-il que je suis dans un perpétuel commencement. Donc je ne crée pas d’&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;habitudes&lt;/span&gt;. C’est que l’enfance n’est pas encore si loin de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;René Gonzalez me citait Paul Valéry : « Il faut chaque jour réinventer sa vie. » En tout cas, depuis quelques mois, j’ose dans ma vie personnelle être d’une sincérité absolue (ce qui n’est pas si évident que ça en a l’air), j’agis au grand jour. Je recherche sans cesse la liberté de donner aux autres ce qu’il y a de mieux pour eux. Une bienveillance s’est emparée de moi. Je refuse tout jugement négatif. Je &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;rassemble&lt;/span&gt; autant que faire se peut. Je veux croire que mes actes sont utiles à inventer un avenir loin de toute querelle, loin de tout gémissement. Au-delà de mon métier et de son égo, je désire être un homme simple, que les enfants regardent avec confiance. C’est peut-être que j’ai conscience de quand tout est fini, il ne reste que ce que l’on a donné. Tout le reste est du pipi de chat. Quoique je me suis mis à aimer et à ne plus avoir peur des chats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P.S. : « Je ne parle pas mes mots&lt;br /&gt;Ce sont mes mots qui me disent&lt;br /&gt;Et qui me réconcilient. »&lt;br /&gt;(Henri Meschonnic)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-6671092390472543797?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/6671092390472543797/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=6671092390472543797' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6671092390472543797'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6671092390472543797'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/04/quoique-je-me-suis-mis-aimer-les-chats.html' title='Quoique je me suis mis à aimer les chats'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5273837647630446409</id><published>2009-04-01T11:38:00.001+02:00</published><updated>2009-04-01T11:40:14.323+02:00</updated><title type='text'>Libres, les enfants : Libérés !</title><content type='html'>J’ai beaucoup d’enfants dans ma vie. Deux de deux mères différentes. Une autre que j’ai adoptée. Deux autres qui sont là par le heureux hasard d’une rencontre amoureuse. Cinq enfants donc. Deux filles, trois garçons. Avec des différences d’âges invraisemblables, de caractères, de préoccupations aux antipodes. Un petit monde rassemblé. Et ces enfants sont dans la vraie vie. Dans l’action. Ils ne cherchent à régler aucun compte. Ils ne soulèvent aucun malentendu. Ils n’ont pas la méfiance catastrophique des adultes. Ils échappent à tous les codes. Ils sont libres d’être ce qu’ils sont. Ils ne nous préviennent pas de déceptions possibles. Ils n’ont pas de vérités toutes faites. Au fond, ils ne demandent qu’à être regardé, écouté, aimé le plus légèrement possible. Ils sont une leçon de vie. Et c’est beau. Vive les enfants qui se moquent de nos états d’âme comme de l’an 40. Comment est-il possible que des adultes fassent du mal aux enfants ? Se vengent sur eux ? Les abîment ? Les torturent ? De là, sans doute, vient que le monde se réfugie dans sa honte et se taise. Nulle autre responsabilité n’est plus enivrante que celle que nous donne la présence des enfants dans nos vies !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5273837647630446409?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5273837647630446409/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5273837647630446409' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5273837647630446409'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5273837647630446409'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/04/libres-les-enfants-liberes.html' title='Libres, les enfants : Libérés !'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-65615656277306418</id><published>2009-03-23T16:22:00.001+01:00</published><updated>2009-03-23T16:26:53.709+01:00</updated><title type='text'>Chaque être humain est une clarté</title><content type='html'>Pourquoi toujours cette confusion entre gentillesse et faiblesse ? Rien n’est plus néfaste que l’affirmation du "Moi je" ou alors il faut y mettre une bonne dose de ridicule, pour que l’affirmation permette de se moquer de soi. « L’air du temps est désormais à la féminité, à la douceur, à la tolérance et à l’altruisme. » affirme Michel Lacroix (philosophe, auteur de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Petite philosophie de l’épanouissement personnel&lt;/span&gt;). Le "Moi je" ne rend pas heureux. Il est la pire des prisons. La gentillesse permet de prendre conscience que l’on n’est pas seul au monde. C’est « une éthique du cœur » (Stefan Einhorn, cancérologue suédois, auteur de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L’Art d’être bon. Oser la gentillesse&lt;/span&gt;). Être gentil c’est être solidaire. C’est comme un supplément d’âme. Sans gentillesse les nourrissons dépérissent (se souvenir des orphelinats roumains). C’est aussi l’indulgence (accepter les faiblesses et les fragilités de l’autre). C’est enfin une manière de prendre soin de soi, de l’autre et donc du monde. Que la gentillesse soit !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Éprouver une solidarité inconditionnelle avec ce que la condition d’homme comporte d’insondable détresse. » (Pierre Cazenave, psychanalyste) &lt;br /&gt;Ces mots d’Emmanuel Carrère extraits de son dernier roman, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;D’autres vies que la mienne&lt;/span&gt;, à propos de l’un de ses personnages : « Nous sommes tous autour de Ruth réunis par l’idée que pour elle il y a encore moyen de faire quelque chose. De l’arracher au vide devant lequel elle se tient immobile, sans nous voir. De la sauver. » "Arracher au vide", quelle merveille d’expression !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Extrait de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Résidents de la République&lt;/span&gt; : « Un jour je courrai moins jusqu’au jour où je ne courrai plus. » Alain Bashung est mort. Il ne courra donc plus. Ces autres paroles extraites de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Gaby&lt;/span&gt; : « Bien plus belle que Mauricette qu’est belle comme un pétard qui n’attend plus qu’une allumette. » Encore extraites de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;J’croise aux Hébrides&lt;/span&gt; : « Respectez une minute de silence faites comme si j’étais pas arrivé. » Je repense au &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Malade imaginaire&lt;/span&gt; et à ses répliques vertigineuses : « Le Poumon », comme explication définitive de la fragilité humaine. Décidemment la mort aime le poumon des poètes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Continental va fermer laissant 1200 salariés au chômage. Il y a dans cette entreprise des métiers inconnus : "confectionneur de pneus", "inspecteur des produits finis". Ceux des "Ateliers mélange". Huile, graisse, carbone. La matière est toute noire et sale. Les pains sont de résine synthétique. Tout ce monde-là, ce monde du pneu, pleure toutes les larmes de son corps. Le prix d’un pneu est de 12 € ici et de 5,3 € en Roumanie. Et quand on sait dans quelles conditions vivent les roumains chez eux, on se dit que la lutte des classes est vraiment d’actualité. Toujours exploiter les plus faibles : les déposséder de tout avenir possible. C’est fou d’entendre en permanence la litanie de ces travailleurs exclus de leur travail… Que de larmes dans les petits matins froids des piquets de grève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aveu terrible de François Mauriac : « Nous nous obstinons à vouloir déifier la première âme venue. Mais plus nous y faisons des pas, plus l’irrémédiable nullité nous y apparaît de cette âme. » &lt;br /&gt;Autre extrait de l’un de ses poèmes adressé à Jean Cocteau : « Les irritants baisers de vos lèvres gercées… »&lt;br /&gt;J’ai toujours été fasciné par Mauriac. Cet "enfant chargé de chaînes". Ce désir de Dieu venu sur le tard, précédé de tous ces émois pour tant de jeunes hommes.  Émois cruciaux et coupables qui le conduisirent vers la fin de sa vie à une sorte de solitude de grand bourgeois, de respectabilité murmurée, chuchotée. Un homme à la sensualité bridée. Une sorte d’adolescent monstrueux avant d’être un patriarche du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Figaro&lt;/span&gt;. Malgré tout jamais résigné. Tout en souffrance. Il faut lire François Mauriac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre samedi après-midi à 17h, belle table ronde à La Croix-Rousse (salle au trois quarts pleine malgré le soleil du dehors). Le sujet "Camus/Sartre". Beaucoup de précisions dans les interventions. Je retiens celle d’Abraham Bengio à propos de la polémique autour de la publication de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L’Homme révolté&lt;/span&gt; de Camus et de la réponse finale de Sartre, après celle de Brisson. C’était aussi passionnant qu’un roman de Gaston Leroux. &lt;br /&gt;L’événement aujourd’hui, ce n’est plus un affrontement Sartre/Camus, c’est de savoir si Stéphane Guillon est méchant ou pas. Le monde a les polémiques qu’il mérite !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’en est fini de la mode des vide-greniers. Les temps sont aux vide-frigos… À Paris, on vend les produits périmés sur les trottoirs. &lt;br /&gt;Ce titre dans un journal : « Pour les familles sans argent, les prix bas (très) sont le prix du risque ! » Mères célibataires, retraités, handicapés, étudiants, tous dans la même galère : les nouvelles grandes surfaces s’inventent sur les trottoirs parisiens. Fallait y penser !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu pour la première fois une photo de Maurice Utrillo. Il peignait toujours en pyjama rayé. Il fut beaucoup interné à Sainte Anne dans sa vie. La première fois à 21 ans. Il dira : « J’étais arrivé à l’état d’alcoolique pur. » Il s’échappe des asiles et des cliniques. Utrillo ne va pas sans sa mère Suzanne Valandron. Ils passeront leur vie à se rater. J’ai écrit dans le passé une sorte de biographie imaginaire de Modigliani : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Moi j’étais femme dans les tableaux de Modigliani&lt;/span&gt;. C’était une époque sur laquelle je me suis beaucoup penché. Et j’ai eu le vertige tant la beauté était, pour ces peintres, une exigence démesurée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai toujours eu un grand pouvoir d’admiration. Peut-être ai-je toujours eu conscience de mes insuffisances, d’un talent parfois gâché, de malentendus bêtement créés, et au fond de n’être que ce que je suis. Alors il ne reste plus qu’à se réfugier dans l’esprit de ceux qui ne renoncent pas, qui n’ont jamais renoncé. Ai-je à dire que j’ai moi-même renoncé ? Bien sûr que non ! Mais les limites sont plus douloureuses à franchir, car la lucidité impose sa loi. Le désir d’écrire à nouveau me revient, lancinant. Prendre le risque d’écrire encore, de s’exposer, d’expier sa vérité. De tenter une justesse, de faire naître une clarté. Car au fond, une fois débarrassé de nos mauvaises habitudes, chaque être humain est une clarté dans un monde si sombre ; Vivement toutes ces petites lueurs dans la nuit, comme autant de peuples libérés de leur propre ombre, de leur peur viscérale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-65615656277306418?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/65615656277306418/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=65615656277306418' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/65615656277306418'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/65615656277306418'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/03/chaque-etre-humain-est-une-clarte.html' title='Chaque être humain est une clarté'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7129331745954250639</id><published>2009-03-11T15:19:00.001+01:00</published><updated>2009-03-11T15:21:23.064+01:00</updated><title type='text'>Trois hommes remarquables</title><content type='html'>Cette confidence de Vincent Lindon au hasard d’une interview à propos de la sortie de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Welcome&lt;/span&gt; : « J’aime les personnages qui ont des rédemptions, qui apprennent, qui se dépassent. Les personnages qui commencent "gros con" qui regarde ses pompes mais qui finit homme debout et digne, s’intéressant à ce qui se passe dans la cité. » Plus loin encore, toujours Vincent Lindon : « Un acteur c’est une cible mouvante. Emouvante. » D’une certaine manière, Vincent Lindon est un acteur "que je n’ai pas vu venir" et aujourd’hui je m’aperçois qu’il est à hauteur d’homme. Plus loin encore, il évoque le fait que tout en étant surpuissant, les femmes ont envie de le consoler. Il me ramène à Marcello Mastroianni que j’ai aimé plus que tout, mélange de force, de charme, de détresse, sorte de funambule de l’amour, drôle et tragique dans le même instant, ayant toujours l’impression qu’il fume sa dernière cigarette (gros, très gros fumeur). La cigarette du condamné à mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelques années (4 ou 5), Vincent Lindon est venu à la Croix-Rousse pour assister au concert de Christophe. Souvenir impérissable. Christophe fait sa rentrée à l’Olympia. C’est archi-complet. Il devait revenir à la Croix-Rousse la saison prochaine, malheureusement cela n’a pu se faire. En 2008, il enregistre l’album Aimer ce que nous sommes. C’est cet album qu’il met en scène. Je l’ai "collé" de près lorsqu’il fut trois soirées chez nous. L’homme est à peine grand. "Miniature" l’on pourrait oser. D’une minceur rare. Une chevelure incroyablement dense qui tombe généreuse sur ses frêles épaules. Son visage est émacié. Les traits nets mais sans traduire quelque âge qui soit. C’est un visage secret. D’un certain genre. Impassible mais foudroyant. Et puis, il y a ses yeux dissimulés derrière ses lunettes noires. On les sent, on les devine, leur absence vous transperce. Christophe est un homme de la nuit. Et tout chez lui appartient au monde de la nuit. Sa voix étrangement chuchotée et aiguë. Ses postures, celles d’un dandy préservé de la réalité du quotidien. Sa tenue vestimentaire : venue d’ailleurs, d’un monde où tout est envisageable. La nuit est le repaire des fauves. Son Aline a provoqué des milliers de mariages et le voilà rock star avec une facette underground. J’avais beaucoup parlé avec lui. Mais parle-t-on avec la nuit ? On la respire. Voilà la vérité. J’ai donc respiré Christophe et c’était bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre personnage dans l’actualité : Olivier Py qui remonte &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Soulier de satin&lt;/span&gt; à l’Odéon. Il dit à propos de son rôle de directeur d’une des plus importantes maisons de théâtre d’Europe : « Diriger ! Je déteste ce mot. Je déblaye le terrain. » L’aveu est magnifique. Je me sens aussi chaque jour qui passe un déblayeur de terrain. Il n’a pas peur de se mettre en scène. Il transgresse l’idée que le poète doit être un homme de l’ombre. Il lance des piques aux critiques, aux politiques. Il court après le temps. Il est obsédé par tous ces poètes morts ou vifs. Nous l’avons invité à deux reprises à la Croix-Rousse. Comme Rodrigue, il rêve d’abolir les frontières. Et Claudel qui déconne, qui tragédise, qui comptine, qui prie et qui déprie (pardon pour les mots inventés). Et pour Py, cette obsession du Chrétien qui montre ses fesses, qui veut se « farcir la rondelle ». Décidemment le théâtre est tout. Il y a le verbe et le sexe. Il y a l’amour des autres. Vivement que Py revienne à la Croix-Rousse et que je le regarde travailler comme un enfant regarde une crèche de Noël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà trois hommes, Lindon, Christophe et Py, qui nous donnent envie d’être encore plus vivants, d’être dignes, de ne pas tricher. Marre, marre, marre des tricheurs. Vive les "fous d’amour" !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de gens me témoignent leur surprise en lisant ce blog. C’est que souvent j’y suis d’une grande impudeur. J’avoue des faiblesses, des chagrins, que d’habitude on garde pour soi. Au fond, j’expie mes fautes. Pour "s’élever" un peu, il faut se délester de notre part de lâcheté, de douleurs, de mesquineries et de mensonges. Au sens "claudélien" du terme, il faut se purifier. Il m’a fallu apprendre à donner sans attendre de retour. Donner pour donner. Pour la beauté du geste. Pour faire le bien. Pour fuir cet égoïsme qui nous tient serrés dans ses  mains. Et oui ! l’égoïsme a des mains, noueuses, paysannes, avec des doigts aussi forts qu’une tenaille. J’aime cette idée que l’on se mette à nu. Finie la mascarade du déguisement. Il faut s’exposer pour ce que l’on est. J’aurai d’ailleurs, dans les semaines qui viennent, l’occasion de m’exposer dans le ridicule de ce que j’ai été, de ce que je suis peut-être encore, mais de ce que je n’espère plus être à l’avenir et l’avenir c’est maintenant, donc pas de temps à perdre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelqu’un me dit comme un reproche : « Tu es insaisissable. » Je lui réponds que j’ai tellement de rêves de "beau" que parfois, devant la maigreur des beautés apparues, j’ai des tendances à m’évanouir, et pourquoi ne pas le dire, à pleurer comme un enfant qui réalise qu’il est à l’orphelinat. Son père et sa mère sont morts. Cela dit, la vie est belle. Parce qu’elle exige tout de nous. Surtout l’impossible et contrairement à l’adage, à l’impossible nous sommes tenus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7129331745954250639?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7129331745954250639/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7129331745954250639' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7129331745954250639'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7129331745954250639'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/03/trois-hommes-remarquables.html' title='Trois hommes remarquables'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-4428389656426822929</id><published>2009-02-27T15:11:00.002+01:00</published><updated>2009-06-02T10:23:11.866+02:00</updated><title type='text'>De la peau sous les doigts</title><content type='html'>En à peine trois mois, j’ai changé trois fois de vie. Une première, j’ai quitté ma vie d’avant. Celle qu’on met un temps infini à quitter, parce qu’une sorte de lâcheté ordinaire s’est emparée de vous. Une deuxième, qu’on appellerait la nouvelle vie. Contre toute attente, dans cette vie-là, je fus méprisé au-delà de l’imaginable. Pas le choix donc, il m’a fallu quitter cette deuxième vie. Et aujourd’hui j’aborde une troisième vie. À mon âge, normalement, on devrait avoir bétonné ses arrières, s’être fait une raison, accepter son sort. En un mot, s’être installé dans une certitude. Or, me voilà plus disponible que jamais, ayant réglé le compte de mes vies précédentes. Deux décisions prises : deux départs. Peut-être même deux évasions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a plus de dix ans, j’ai écrit une pièce qui s’appelait « La Caresse », jouée, entre autres, par Catherine Mouchet. Très gros succès à l’époque (la Colline, le TNS, etc.). J’ai toujours été fasciné par la peau, et donc par les caresses. Qu’il est mystérieux ce geste de caresser un corps de femme. Et puis cette idée que les caresses, justement, s’évanouissent sur la peau. Qu’il n’en reste rien. Qu’elles sont toujours à réinventer. J’aime caresser des heures durant. Ce moment où l’on ressent la légèreté des doigts dans une courbe… Au fond, ce qui est beau dans les caresses, c’est qu’elles interrogent « l’insoutenable légèreté de l’être » pour reprendre le titre du roman de Kundera. Pourquoi est-ce que je repense à cette pièce ? Peut-être parce que je rêve de peau sous mes doigts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lu le très beau roman d’Olivier Adam : « Des vents contraires ». Une histoire bouleversante d’un père seul avec ses enfants. Il veut sauver le monde et lutte avec une infinie tendresse contre les menaces qui pèsent sur leur vie. C’est lumineux. Sa femme a disparu sans plus jamais faire signe. C’est un roman d’une fraternité bouleversante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La saison 2009/2010 est prête. Puisse-t-elle plaire autant que la saison 2008/2009. Beaucoup de surprises. Des chocs esthétiques. Du répertoire. De grandes actrices. De la danse. De l’opéra. Et puis, peut-être en début de saison,  un « Moi tout seul » ou un « Tout moi ». Oserais-je dire que depuis mes deux évasions j’ai des fourmis dans les jambes, et des palpitations dans le cœur. Présentation de saison le 25 mai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien n’est plus mortel que les gens éternellement insatisfaits. Comme si rien ne valait rien et tout valait tout. Comme si ne pas choisir était une protection nécessaire. J’aime me satisfaire de ce qui est. J’aime décider que ce choix-là est le bon choix. Je me fous de savoir si j’ai raison ou tort. Je n’ai pas d’estime pour celui ou celle qui ne sait pas s’engager. Celui ou celle qui réfléchit constamment sur la nature des choses. Celui ou celle qui fait le pari que l’avenir pourrait être plus favorable. J’ai toujours pensé que l’avenir c’était maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, première de « On purge bébé ! » de Feydeau. Mise en scène de Laurent Brethome. C’est du théâtre brut de décoffrage. Feydeau repoussé dans les cordes, et renvoyé au milieu du rang des conventions bourgeoises. C’est pas du théâtre léché (ni lèche-cul). C’est du théâtre « à l’arrache ». Et le public a fait un vrai succès à ce Feydeau pas joli à regarder, ni agréable à digérer (pour cause de purge), mais salutaire à recevoir en pleine figure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;90.000 chômeurs de plus en janvier. Ce chiffre ne cesse de m’obséder. C’est un peuple qui, mois après mois, se forme. Le peuple des chômeurs de France. Je pense à la chanson de Reggiani « Les Loups ». Ça dit à peu près ça, autant que je m’en souvienne : « Les loups ! Les loups sont entrés dans Paris… De par ici, de par Ivry… » etc. Chanson prémonitoire s’il en est… Est-ce qu’il n’est pas temps d’inventer un gouvernement d’union nationale ? J’ai entendu Ségolène Royal être favorable à cette idée. Pour une fois je lui donne entièrement raison. Dépassons les clivages politiques, et ne laissons pas se former le peuple de la désespérance…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mercredi soir, nuit blanche. À 4h du matin S.O.S. médecin. C’est qu’une peur soudaine m’était tombée dessus. Et si c’était la peur de ne pas être à la hauteur ? À la hauteur de quoi ? Le médecin en question était, par le plus grand des hasards, spectateur assidu de la Croix-Rousse. En partant (sans rien avoir décelé), il m’a dit : « J’aimerais bien être à votre place ». J’avoue qu’après je n’ai pas pu m’endormir. Qu’est-ce qu’il avait voulu dire par là ? Il faut que je le rappelle d’urgence pour lui demander des explications…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Demain matin, samedi, séance de travail extrêmement décisive à la Croix-Rousse. Toutes les têtes pensantes du Ministère seront là. J’apporterai des viennoiseries et du jus d’orange. Sera-ce suffisant pour qu’elles (les têtes) pensent juste ? That is the question ! (On y revient !)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a longtemps, sur le blog, j’évoquais ce mot merveilleux de « blotissement ». Il y a un autre mot que j’adore, c’est « la délicatesse ». Ce mot est secret comme un chat. Aérien comme un souffle. Profond comme le centre de la terre. Il est à manier avec des gants. Blancs de préférence. Il fait peur parce que d’une fragilité extrême. Il se casse au moindre coup de colère, à la moindre injustice. Il ne supporte pas l’égoïsme auquel cas, il renonce immédiatement. Il est comme un signe  indien. Comme un frisson inconnu. « La délicatesse » est une aventure à tenter sans attendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-4428389656426822929?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/4428389656426822929/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=4428389656426822929' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4428389656426822929'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4428389656426822929'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/02/de-la-peau-sous-les-doigts.html' title='De la peau sous les doigts'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-940043598710593743</id><published>2009-02-24T11:16:00.000+01:00</published><updated>2009-02-24T11:17:07.658+01:00</updated><title type='text'>Retour au blog</title><content type='html'>Long silence du blog (plusieurs semaines : 6).&lt;br /&gt;Et pourtant, je n’étais pas mort.&lt;br /&gt;J’étais comme absent de moi-même ?&lt;br /&gt;J’étais dans l’absence de l’autre.&lt;br /&gt;Et c’est le genre d’attente qui vous mine de l’intérieur. On se dit que l’autre est dans la même souffrance, que du coup il y a une sorte d’équilibre dans ce temps terrible de l’absence. Mais pas du tout. L’autre vit sa vie et se jette dans des bras disponibles. C’est une autre manière de passer le temps ! Au fond, chacun fait ce qu’il veut de son temps libre. Quand je pense que certains prétendent que le couple n’est pas un modèle de démocratie !&lt;br /&gt;Mais pourquoi diable aime-t-on toujours celle qui ne vous aime pas ?&lt;br /&gt;C’est si simple et si doux d’aimer celle qui vous aime ?&lt;br /&gt;Voilà bien une question dérangeante.&lt;br /&gt;La plupart du temps, on s’obstine douloureusement. Peut-être a-t-on l’impression que l’amour se conquiert, alors qu’évidemment il se donne.&lt;br /&gt;Reprenons donc nos esprits, et soyons attentifs à celle qui a envie de vous aimer. C’est ce désir qui rend amoureux. Puisque tout naturellement nous n’existons que dans le regard de l’autre. S’il n’y a plus de regard posé sur nous, nous sommes tout juste bons à jeter aux oubliettes, ou alors à s’inventer une vie de célibataire. En un mot, à décider que l’on se suffit à soi-même. J’ai toujours pensé qu’être amoureux est le sens de la vie. Parfois il convient d’admettre que l’autre vous regarde de travers. Alors il faut prendre ses jambes à son cou et s’enfuir dans la tendresse de celle qui n’existe pas encore et qui n’existera que lorsque vous serez-là !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un très haut fonctionnaire du Ministère de la Culture me dit à propos d’une promesse de l’Etat : « Promesse ne veut pas dire engagement. » Je n’ai pas pu m’empêcher de lui rétorquer que du coup il n’était pas étonnant d’en être là où nous en sommes en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fin de semaine risque d’être décisive quant à l’avenir de la Croix-Rousse. Il n’est pas encore temps de rentrer dans les détails. Toujours est-il qu’une certaine tension règne (j’y reviens vite).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, première de La Douleur. Blanc. Duras. Chéreau. Salle prise d’assaut. Triomphe absolu. Salle debout. Applaudissements quasi frénétiques. Dominique Blanc est une femme merveilleusement douce. J’ai été frappé par la façon qu’elle a de beaucoup vous remercier comme toujours consciente que nous ne sommes rien les uns sans les autres. Son interprétation du texte de Duras est délicate, sobre, tout juste grave, pleine d’innocence, d’une profondeur jamais appuyée. Son art est juste en équilibre entre la réalité et l’imaginaire. C’est beau et humble. C’est d’une humanité discrète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lis une longue interview d’Emmanuelle Seigner. Belle actrice (que j’adore) qui parle de son couple avec Roman Polanski. Elle dit : « Roman Polanski vous aime même si vous êtes vieille et moche. C’est chouette la longue route. » (Ils sont mariés depuis 20 ans.) À propos de ces 20 ans de mariage, elle dit : « Au bout de si longtemps ça devient bien. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a la brutalité des temps.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, il y avait l’éclaircie de mes filles. Tous les trois, Marie (10 ans), Marline (8 ans) et moi, avons cédé à ce moment délicieux où je les habille. L’une me tient la main. L’autre s’accroche à mon bras. Et nous voilà dans un grand magasin à la mode. Elles rient, elles s’amusent de notre trio infernal. Elles sont heureuses que je sois là au milieu d’elles. Depuis plusieurs semaines, je ne partage plus leur quotidien. Alors, cet après-midi, c’est une sorte d’échappée belle. Nous décidons qu’aujourd’hui je ne chercherai pas à influencer leurs choix. Elles s’habilleront comme elles le désirent. Quel bonheur, quelle chance que de pouvoir leur faire plaisir ! Les voilà virevoltantes devant les rayonnages du magasin. Elles s’échappent, reviennent, disparaissent, elles sont partout à la fois. Marline est attirée par tout ce qui a des couleurs vives. Marie avec son mètre cinquante-cinq s’aventure vers tout ce qui peut la rendre femme. Elle est coquette, séductrice, un peu canaille. L’une et l’autre sont amoureuses de la vie, et moi je suis un père amoureux. Les vendeuses s’extasient devant leur joie de vivre. C’est un peu épique ! les essayages sont relativement délirants. Une maman me félicite de mon calme. Une très jolie maman d’ailleurs !... Je tente de contrôler leur frénésie et, par là même, la situation. Les choix s’additionnent. Peu à peu, elles se transforment sous mes yeux. Ce ne sont pas des petites princesses, mais des filles bien dans leur peau. Je remarque leurs yeux rieurs. Elles se collent régulièrement à moi. Elles égrènent des « Papa » étonnés et infiniment tendres. Nous sommes les rois du monde. Je ne cesse de les regarder. Il y a chez elles le goût de vivre, d’être attentives. Et puis on passe à la caisse. Marline est encore trop petite pour atteindre le comptoir. D’un bond, elle saute sur la banque. Marie affole ses cheveux. Elle sort de chez le coiffeur. Nous avons acheté une dizaine de vêtements. Elles me remercient. Au retour, nous parlons beaucoup. Je leur explique. Les sujets se mélangent. Elles s’étonnent de tout, sont d’une curiosité insatiable. Elles veulent tout savoir. Me racontent leurs petites histoires. J’ai l’impression que nous ne touchons plus terre. Nous nous envolons peu à peu. Nous sommes au-dessus du monde. Leur légèreté est bénie. Je suis béni. C’est décidé, dimanche, je les emmène au cinéma. Et les voilà qui me disent qu’elles m’aiment. Je n’en reviens pas. À ce rythme-là, nous volons jusqu’à Fourvière sans coup férir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Infiniment heureux d’avoir repris la parole sur mon blog. Aujourd’hui beaucoup de confidences personnelles. Quasi intimes.&lt;br /&gt;Je sais bien que toute cette fragilité dévoilée peut surprendre, décontenancer. C’est que cette fragilité-là, d’une certaine façon, m’a beaucoup trahi. &lt;br /&gt;Alors pourquoi ne pas l’assumer au grand jour. Ils me font rire, ceux qui m’accusent de faire sans cesse de l’autosatisfaction, d’être amoureux de moi-même, d’être nombriliste, d’une prétention indécente. Ceux-là, qu’ils viennent faire un tour dans ma vie privée comme on dit ! Ils auront la surprise de constater que je pleure plus souvent qu’à mon tour… Mais aujourd’hui, j’ai décidé de ne plus pleurer. Je veux être un homme libre, et si la chance s’y met : amoureux. Il n’y a pas de plus grande chance au monde que d’être aimé ! Enfin, on n’est plus seul avec soi-même. Comme délivré…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme ils ont raison ceux qui disent : « Faure est un grand sentimental. » Ils le disent parfois avec ironie, parfois avec tendresse ou étonnement. Parfois même avec respect. Toujours est-il qu’ils ont raison dans tous les cas de figure : J’assume, comme j’assume d’être un homme de théâtre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-940043598710593743?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/940043598710593743/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=940043598710593743' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/940043598710593743'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/940043598710593743'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/02/retour-au-blog.html' title='Retour au blog'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-276240848561750020</id><published>2009-01-16T15:13:00.001+01:00</published><updated>2009-01-16T15:15:21.668+01:00</updated><title type='text'>Dans la froidure de l’hiver</title><content type='html'>Revu en partie hier soir à la télévision &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Lucie Aubrac&lt;/span&gt; de Claude Berri. La Résistance est une période qui m’a toujours impressionné. À plusieurs reprises, j’ai tenté d’écrire une pièce sur ce moment d’histoire. Malheureusement, toutes mes tentatives sont restées vaines. L’idée est ancrée en moi et je ne désespère pas un jour de trouver "le bon angle d’attaque", si j’ose dire. &lt;br /&gt;Pour en revenir au film, je suis fasciné par l’interprétation de Patrice Chéreau en Jean Moulin. J’adore cet acteur (comme metteur en scène, il est mon dieu avec Antoine Vitez). Ce visage impassible, bouche serrée, yeux quasi exorbités "pris" dans une sorte de fixité aux aguets, sa voix sombre et neutre, quelque chose de grave et de secret transparaît, comme l’inquiétude d’un drame qui couve. J’ai souvent aimé les metteurs en scène acteurs (Berri, Chéreau, Boëglin, Planchon, Jouvet…). Ils ont un poids qui impose un jeu retenu, presque silencieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cœur du film, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;la trahison&lt;/span&gt;. J’ai beaucoup été trahi dans ma vie, et jamais je n’ai su gérer une trahison. J’ai toujours été stupéfait que l’on puisse trahir "l’autre". Je n’ai jamais compris que l’on trahisse. Du coup, je n’ai jamais eu à pardonner car on ne pardonne que lorsqu’on a été blessé. Or, les trahisons ne m’ont jamais vraiment blessé. Je m’en suis désintéressé et j’ai abandonné les "traîtres" sur le bord de la route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, c’est un comble. La presse est pleine du retour de Jean-Marie Messier. Qui plus est, il s’exprime à longueur de colonnes sur son diagnostic de la crise financière. Décidemment, les journalistes n’ont peur de rien, eux qui l’ont assassiné à coups d’éditoriaux vengeurs. Moi, Jean-Marie Messier, ce qu’il dit, je m’en fous, mais alors à un point…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gros buveurs de café ont davantage d’hallucinations que les consommateurs normaux selon une étude britannique… Maintenant, je comprends mieux pourquoi j’hallucine aussi souvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Julien Dray aurait dépensé 350.000 € avec sa carte bleue. On dit qu’au plan politique il a pris du recul. C’est bien le moins, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;315 enfants palestiniens sont morts à Gaza. C’est incroyable qu’en 2009 les enfants viennent au monde pour mourir sous des pluies de roquettes. Pourquoi le monde ne veut-il pas être en paix ? avec lui-même. &lt;br /&gt;Vu un reportage sur des soldats dans un tank. Sincèrement qu’est-ce qu’il y a de plus con qu’un tank ? A quoi ça sert ? Ça sert à tuer, et ça tuer, on ne peut pas dire que ça serve à grand chose ! Si ce n’est à tuer encore. Et après, on fait quoi ? Non décidemment, le tank est l’une des inventions les plus cons qu’aient imaginées les ingénieurs. Il y en a d’autres, comme par exemple les sous-marins nucléaires. Ça aussi c’est gratiné comme invention.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier au soir, retrouvé une vieille (!) connaissance en anorak rouge. Ces retrouvailles m’ont profondément ému. J’ai eu l’impression de me retrouver moi-même. J’ai écrit, il y a quelques années, une pièce, Il voulait voir naître une étoile filante. L’histoire d’un père et d’un fils autiste dans un pré, la nuit, à guetter les étoiles filantes. Le personnage du fils était vêtu d’un gros anorak bleu. Décidemment, les anoraks me poursuivent. Enfin, hier au soir, c’est moi qui ai rattrapé l’anorak rouge par la manche, sinon il s’enfuyait ; et c’eût été vraiment dommage. D’ailleurs, j’ai son numéro de téléphone. Sauvé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Billetterie de notre théâtre explose. Chaque jour, les locations s’affolent. &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Nouveau Testament&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Andromaque&lt;/span&gt; font salle comble… et les spectacles suivants affichent complet. Nous sommes à 9.600 abonnés. Nous jouons presque tous les jours depuis septembre (y compris les 15 jours de vacances d’hiver ; Noël, jour de l’an). J’ai l’impression d’habiter dans cette maison, où l’ambiance de l’équipe n’a jamais été aussi bonne. Elle accomplit (l’équipe) sa mission dans une sorte de plénitude et le public le sent, le ressent. &lt;br /&gt;Quelle chance de diriger un théâtre aussi fréquenté. Et le public est si mélangé, si métissé . C’est le peuple du Théâtre de la Croix-Rousse. Génial !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a une petite quinzaine de jours, j’ai mis ma vie personnelle "au clair". Et aujourd’hui, je suis un homme libre. Je n’ai plus à fuir (à me fuir). Il y a longtemps que je n’avais pas été aussi fier de moi. Enfin, je n’ai plus à "faire semblant".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lis cette phrase de George W. Bush : « Je veux juste que vous sachiez que quand nous parlons de guerre, c’est en fait de la paix dont nous parlons. »&lt;br /&gt;Celle-ci encore : « Je sais que l’homme et le poisson peuvent coexister pacifiquement. » Il était vraiment grand temps que ce président-là rentre à son ranch, et s’occupe de ses barbecues !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant-hier, les trottoirs de Lyon, les places et les rues étaient dangereusement gelés. Tout le monde glissait, dérapait, se tenait aux murs des immeubles ! N’était-ce pas une sorte de métaphore de notre société, qui a tant de mal à marcher droit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-276240848561750020?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/276240848561750020/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=276240848561750020' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/276240848561750020'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/276240848561750020'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/01/dans-la-froidure-de-lhiver.html' title='Dans la froidure de l’hiver'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-4774363382989208564</id><published>2009-01-14T14:53:00.000+01:00</published><updated>2009-01-14T14:54:21.309+01:00</updated><title type='text'>Les Vœux du Président</title><content type='html'>Nicolas Sarkozy aurait-il lu mon blog hier ?&lt;br /&gt;Je réclamais "tous les pouvoirs" aux artistes. Or à Nîmes, lors de ses vœux au milieu culturel, il a délivré un message "d’amour" aux créateurs. Ajoutant même que dans le domaine amoureux, "les preuves" comptent plus que "les mots". Aussitôt dit, aussitôt fait. Concernant le spectacle vivant, il a annoncé le déblocage de la totalité des crédits mis en réserve, soit un bon tiers de la centaine de millions gelés dans le budget de la culture.&lt;br /&gt;Semble-t-il, il s’est éloigné de la notion "d’obligation de résultats".&lt;br /&gt;Il a réaffirmé "son attachement au régime spécifique de l’intermittence".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Formidables nouvelles, donc. J’ai suffisamment par le passé critiqué sa vision étroite de la culture pour aujourd’hui me réjouir de cette intervention inespérée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, dans mon blog, je parlais de la France qui va assez bien et de la France qui va plutôt mal. Appelant Claude Lévi-Strauss à la rescousse, Nicolas Sarkozy a parlé de l’identité de la France, et dans "identité", nous retrouvons ce qui fait la spécificité de notre démocratie : Liberté, égalité, fraternité. &lt;br /&gt;Enfin, le Président parle aux artistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-4774363382989208564?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/4774363382989208564/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=4774363382989208564' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4774363382989208564'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4774363382989208564'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/01/les-vux-du-prsident.html' title='Les Vœux du Président'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-8383362827412455790</id><published>2009-01-13T10:46:00.001+01:00</published><updated>2009-01-13T10:46:27.731+01:00</updated><title type='text'>« Aux artistes les pleins pouvoirs »</title><content type='html'>Depuis le début de la saison, toujours la même ferveur du public. Les salles sont pleines à ras bord. Les locations journalières dépassent tout ce que nous avons connu jusqu’ici. De ce constat, je ne tire aucune gloriole, même si cela est réjouissant bien sûr. &lt;br /&gt;Au contraire, une inquiétude ne me quitte pas. C’est ce que j’exprime régulièrement dans ce blog : que notre responsabilité n’a jamais été aussi grande. Le public a donc confiance en nous, puisque malgré la froidure, la crise ambiante, l’angoisse du lendemain, il vient de plus en plus nombreux dans notre théâtre. J’allais écrire, il vient de plus en plus disponible. Les spectacles des quatre prochains mois affichent quasiment tous complets (Laurent Gaudé ; la Cie A’Corps ; Duras, Chéreau et Dominique Blanc ; Shakespeare et &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Macbeth &lt;/span&gt;; Feydeau ; Camus ; Sartre…). Alors ? Sans doute toutes ces années de travail inlassable ont-elles créé un terrain propice &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;à la rencontre&lt;/span&gt;. D’une certaine manière, nous ne programmons pas de spectacles, nous invitons les uns et les autres à se rencontrer et évidemment à dialoguer. Les uns : les poètes, les artistes. Les autres : le peuple ! (toujours cette référence au génial Victor Hugo). Nous avons (l’équipe de la Croix-Rousse) la chance d’en être les intermédiaires nécessaires. Et cette chance, nous l’assumons avec de plus en plus d’humilité, de sens des responsabilités. &lt;br /&gt;La politique (le politique) a renoncé à créer les conditions de cet indispensable dialogue où les idées s’échangent, les idéaux ressurgissent, les horizons sortent de terre. La politique, depuis si longtemps, ne s’est occupée que d’elle-même, que de son propre avenir (ce qui très malheureusement a été le cas lors du dernier congrès du PS). La politique n’écoute plus le peuple, comme si le peuple n’était pas à "la hauteur des enjeux", n’était pas digne d’intérêt. &lt;br /&gt;Or, ici à la Croix-Rousse, nous avons une confiance absolue dans ce peuple de France : le peuple qui va assez bien et le peuple qui va plutôt mal. Nous pensons qu’il ne rêve que d’une chose : qu’on lui propose de &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;s’épauler &lt;/span&gt;les uns les autres. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Intellectuellement&lt;/span&gt; bien sûr, car aujourd’hui peu de vérités sont inébranlables ; toutes les vérités doivent s’adapter à un monde qui ne cesse d’être en mouvement. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Fraternellement&lt;/span&gt; aussi, car la solitude nous guette tous, qui que nous soyons. Plus que jamais, j’ai conscience que le théâtre ne triche pas avec l’humanité. Il affronte à mains nues les contradictions, les doutes et les peurs de l’époque. Le théâtre, cet art si modeste, si artisanal, a en lui une énergie sidérante. Il prend "les choses en main", si j’ose dire. Il crée de la beauté morale (même quand il se rate). Le théâtre a ceci de particulier que chacune de ses tentatives est pour le moins un acte poétique. Et cet acte, dans sa fragilité, cherche toujours à rassembler, à donner un sens à nos vies. Voilà, le grand mot lâché : le sens. C’est ce qui fait que les poètes nous sont aussi nécessaires que l’eau ou l’oxygène. Leurs mots nous oxygènent le cerveau ; le contraire de ce que fait la politique qui asphyxie nos rêves.&lt;br /&gt;Quelle tristesse aujourd’hui que de voir le Ministère de la Culture réduire les artistes à des êtres encombrants et inutiles. Ce même ministère les culpabilise chaque jour davantage. Il les assaille d’humiliations. Il ne comprend pas (parce qu’il n’est pas sur le terrain de la pensée) que les artistes excitent les consciences. Il décide tout "de là-haut", de sa prétention remplie d’ignorance. Enfin Madame le ministre, nous vous en prions : Laissez vivre les artistes. Donnez leur les "pleins pouvoirs". Ne rognez pas systématiquement leurs désirs. Oui décidemment, même si cela demande beaucoup d’énergie, c’est une chance d’être un "contre-pouvoir ".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu hier l’émission sur Jean-Paul Belmondo. Bouleversante interview. J’ai toujours adoré cet acteur, cet homme. Aujourd’hui le voilà abîmé par un coup du sort. Mais le regard est intact : malicieux, tendre, sincère. Et les plissures de cette bouche tordue par une demi-paralysie : rigolardes, naïves, amicales. Il y a de l’enfance dans ce visage aux traits grossis et profonds. Il y a surtout, qui vibre dans cette voix si particulière, un amour invétéré de la vie. C’est un artiste de la plus belle espèce : qui nous donne envie de jouer. C’est un homme admirable qui force l’admiration, même si, à vrai dire, il n’y a pas besoin de beaucoup se forcer pour l’aimer. Longue vie à lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Appris le coma de Claude Berri. Je ne saurais juger le producteur ni le metteur en scène. Mais l’acteur qu’il fut dans un certain nombre de films m’a toujours paru remarquable. Son livre (j’ai oublié le titre), récit impressionniste de sa vie était d’une qualité d’écriture surprenante. Ce bougonnement dans son visage un peu renfrogné, cette tristesse toujours dans son regard un peu bas, ses cheveux dépeignés, cette façon de parler toujours une cigarette entre les doigts, avec précipitation, gravité et étonnement… Claude Berri m’a toujours intrigué et fasciné. Après avoir rédigé ce billet, j’apprends que Claude Berri est mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pris un café avec Sylvie Testud. Sans doute l’une de nos plus grandes comédiennes (si ce n’est pas la plus grande). Elle enchaîne film sur film. Elle souffre le martyre de ne plus pouvoir fumer dans les cafés (elle qui fume 2 ou 3 paquets de cigarettes par jour). Elle ne s’arrête jamais d’avoir envie de faire. Donc elle s’arrange tout le temps pour avoir "à faire".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Actuellement à la Croix-Rousse : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Nouveau Testament&lt;/span&gt; de Guitry. Porte le spectacle un acteur qui me bluffe tous les soirs : François Marthouret. Il y a du génie dans son jeu, et l’homme est si fraternel. Il est un spectacle à lui tout seul. C’est injuste de dire cela, car le spectacle lui-même est de premier ordre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours les bombes à Gaza. Et dire que la guerre dure depuis 60 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir, écrivons que nous allons, ici à la Croix-Rousse, pratiquer&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; la Politique des poètes&lt;/span&gt;, en espérant que bientôt la politique, celle qui normalement devrait nous gouverner,  réinvente la liberté, l’égalité et la fraternité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-8383362827412455790?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/8383362827412455790/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=8383362827412455790' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8383362827412455790'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8383362827412455790'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2009/01/aux-artistes-les-pleins-pouvoirs.html' title='« Aux artistes les pleins pouvoirs »'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5266685333145657487</id><published>2008-12-29T16:08:00.008+01:00</published><updated>2008-12-30T12:52:26.147+01:00</updated><title type='text'>De Marc Aurèle aux vêtements chauds en passant par Bethléem</title><content type='html'>Il y a l’évidence par Marc Aurèle : « Accomplir chaque action comme si c’était la dernière. » Pour tout être de bonne volonté, cela crée une responsabilité supérieure : que cette dernière action ne soit pas une mauvaise action. J’avoue craindre sans cesse de déroger à cette évidence. Alors je me concentre de plus en plus sur &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;les actes de ma vie&lt;/span&gt;. J’éloigne de moi, autant que faire se peut, la désinvolture, la lâcheté, la facilité, l’habileté. Je tente à chaque fois la rigueur nécessaire. C’est parfois harassant. J’ai beaucoup fui ma vie, à la vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore cette évidence de Marc Aurèle : « Exercez-vous à regarder les choses dans leur nudité. » Je repense à la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789, et aux mesures qui doivent conduire au bonheur commun : http://&lt;br /&gt;1/ Secours aux plus démunis.&lt;br /&gt;2/ Distribution aux indigents des biens pris aux ennemis de la révolution.&lt;br /&gt;3/ Taxation, châtiments des accapareurs.&lt;br /&gt;Et Benjamin Constant d’affirmer : « Que l’autorité se borne à être juste, nous nous chargerons d’être heureux. »&lt;br /&gt;Et Kant : « Seule la droiture morale décide de la valeur d’une vie. » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Diriger un théâtre, tout en mettant en scène, en écrivant, en jouant, en inventant le quotidien d’une maison presque toujours ouverte, c’est être en mouvement. Il ne s’agit pas évidemment de créer "du temps vide". Il s’agit de créer des espaces de liberté qui rendent accessibles "les œuvres capitales de l’humanité au plus grand nombre" (décret du 29 juillet 1959).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on est libre, on est &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;disponible&lt;/span&gt;. Et c’est cette disponibilité-là qu’il faut chercher dans l’autre, en chacun. Alors nous serons rassemblés dans "l’ordre de l’esprit". Nietzsche évoquait la religion du bien-être. Il s’insurgeait "contre l’idéologie du Troupeau" ; contre "l’aspiration servile au repos", s’emportait contre "le culte des loisirs », qui flatte la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;paresse&lt;/span&gt;. Voilà bien une attitude désastreuse : la paresse. Il y a tant à faire, tant à donner, tant à aimer. Surmontons les résistances, ne laissons pas s’installer le laisser-aller, le fatalisme, la résignation ou le cynisme. Toujours Nietzsche : « Soyons les poètes de notre existence, inventons notre vie. » La paresse me terrorise et je dois reconnaître que je lui mène une guerre permanente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour revenir à Spinoza (pourquoi pas) : « Le désir comme une puissance de vie, comme le légitime mouvement vers l’estime de soi et la joie de vivre. » La paresse et le désir, voilà bien deux ennemis irréductibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prennent fin six mois d’intense travail à la Croix-Rousse. Trois mois de répétitions pour le diptyque Zola/Andersen, et trois mois de représentations. Pas loin d’une cinquantaine de représentations de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt; et de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Thérèse Raquin &lt;/span&gt;(en alternance). Des salles pleines, une critique élogieuse dans son ensemble, beaucoup de confrères se sont déplacés. Mais c’est surtout la fréquentation quotidienne de ces deux monstres sacrés que sont Zola et Andersen. Ils nous ont "tirés vers le haut" comme on dit vulgairement. Ils nous ont inspirés : Zola avec son regard impitoyable sur  la condition humaine. Oui, nous sommes capables d’être monstrueux et cette monstruosité-là est en nous. Il y a comme un plaisir sauvage à s’y résoudre. Nous sommes capables de dépasser toutes les limites de la raison. Par amour ? Plutôt par orgueil, par vanité, par goût de la perdition, par détestation de soi. Comme si à l’évidence nous prenions conscience que nous ne sommes pas "aimables". Zola, une force de la nature, un monstre évidemment. Un critique a salué l’audace du spectacle : C’est que Zola nous a fasciné dans son "emportement viscéral".&lt;br /&gt;Andersen, lui qui sait regarder chaque chose, chaque être, chaque mouvement sur terre, avec la grâce d’un poète, mais qui, si j’ose dire, "ne fait pas de cadeau". Il tue presque tout ce qu’il regarde. Il nous dit par-là (me semble-t-il), ne faites pas comme moi, "sauvez le monde". Et les poètes sauvèrent le monde parce qu’ils surent dépasser sa brutalité, pour nous inviter à une légèreté soudain retrouvée. Les deux spectacles partent en tournée dès le début du mois de janvier (jusqu’en avril). Quelle chance avons-nous de tourner autant depuis cinq ou six ans. C’est aussi sur les routes que le théâtre prend tout son sens…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour de Noël, René Gonzalez (directeur du théâtre de Vidy. Le théâtre peut-être le plus inventif d’Europe.) est venu voir &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;. Ensuite pot-au-feu au bistrot de Lyon. Je dois beaucoup à cet homme (vraiment beaucoup). Il m’a fait confiance à un moment où j’avais perdu toute confiance en moi. Il m’a traité à cette époque d’égal à égal. Il m’a soudain rendu la fierté d’être un homme de théâtre. C’est un compagnon de route. Un homme qui donne envie d’être digne. Bien sûr, comme dirait Brel, "Nous eûmes des orages…". Bien sûr "Mille fois je pris mon bagage", mais la force de nos désirs fut toujours centrifuge. Longue vie à lui, si solitaire et pourtant si au milieu des autres. René Gonzalez c’est un arbre dont les racines sont enfouies si profond qu’il est indéracinable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pinter est mort. Je me souviens avec une extrême émotion de la mise en scène de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;No Man’s Land &lt;/span&gt;de Planchon. Distribution vertigineuse : Michel Bouquet, Jean Bouise, Guy Tréjean, André Marcon. Spectacle mémorable. Vu l’autre nuit un documentaire justement sur Planchon. Depuis quatre ou cinq ans, je lui propose de créer un spectacle à la Croix-Rousse avec de jeunes comédiens, et presque sans décor. J’ai eu envie qu’il retrouve chez nous sa liberté des débuts, son innocence. À chaque fois, il accepte ma proposition puis deux jours après s’embarque sur des propositions redondantes mille fois expérimentées. Dommage. Arriverai-je à le convaincre de se débarrasser de ses décors d’opéra ? Toujours est-il que je me considère comme un enfant de Planchon. Ah ! &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tartuffe &lt;/span&gt;! Ah !&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Athalie &lt;/span&gt;! Ah ! &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Périclès&lt;/span&gt; ! Ah ! &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Par-dessus bord&lt;/span&gt;, et ses &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Folies bourgeoises&lt;/span&gt;… Autant de spectacles que la jeune génération de metteurs en scène n’ont pas vus ! Le théâtre a de ces cruautés…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand même, Bernard Tapie dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Oscar&lt;/span&gt; sur France 2 le soir de Noël, faut le faire ! De Funès était un génie dans le rôle, il avait la grâce et la folie d’un oiseau pris dans les phares d’une voiture, en pleine nuit. Un oiseau qui se cogne contre une réalité malveillante et injuste. De Funès, un oiseau affolé aux prises avec tout le malheur du monde. Pathétique et maladroit, vibrionnant au-delà du raisonnable. Si seul qu’il fait peur et provoque un étonnement délirant. Tout le contraire de Bernard Tapie qui se regarde jouer, et pire, qui s’apprécie comme acteur ! La fin des haricots quoi ! Et puis c’est inutile de comparer l’incomparable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu plusieurs fois Luchini ces jours-ci à la TV. Nous l’avons beaucoup accueilli à la Croix-Rousse. Nous fûmes complices. J’ai recherché, je crois son affection. Mais Luchini "n’aime pas". Il joue toujours à être lui-même. C’est fascinant et ennuyeux tout à la fois, car il ne nous surprend jamais. Quelle est sa vraie relation avec tous ses auteurs fétiches : La Fontaine, Péguy, Nietzsche, Hugo et les autres ? Mystère ! Sincère ou maligne ? Profonde ou amusée ? Au fond, la déception vient qu’il ne soit pas une énigme (comme Michel Bouquet). Il est si prévisible ! Cela dit nous avons beaucoup ri ensemble. Ce qui n’est pas rien !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Stupéfaction : Julien Dray s’achète des montres à 54000 €. Je l’ai souvent entendu s’insurger contre la politique de la Ville initiée par Sarkozy… L’abandon des banlieues, la réduction des subventions pour toutes les associations qui travaillent sur le terrain… Je lis qu’il est un "acheteur compulsif" ! Cette passion des montres… Soupçons d’enrichissement personnel. Certes il y a la présomption d’innocence. Mais tout de même, comment un homme normal peut-il s’acheter une montre à 54000 € et y prendre du plaisir. Ce mystère-là est désolant et pour le moins peu rassurant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On annonce un froid glacial. Notre théâtre est bien chauffé. Il y aurait donc deux sortes de monde : celui qui meurt de froid, et celui qui est à l’abri bien au chaud ?... Cette question m’effraye et me rend si vulnérable. À ce propos, notre semaine des "vêtements chauds" (&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;voir la vidéo&lt;/span&gt;)a dépassé toutes nos espérances. Les caisses profondes, alignées dans le hall, sont pleines de vêtements chauds (bonnets, gants, couvertures, anoraks, manteaux, etc.). Ce qui me bouleverse, c’est le soin avec lequel le public dépose ces vêtements dans les caisses. Tout est lavé, repassé, empaqueté avec parfois des rubans de fête autour. On sent beaucoup de délicatesse dans la façon de donner. Tous ces vêtements seront redistribués par le Secours Populaire. La représentation du 30 décembre recette entièrement reversée aux Restos du Cœur) est pleine.&lt;br /&gt;J’aime que le théâtre sache aussi s’inscrire dans la réalité sociale. Ainsi le théâtre n’est-il plus un monde à part : C’est le monde ! (ambition shakespearienne, non ?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je redis ce que je répète sans cesse. Jean-Marc Avocat, dans le studio du théâtre, poursuit son aventure racinienne. Bientôt &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Andromaque&lt;/span&gt; (après &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Phèdre &lt;/span&gt;et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bérénice&lt;/span&gt;). Racine est un génie. Jean-Marc Avocat n’est pas loin d’en être un dans son genre. Quelle fierté de les avoir tous les deux dans notre théâtre pour une aussi longue durée. La saison prochaine, ils seront dans la grande salle avec leur trilogie d’enfer. Logique, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce blog m’est devenu une respiration nécessaire. Au fur et à mesure, j’essaie de "m’y mettre à nu", de m’y retrouver derrière le directeur, derrière l’homme de théâtre. Je sais bien que j’y suis encore trop conciliant, trop bienveillant avec moi-même. Je voudrais y être encore plus "cru". En tout cas, je tends vers la lucidité. C’est déjà ça de gagné.&lt;br /&gt;Pourquoi ai-je depuis quelque temps autant conscience de mon humble rôle sur terre et en même temps de ma volonté d’être utile. À la place où je suis, je ne me pardonnerais pas d’exiger tout de moi-même. Cette exigence me donne un goût nouveau d’avenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je découvre les propos d’Olivier Py à propos de ses spectacles adaptés des contes de Grimm (que nous avons accueillis à la Croix-Rousse) : « Les enfants ont peut-être confiance en cette étrange poésie qui osera leur dire ce qu’ils n’osent pas demander. » Bravo pour cette vision : J’adhère. Il ajoute : « Les contes de Grimm manient des vérités inébranlables. » Grimm/Andersen : même combat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette réplique d’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Antigone&lt;/span&gt; apprise depuis toujours : « Je ne suis pas venue sur la terre pour partager la haine, mais pour partager l’Amour. » Évidemment !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et tirées des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Béatitudes &lt;/span&gt;: « Heureux ceux qui pleurent ; ils seront consolés. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai trois enfants. Un garçon, deux filles. Je me dis que c’est beau d’être père. J’espère être digne d’eux. J’aime les enfants. J’aime qu’ils aient besoin de moi. J’aime aussi leur indépendance d’enfant. On se retrouve alors sur l’essentiel. Ne jamais les trahir. Les aimer dans la clarté d’une vie assumée. Leur donner en exemple le courage d’être soi-même dans ce que l’on a de meilleur. Mon Dieu quelle responsabilité ! Surtout ne pas se réfugier derrière les soubresauts de nos vies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vu à la télévision deux films. &lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Charlie et la chocolaterie&lt;/span&gt; de Tim Burton avec Johnny Depp. Tout y est magnifique. C’est un film inspiré. Et à la fin, Johnny Depp découvre "le bonheur d’avoir une famille ».&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bienvenue chez les Ch’tis&lt;/span&gt;. Prétendre que Danny Boon est le "Pagnol du Nord" c’est un peu exagéré ! C’est surtout n’importe quoi ! Pagnol avait le sens du tragique. La simplicité de ses mots nous amenait directement à l’absolu de l’amour. Tout ça avec un naturel quasi-documentaire. L’âme humaine n’avait pas de secret pour lui. Vivement Pagnol !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Début janvier, c’est Sacha Guitry qui prend le relais dans la grande salle. Un sacré voyeur ! Il voit tout. Surtout ce qu’il ne faut pas voir. Il y a chez lui l’ivresse de dire des vérités (toutes bonnes à dire). Le style emporte tout sur son passage. Guitry c’est un déferlement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, il y eut 300 morts après l’attaque d’Israël contre le Hamas. Et un peuple qui pleure ses morts. L’opération militaire s’appelait "Plomb durci". Sans commentaire !  Décidemment, seuls les poètes nous consolent de la folie humaine. L’arbre de Bethléem est éteint ! C’est un cyprès de dix mètres de haut. Il est éteint en signe de protestation. Vivement que la lumière soit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;object width="320" height="266" class="BLOG_video_class" id="BLOG_video-1d2fffa287b0f828" classid="clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/get_player"&gt;&lt;param name="bgcolor" value="#FFFFFF"&gt;&lt;param name="allowfullscreen" value="true"&gt;&lt;param name="flashvars" value="flvurl=http://v10.nonxt1.googlevideo.com/videoplayback?id%3D1d2fffa287b0f828%26itag%3D5%26app%3Dblogger%26ip%3D0.0.0.0%26ipbits%3D0%26expire%3D1329921317%26sparams%3Did,itag,ip,ipbits,expire%26signature%3D28F7055F02F33BEC86DA42CC3D3188E66E34C29.531A277C42F9941FEE7F3EEE009A932D130FAE2F%26key%3Dck1&amp;amp;iurl=http://video.google.com/ThumbnailServer2?app%3Dblogger%26contentid%3D1d2fffa287b0f828%26offsetms%3D5000%26itag%3Dw160%26sigh%3DysvXsBmO3fYLak7oYyeDjPXjEvA&amp;amp;autoplay=0&amp;amp;ps=blogger"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/get_player" type="application/x-shockwave-flash"width="320" height="266" bgcolor="#FFFFFF"flashvars="flvurl=http://v10.nonxt1.googlevideo.com/videoplayback?id%3D1d2fffa287b0f828%26itag%3D5%26app%3Dblogger%26ip%3D0.0.0.0%26ipbits%3D0%26expire%3D1329921317%26sparams%3Did,itag,ip,ipbits,expire%26signature%3D28F7055F02F33BEC86DA42CC3D3188E66E34C29.531A277C42F9941FEE7F3EEE009A932D130FAE2F%26key%3Dck1&amp;iurl=http://video.google.com/ThumbnailServer2?app%3Dblogger%26contentid%3D1d2fffa287b0f828%26offsetms%3D5000%26itag%3Dw160%26sigh%3DysvXsBmO3fYLak7oYyeDjPXjEvA&amp;autoplay=0&amp;ps=blogger"allowFullScreen="true" /&gt;&lt;/object&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5266685333145657487?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='enclosure' type='video/mp4' href='http://www.blogger.com/video-play.mp4?contentId=1d2fffa287b0f828&amp;type=video%2Fmp4' length='0'/><link rel='enclosure' type='video/mp4' href='http://www.blogger.com/video-play.mp4?contentId=b5a45a6e7e36d7ad&amp;type=video%2Fmp4' length='0'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5266685333145657487/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5266685333145657487' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5266685333145657487'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5266685333145657487'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/12/de-marc-aurle-aux-vtements-chauds-en.html' title='De Marc Aurèle aux vêtements chauds en passant par Bethléem'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-2582409761999219114</id><published>2008-12-18T17:43:00.002+01:00</published><updated>2008-12-18T17:47:32.120+01:00</updated><title type='text'>Epaulons-nous les uns les autres</title><content type='html'>Nouvelle distribution de vivres aux Restos de Cœur. De plus en plus de monde : un métissage d’âges, de nationalités, de situations sociales, de détresses physiques et morales. Comme il est violent de donner à manger à ceux qui n’ont plus les ressources nécessaires pour se nourrir. Il y a comme un vertige, et comme une plénitude à être bénévole comme on dit.&lt;br /&gt;Mais tout cela est-il réel ? Pourtant il existe bel et bien ce monde où 1 euro est une fortune.&lt;br /&gt;Et tous ces milliards qui valsent au-dessus de nos têtes et dans notre dos, quelle valeur ont-ils ? Malheureusement la crise boursière nous rappelle qu’ils ne valent rien. Il faudrait revenir à "l’argent vrai". Celui que l’on gagne et que l’on dépense, celui que l’on investit concrètement pour développer les entreprises. Où est-il cet "argent vrai" ? Ce sont les banquiers, les actionnaires, les boursiers de malheur, les malins qui l’ont démonétarisé !&lt;br /&gt;Et alors les petites gens, nous tous, nous courrons après cet "argent vrai". Mais il n’existe quasiment plus. Il est un vieux souvenir, du temps où 1 franc, c’était 1 franc. Maintenant 1 euro, c’est presque 7 francs. C’est le monde à l’envers. C’est le cas de le dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À partir de mardi, nous démarrons &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/index.php"&gt;"La semaine des vêtements chauds"&lt;/a&gt;. Je suis de plus en plus préoccupé que le théâtre rejoigne la réalité de la rue. Avec un petit spectacle en préambule des représentations de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;, nous allons dresser le portrait de gens comme vous et moi… Sont-ils, sommes-nous, des sans-abri en puissance ? Malgré le succès incroyable de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes &lt;/span&gt; et de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt; (près de 45 représentations archi-pleines), le malheur des gens de la rue m’empêche de me réjouir. Je veux (nous voulons ici dans cette maison) être acteur de ce sauvetage généralisé, car c’est bien de cela dont il s’agit… J’ai mal aux autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel bonheur que le théâtre soit un art rassembleur. Au moins, nous ne sommes pas inutiles sur terre. Nous rassemblons. Je sais bien que les plus intelligents pourront ironiser sur cette religion de la fraternité. Peu importe. Le temps presse. Le peu que nous faisons, c’est déjà ça de fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques confidences :&lt;br /&gt;Je n’aimerais pas, pour rien au monde, être président de la république, encore moins ministre. Maire peut-être (à la rigueur). Mais à Lyon la place est déjà prise et bien prise. Gérard Collomb est un maire remarquable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne ne parle mieux des mers et des océans qu’Olivier de Kersauson. Son dernier livre &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Ocean’s songs&lt;/span&gt; est impressionnant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous venons de décider le souhait inscrit sur notre carte de vœux 2009 : « Epaulons-nous les uns les autres ». J’adore cette idée de s’épauler !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ouf ! Romane Bohringer devrait revenir chez nous la saison prochaine. Elle nous manque !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lu un article de trois pages dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Libération&lt;/span&gt; sur Werner Herzog. Titre de l’article "Illuminer la vérité". Titre me semble-t-il d’une justesse absolue. Werner Herzog est à mon sens un des plus grand metteur en scène de cinéma. &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Aguirre ou la colère de Dieu&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Fitzcarraldo&lt;/span&gt; sont deux films qui dépassent l’entendement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que beaucoup lisent ce blog avec attention, et tendresse. Beaucoup de signes me sont adressés de manière pudique. Mon dieu, un peu de pudeur ne ferait pas de mal dans ce monde brutal et injuste ! Je ne supporte plus le spectacle de ce qui est voyant, cher et très prétentieux. Je repense à une très vieille dame ce matin aux Restos du Cœur, et à un jeune homme d’origine africaine, si doux tous les deux, si délicats, sûrement si seuls. J’avoue avoir "doublé" leurs vivres. J’ai désobéi aux règles. Plus de pâtes de fruits, de gâteaux, de compote. C’était ce que je distribuais ce matin.&lt;br /&gt;Revenons donc à l’essentiel : « Epaulons-nous les uns les autres ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-2582409761999219114?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/2582409761999219114/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=2582409761999219114' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2582409761999219114'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/2582409761999219114'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/12/epaulons-nous-les-uns-les-autres.html' title='Epaulons-nous les uns les autres'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-1859438202831908536</id><published>2008-12-04T16:59:00.003+01:00</published><updated>2008-12-04T17:06:01.983+01:00</updated><title type='text'>Aujourd'hui : 1ere permanence aux Restos du Cœur de la Croix-Rousse</title><content type='html'>J'étais au rayon qui distribue pommes de terre, carottes et poireaux. Chaque personne a droit à un certain nombre de points suivant sa situation familiale et chaque marchandise a sa valeur :&lt;br /&gt;Boîte de haricots verts ou rouges : 1 point ; Paquet de riz : 3 points ; etc.&lt;br /&gt;Une part de légumes frais se compose, par personne, de 2 pommes de terre, 1 carotte et 1 poireau.&lt;br /&gt;Il y a le coin "féculents", le coin "fromages", le coin "desserts" et le coin "nourriture pour bébés". Il y a aussi le coin "surgelés" et le coin "baguettes de pain". A chaque fois que la personne arrive dans un coin, elle récupère l’intégralité de ses points. Les points sont dépensés coin après coin et se reconstituent à chaque coin.&lt;br /&gt;Effectivement, les gens qui viennent aux Restos du Cœur sont de toutes nationalités, de tous niveaux sociaux, de tous âges.&lt;br /&gt;J’ai été frappé par la grande équipe de bénévoles (plus d'une quarantaine de personnes) qui organise les choses (mères de famille, retraités, jeunes étudiants, etc.). &lt;br /&gt;Il y a eu, dans cette matinée de distribution alimentaire, comme un bonheur indicible, le bonheur d’être "ensemble" dont j’ai souvent parlé ici dans ce blog. Et je me redis cette éternelle vérité : si tous les gens qui avaient un pouvoir, petit ou grand, cherchaient à rassembler et jamais à diviser, l’humanité serait une joie.&lt;br /&gt;Evidemment je pense à Coluche, dont la photo est placardée sur tous les murs des Restos du Cœur. J’ai adoré cet homme. J’ai eu la chance de le voir deux fois sur scène dans deux spectacles différents. C’était un génie, car qu’est-ce qu’un génie si ce n’est de saisir à sa manière le mouvement du temps : du temps qu’il fait, du temps qui passe, du temps qui reste, du temps qui vient, du temps présent. Oui, décidemment, cette intuition des Restos du Cœur est un coup de génie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce moment, tous les après-midi, nous jouons &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes &lt;/span&gt;devant des salles pleines d’enfants, de parents, de public "empêché" (personnes en réinsertion, en hôpital de jour, personnes handicapées), de centres sociaux, de compagnies de théâtre amateur, etc. Et c’est très bouleversant comme ils reçoivent cette &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;. C’est un monde magique qui leur arrive et cet imaginaire-là les rend plus légers. Beaucoup de petites filles et de petits garçons pleurent aussi sur la mort de la petite marchande d'allumettes. Quel bonheur que de présenter cette &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt; jusqu’au 31 décembre, pendant les fêtes. Comme j’adore ce spectacle !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce qui concerne &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt;, toute la presse est unanime et plutôt dithyrambique. Un journaliste dans Lyon Mag parle d’« une réussite, sombre et furieuse ». Les mots sont très justes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous venons de lancer "La Semaine des vêtements chauds". N’oubliez pas de nous interroger sur cet événement et surtout d’apporter du 23 au 31 décembre, à l’occasion de la petite forme que nous jouerons une heure avant chaque représentation de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;, &lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;un vêtement chaud&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt;N’oubliez pas non plus la représentation du 30 décembre à 15h où l’intégralité de la recette sera versée aux Restos du Cœur. Et n’oubliez surtout pas de dire aux gens que vous aimez que vous les aimez (voilà que mon éducation chrétienne et lyonnaise reprend le dessus).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelqu’un m’écrit, un psychiatre, à propos de Zouc, cette comédienne suisse qui fut l’égale de Coluche à un moment donné, dans un tout autre genre bien sûr. Ce psychiatre me dit que Gallimard lui a demandé de faire la suite des entretiens avec Zouc (entretiens commencés avec Hervé Guibert). Il me dit aussi que Zouc présente une grave infirmité respiratoire qui, hélas, est déjà largement avancée. Il conviendrait vraiment que nous imaginions un projet à propos de Zouc. La saison dernière, c’est Nathalie Baye qui s’y était collée, mais elle a annulé toute la tournée prévue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours pas de neige. Pourtant le temps reste à la neige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-1859438202831908536?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/1859438202831908536/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=1859438202831908536' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1859438202831908536'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1859438202831908536'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/12/aujourdhui-1ere-permanence-aux-restos.html' title='Aujourd&apos;hui : 1ere permanence aux Restos du Cœur de la Croix-Rousse'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-8727500424893450019</id><published>2008-12-01T14:13:00.011+01:00</published><updated>2008-12-03T16:53:29.503+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Restos du coeur'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='semaine des vêtements chauds'/><title type='text'>1er – 31 décembre : Alternance La Petite Fille aux allumettes / Thérèse Raquin avec du 23 au 31 décembre "La Semaine des vêtements chauds"</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/STaM4K2r4YI/AAAAAAAAAXc/Va__4hMfIC0/s1600-h/petitefille.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 211px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/STaM4K2r4YI/AAAAAAAAAXc/Va__4hMfIC0/s320/petitefille.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5275558910125400450" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Fin de la première série de représentations de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Le public a été assez estomaqué de redécouvrir cette terrible histoire de corps foudroyés. Zola demeure un auteur en même temps populaire et fascinant. Il est véritablement le coeur de la littérature française. Chaque soir, la salle était pleine. Jusqu’ici la presse a salué le travail des acteurs, la scénographie, le travail d’adaptation. En un mot, la presse a aimé le spectacle. Nouvelle série de représentations à partir du 9 décembre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, nouvelles répétitions de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt; pour une reprise à partir de demain 2 décembre. Décidemment, cette &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Petite Fille aux allumettes &lt;/span&gt;m’a demandé un travail insensé. Créer un univers onirique et en même temps rester au plus près du minimalisme du conte est un équilibre périlleux. Depuis le début des représentations, c’est un spectacle qui m’est très cher. Peut-être parce qu’il est au cœur de l’actualité sociale aujourd’hui et peut-être aussi parce que c’est la première fois que je "rêve" un tel spectacle ; les enfants et les adultes doivent s’y retrouver, en une même émotion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui 1er décembre : ouverture des Restos du Cœur. Je lis dans la presse cette phrase d’un commentateur : «Ça coûte plus cher d’être pauvre que d’être riche.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons décidé d’être présents sur le front de la détresse sociale. Concrètement. &lt;br /&gt;Du 23 au 31 décembre, sous la formulation générique de &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;"La Semaine des vêtements chauds"&lt;/span&gt;,nous allons proposer deux événements aux buts extrêmement précis :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Le 30 décembre à 15h : représentation exceptionnelle de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;. La Croix-Rousse/Scène nationale de Lyon invite les spectateurs, et les spectateurs font un don de l’équivalent de leur place(ou plus) aux Restos du Cœur. Voilà une action concrète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Ensuite, du 23 au 31 décembre, nous allons proposer, avec les comédiens de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;, une heure avant chaque représentation, une petite forme que j’ai écrite avec Emmanuel Robin : Petits portraits de sans abri. Cette intervention théâtrale aura lieu dans le hall du théâtre où seront disposées toutes les caisses en bois servant à transporter les costumes de nos spectacles en tournée. Nous appellerons, à l’occasion de cette petite forme, à la générosité des spectateurs, pour qu’ils apportent avec eux des vêtements chauds (anoraks, couvertures, gants, bonnets, pantalons, pulls over, etc.). Nous remplirons ainsi les caisses et nous redistribuerons ces vêtements aux associations.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Chacun donne un vêtement chaud !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes &lt;/span&gt;d’Andersen rejoindra-t-elle la réalité d’aujourd’hui, et le théâtre, à sa manière, participera-t-il à la solidarité nationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis la création de ce blog, il m’est souvent arrivé de faire allusion au rôle militant que devait avoir un théâtre. Cette "Semaine des vêtements chauds" est un premier acte. De plus en plus, nous inventerons de nouvelles façons d’être présents, actifs et réactifs envers les plus démunis (même si depuis la création de ce théâtre ce fut toujours notre obsession). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on sait qu’il y a des gens qui dorment dans des abris de plastique ou de carton et qui, à chaque minute de la nuit, risquent de mourir de froid, on est en droit de se poser cette énervante question : A quoi sert le théâtre ? Et en poussant le raisonnement dans ses retranchements, on pourrait même dire : « A-t-on le droit de faire du théâtre quand à côté de soi des gens dorment dehors ? » Au fond, il me semble que c’est tout l’enjeu de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt; : raconter la mort, en même temps qu’on raconte le rêve. C’est tout le génie d’Andersen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A part ça, le temps est à la neige !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-8727500424893450019?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/8727500424893450019/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=8727500424893450019' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8727500424893450019'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8727500424893450019'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/12/1er-31-dcembre-alternance-la-petite.html' title='1er – 31 décembre : Alternance La Petite Fille aux allumettes / Thérèse Raquin avec du 23 au 31 décembre &quot;La Semaine des vêtements chauds&quot;'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/STaM4K2r4YI/AAAAAAAAAXc/Va__4hMfIC0/s72-c/petitefille.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-9014486845918329171</id><published>2008-11-25T12:00:00.001+01:00</published><updated>2008-11-25T12:01:43.875+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Restos du coeur'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='PS'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thérèse Raquin'/><title type='text'>Zola et les Restos du Coeur</title><content type='html'>Déjà trois représentations de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Thérèse Raquin &lt;/span&gt;(vendredi, samedi, dimanche).&lt;br /&gt;Déjà la première critique.&lt;br /&gt;Chacun, public et professionnel, (re)découvre cette histoire extra-ordinaire de Zola. Il y a là une force (physique) qui jette les deux amants l’un contre l’autre et qui, dans le même temps, jette le mari à la Seine.&lt;br /&gt;Pour reprendre les propos de Nicolas Blondeau hier dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Progrès&lt;/span&gt; :&lt;br /&gt;«  (…) Thérèse (Anne Comte, troublante), Laurent (Marc Voisin, irrésistible), Camille (Jean-Claude Martin, impeccable) et Claire Cathy (hallucinante de vérité dans le rôle de la belle-mère). »&lt;br /&gt;Tout est dit et je me réjouis que, malgré le tragique du spectacle, cette création semble être un succès public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un genre pas si éloigné que ça, on retrouve dans l’affrontement de Martine Aubry et de Ségolène Royal quelque chose de Zola : sa radicalité. Tout détruire pour reconstruire, mais Zola nous dit qu’on ne reconstruit rien sur le crime, et ce que fait le Parti socialiste en ce moment est un crime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Agnès Jarlier, qui est en relation avec le monde des comités d’entreprise ici, me dit à quel point sont nombreuses les entreprises qui décident des chômages techniques (1,2 voire 3 semaines). C’est évident, la crise étrangle les entreprises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A partir de la semaine prochaine, s’ouvrent les Restos du Cœur à côté du Théâtre. J’irai moi-même distribuer des repas tous les jeudis. Il y a là le désir de participer à la solidarité générale. Mais, peut-être de façon plus complexe, y-a-t’il le désir de découvrir en chair et en os ce monde des exclus. Est-ce malsain ? Est-ce un sentiment de culpabilité ? Est-ce un artiste qui cherche à comprendre le peuple ? (Seul Victor Hugo a su employer ce mot de peuple à sa juste signification.) Bien évidemment, je reviendrai sur cette expérience (si l’on peut appeler ça ainsi).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, le froid est là. Et des gens vont dormir dehors. Je me souviens que Jean-Louis Martinelli, du temps où il était directeur du TNS, avait abrité des exclus dans son théâtre. La question se pose-t-elle d’une manière générale pour nous tous, directeurs de théâtres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, toute l’équipe (administrative, technique, ainsi que les comédiens des deux créations : soit 35 personnes) déjeunent ensemble pour fêter les 9300 abonnés de notre maison. Le plus gros score que nous ayons atteint ici étant de 9180 abonnés. Il ne s’agit pas de se glorifier des chiffres, il s’agit simplement de se réjouir que la maison reste vivante et crée encore du désir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-9014486845918329171?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-therese.php' title='Zola et les Restos du Coeur'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/9014486845918329171/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=9014486845918329171' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/9014486845918329171'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/9014486845918329171'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/11/zola-et-les-restos-du-coeur.html' title='Zola et les Restos du Coeur'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7931989128663907279</id><published>2008-11-25T11:55:00.003+01:00</published><updated>2008-11-25T15:32:00.286+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='anne comte'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='On ne badine pas avec l&apos;amour'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thérèse Raquin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La Petite Fille aux allumettes'/><title type='text'>Trois créations avec Philippe Faure par Anne Comte</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SSwMVwnmjaI/AAAAAAAAAW0/dhd9ipqSiFo/s1600-h/anne.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 212px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SSwMVwnmjaI/AAAAAAAAAW0/dhd9ipqSiFo/s320/anne.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5272602831711800738" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;A travers les trois créations auxquelles j’ai participé avec Philippe Faure, j’ai pu toucher à des registres de jeu littéralement différents. A chercher, encore et encore, à atteindre (autant que faire se peut) une certaine vérité de jeu située, par ses complexités et ses exigeances, à divers niveaux d’interprétation : &lt;br /&gt;Le rôle de Camille, dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;On ne badine pas avec l’amour&lt;/span&gt; requiert la rigueur du verbe, les subtilités des contradictions et les sinuosités de la pensée. C’est un personnage cérébral.&lt;br /&gt;Celui de Thérèse, dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt;, induit, quant à lui, à une libération des instincts, à une désinhibition  du corps, aux luttes permanentes entre fantasmes, folie et cruauté. Thérèse est un personnage animal et dangereux.&lt;br /&gt;Celui, enfin, de la petite marchande, dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;, qui, parce qu’elle est une enfant livrée aux mondes qui l’entourent (réels  ou imaginaires) et qu’elle subit, se laisse « emporter » par l’univers fantasmagorique et onirique d’Andersen, amène à une sorte de lâcher prise, de maléabilité.&lt;br /&gt;Philippe Faure laisse beaucoup de liberté aux comédiens quant à l’interprétation des rôles. Cela nous demande donc de développer notre propre imaginaire, de le stimuler sans cesse, de l’interroger, de le malaxer. Que provoque en nous la parole d’un « autre » dans notre corps, notre instrument ? Et voilà toute la difficulté. Voilà aussi, et par là-même, le signe de la confiance qu’il nous porte.&lt;br /&gt;Anne Comte, interprète de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt; et de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7931989128663907279?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7931989128663907279/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7931989128663907279' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7931989128663907279'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7931989128663907279'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/11/trois-crations-avec-philippe-faure-par.html' title='Trois créations avec Philippe Faure par Anne Comte'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SSwMVwnmjaI/AAAAAAAAAW0/dhd9ipqSiFo/s72-c/anne.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-6357707120337940552</id><published>2008-11-21T16:25:00.001+01:00</published><updated>2008-11-21T16:28:08.472+01:00</updated><title type='text'>L'idée du "blotissement"</title><content type='html'>Hier au soir 20 novembre : dernier filage de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt; .&lt;br /&gt;Grande impatience de montrer ce travail.&lt;br /&gt;Décidemment, ce roman (massacré à sa parution) est sans doute la plus belle histoire de passion racontée avec &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Femme d’à côté&lt;/span&gt; de François Truffaut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais comment vont-ils faire pour se réconcilier ?&lt;br /&gt;Comment des gens aussi intelligents peuvent-ils se combattre alors que le peuple attend d’eux de la considération ?&lt;br /&gt;Le PS demeure un mystère, mais vraiment, il y a des mystères que l’on n’a pas envie de percer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hervé Villard a été victime d’une crise cardiaque. Il a été opéré en urgence. &lt;br /&gt;J’ai beaucoup de tendresse pour cet homme. Il y a deux ans, il avait proposé un récital avec des textes d’Aragon, de Genet, etc. Je me souviens que &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Libération &lt;/span&gt;avait fait une page sur le spectacle. Et puis quand même, un type qui a écrit &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Capri c’est fini&lt;/span&gt;  reste indiscutable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvent, il est question dans des enquêtes de la solitude des gens aujourd’hui.&lt;br /&gt;Sait-on quand on est seul ?&lt;br /&gt;Il me semble que l’on est seul lorsqu’on n’a pas la chance de pouvoir se blottir contre l’autre. Le "blottisement" (mot que j’adore) est le secret de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, première de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt;, j’ai failli offrir à tous les comédiens le livre de Jean-Louis Fournier &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Où on va papa ?&lt;/span&gt;, Prix Femina 2008.&lt;br /&gt;Je me suis totalement identifié à ces deux enfants handicapés et à leur père. J’ai pensé, en lisant ce livre, à Raymond Queneau, à Marcel Pagnol. Je ne connaissais pas cet auteur. &lt;br /&gt;Lisez-le et dites-moi vos impressions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Madame la Ministre Christine Albanel est à Lyon aujourd’hui. Peut-être va-t-elle me téléphoner. Je vous tiens au courant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Christophe Perton me propose d’accueillir &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Roberto Zucco&lt;/span&gt; de Koltès la saison prochaine. La distribution est énorme, le spectacle très lourd financièrement. Je vais devoir renoncer.&lt;br /&gt;Christophe Perton m’envoie un mail, je le cite :&lt;br /&gt;« Si le "désir" est là (il parle de mon désir d’accueillir Roberto Zucco), alors je suis convaincu qu’il sera plus fort que "la réalité économique". »&lt;br /&gt;Voilà des mots ("désir" et "réalité économique") qui n’engendrent pas la mélancolie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, beaucoup de réactions violentes à propos des deux spectacles de Raimund Hoghe présentés la semaine dernière sur notre scène : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Boléro variations&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Swan Lake, 4 acts&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Il fut le dramaturge de Pina Bausch, c’est clair.&lt;br /&gt;Je suis troublé que ce petit homme, si doux, si délicat, si poli, légèrement bossu, au langage si pur et si nuancé, ose des chorégraphies aussi décalées dans le temps par leur lenteur, leur dépouillement, par leur solitude. Hoghe est un artiste qui n’a pas peur. Il ose quasiment le silence du corps.&lt;br /&gt;Il y a quelques semaines, Jean-Paul Montanari, qui dirige Montpellier Danse, me disait que Hoghe était un génie. Je lui fais toute confiance et j’aurais plutôt tendance à me ranger à son avis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-6357707120337940552?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/6357707120337940552/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=6357707120337940552' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6357707120337940552'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/6357707120337940552'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/11/lide-du-blotissement.html' title='L&apos;idée du &quot;blotissement&quot;'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-8876345204363881157</id><published>2008-11-17T12:39:00.001+01:00</published><updated>2008-11-17T14:09:53.146+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éléphants socialistes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='comité de suivi'/><title type='text'>Confidences</title><content type='html'>Je réalise que sur un blog, si on le considère véritablement comme un journal intime, tout doit être dit et donc les sujets et les humeurs ne peuvent que se mélanger dans une sorte de curieux désordre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allons-y pour les confidences :&lt;br /&gt;Ce vendredi 14 novembre, comité de suivi du Théâtre de la Croix-Rousse réunissant la Ville de Lyon, la Région Rhône-Alpes, le Conseil général du Rhône et la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Rhône-Alpes. Il s’agit dans ces comités de suivi de faire le point extrêmement précisément sur la situation budgétaire, artistique, sur la fréquentation, et de tracer les perspectives d’avenir de la maison. C’est donc un exposé d’un peu plus d’une heure qui m’est proposé et qui évidemment demande un énorme travail en amont.&lt;br /&gt;Ensuite, chaque collectivité territoriale prend la parole, dit ce qu’elle a à dire et porte un jugement particulier et global sur la manière dont est dirigée cette maison.&lt;br /&gt;Je dois dire, à la vérité, que j’ai rarement ressenti, depuis que je dirige cette maison, un tel engagement de la part de chacun. Il y avait quelque chose d’assez bouleversant d’entendre les uns et les autres être à ce point conscients de la place qu’occupe le Théâtre de la Croix-Rousse en Rhône-Alpes et en France. Il fut question d’exemplarité, de directions innovantes, de rigueur intellectuelle, d’aventures irremplaçables. Par les temps qui courent, un tel engagement derrière une mission de service public est tout à fait exceptionnel. Je m’en réjouis bien évidemment et je me dis que ces très longues journées passées, chaque jour au théâtre, ne sont pas vaines, mais qu’au contraire, elles prouvent plus que jamais que les artistes, les politiques et les administratifs doivent être ensemble pour inventer l’avenir. Merci donc à Abraham Bengio, Catherine Cremet, Georges Képénékian, Bertrand Prade, Jean-Luc Legay, Bertrand Munin et Alain Lombard pour leur confiance, leur engagement et leur affection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre humeur :&lt;br /&gt;Mon Dieu, quelle tristesse que ce week-end de Reims où les éléphants socialistes (je ne dis pas le Parti Socialiste) n’ont pas su faire taire leurs rancoeurs et leurs ambitions !&lt;br /&gt;La politique, bien évidemment, c’est tout le contraire. C’est la volonté ensemble, là encore, de construire l’avenir. Je suis sidéré qu’un parti comme celui-là puisse couver autant de haine. Dans l’exercice de mon métier et dans ma relation aux artistes, aux directeurs de théâtres et aux politiques, je n’ai jamais cédé justement à la confrontation pour un intérêt personnel. J’ai mené le combat toujours pour rassembler les uns et les autres autour d’une mission que je considérais d’intérêt public.&lt;br /&gt;Deux conséquences à cela :&lt;br /&gt;Je crois qu’aucun théâtre en France n’a invité autant de metteurs en scène différents dans leur esthétique, dans leur pensée et dans leur travail. J’ai toujours jugé que mes goûts personnels devaient passer après l’intérêt de montrer à notre public l’état du théâtre aujourd’hui.&lt;br /&gt;Seconde conséquence :&lt;br /&gt;Toutes les alternances politiques qui se sont produites dans la Région n’ont jamais altéré en rien le soutien des collectivités territoriales.&lt;br /&gt;Être directeur de théâtre, c’est avoir une certaine idée de la générosité. J’appelle les éléphants socialistes à être généreux et à savoir vivre ensemble. Je repense à 1981, à Mitterrand, à l’union de la gauche. C’était quand même autre chose. C’était beau comme un avenir en marche. Il faut que les éléphants redeviennent des éléphanteaux. Légers comme des promesses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant-dernière pensée :&lt;br /&gt;Ces jours-ci, j’ai eu affaire avec le mensonge. Quelqu’une que j’aime m’a menti effrontément. Sans rentrer dans le détail, je me dis vraiment que le mensonge est "une fin du monde". C’est le moment où il n’y a plus rien à dire. Comme dirait l’autre, il faut laisser le mensonge à ceux à qui il appartient. Au fond, le mensonge est un acte personnel. Ne venons pas troubler celui ou celle qui ment. Laissons–leur l’entière responsabilité de leur choix. Il y a mieux à faire dans la vie que de se battre contre le mensonge. Par exemple, écouter le dernier album sublime de Christophe !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, je dois faire, dans les jours qui viennent, une coloscopie suite à mon anémie d’il y a quelques semaines. Examen courant et banal. Mais étrangement, je ne peux m’empêcher de penser à Jacques Weber qui dans sa loge, sur sa table de maquillage, avait environ une centaine de médicaments à sa disposition, comme s’il avait besoin de parer instantanément à toutes les maladies de la terre. Ça me donne envie, tout ça, de remonter Le Malade imaginaire, qui reste pour moi (le personnage et la pièce) mon plus grand bonheur de théâtre. Soudain je pense que ce mot de bonheur, on a rarement l’occasion de le prononcer dans nos métiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-8876345204363881157?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/8876345204363881157/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=8876345204363881157' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8876345204363881157'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8876345204363881157'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/11/confidences.html' title='Confidences'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5978755256443862775</id><published>2008-11-12T14:06:00.004+01:00</published><updated>2008-11-12T14:14:45.662+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Phèdre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bérénice'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Andromaque'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jean-Marc Avocat'/><title type='text'>Fou !</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SRrWvoIfM1I/AAAAAAAAAV8/9I5j3S17cfk/s1600-h/Trilogie2.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;width: 214px; height: 320px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SRrWvoIfM1I/AAAAAAAAAV8/9I5j3S17cfk/s320/Trilogie2.jpg" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267758827878429522" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;« Fou ! ». Combien de fois me suis-je entendu qualifié ainsi à propos de mes grandes chevauchées raciniennes solitaires ! Fou, incontestablement ! Sans doute, plus fou encore qu’on ne l’imagine ! Doublement fou ! Et bientôt triplement fou ! Je n’ai pas souvenir d’avoir commencé une seule représentation de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Phèdre&lt;/span&gt; ou de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Bérénice&lt;/span&gt; – et il n’y a aucune raison pour qu’il en soit autrement avec&lt;span style="font-style:italic;"&gt; Andromaque &lt;/span&gt;! – sans m’être dit, dans l’heure épouvantable qui précède mon entrée en scène, un chapelet de « plus jamais ! ». Sans avoir appelé ma maman à mon secours, tant je me sens petit garçon devant la tâche à accomplir !&lt;br /&gt;Sans avoir imploré une protection divine miséricordieuse ! Sans avoir pratiqué toutes sortes de signes cabalistiques, dont le signe de la croix ! Sans avoir pressé entre le pouce et l’index gauches le petit cube de jade que je porte suspendu à mon cou par une chaînette en or ! Sans avoir imposé mes mains sur toute espèce de surface en bois, portes, chaises, parquet… Sans avoir vérifié silencieusement, plusieurs fois à la minute, que la première réplique au moins ne m’échapperait pas ! Sans avoir répété, inlassablement, enchaînées ou mélangées, toutes ces pratiques superstitieuses, jusqu’au « go » final du compte-à-rebours ! Sur le trajet qui m’a conduit au théâtre, comme à un échafaud quotidien, mon calvaire observe toujours une station au moins devant une boutique de lingerie féminine, dont la contemplation de ses « petits trésors », comme dit&lt;span style="font-style:italic;"&gt; Le Fétichiste&lt;/span&gt; de Michel Tournier, parvient, seule, à desserer l’étau de l’angoisse qui monte aussi vite que la fièvre chez un nourrisson…&lt;br /&gt;Fou de trac ! Cette irrépressible névrose du comédien ! Directement proportionnelle à l’importance de son rôle ! ( En l’occurrence, de « mes » rôles ! Si mon cachet n’est pas multiplié par huit quand la tragédie comporte huit personnages, en revanche mon trac, lui l’est !)&lt;br /&gt;« Le facteur sonne toujours deux fois ». Jacques Brel disait qu’à chacun de ses récitals, il vomissait toujours deux fois ! Il vomissait de trac, avant. Il vomissait d’épuisement, après ! &lt;br /&gt;Mais alors, pourquoi ? Pourquoi souffrir à ce point ? C’est une autre histoire, sujet d’un autre petit billet…&lt;br /&gt;Jean Marc Avocat, metteur en scène et interprète de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Phèdre&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Bérénice&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Andromaque&lt;/span&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5978755256443862775?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-phedre.php' title='Fou !'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5978755256443862775/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5978755256443862775' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5978755256443862775'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5978755256443862775'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/11/fou.html' title='Fou !'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SRrWvoIfM1I/AAAAAAAAAV8/9I5j3S17cfk/s72-c/Trilogie2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5742348251710523881</id><published>2008-11-03T14:16:00.006+01:00</published><updated>2008-11-05T11:47:35.799+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thérèse Raquin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La Petite Fille aux allumettes'/><title type='text'>Ce week-end du 1er novembre : dernières répétitions de Thérèse Raquin avant la création le 21 novembre</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SQ766jdE7iI/AAAAAAAAAVM/D3ZEHf4qHXU/s1600-h/CROIX_2653.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 320px; height: 213px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SQ766jdE7iI/AAAAAAAAAVM/D3ZEHf4qHXU/s320/CROIX_2653.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5264420898299244066" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Décidemment, ce roman de Zola me stupéfie encore et toujours. Après l’avoir déjà mis en scène il y a plus de 10 ans, je retrouve cette histoire avec la même fascination. D’où vient-elle ?&lt;br /&gt;Elle vient sans doute du fait que le personnage principal de ce roman est le corps. Zola décrit avec une précision incroyable les dérèglements du corps. Certes, on peut parler de passion, on peut parler de haine, de dégoût, de violence, tous ces sentiments qui dérèglent la raison. Mais au-delà, il y a le corps lui-même. J’allais presque dire le corps comme matière humaine, sans matière grise, et ce qui m’a passionné dans ce travail de mise en scène, en fait, c’est avec les comédiens, et en particulier Laurent (Marc Voisin) et Thérèse (Anne Comte), ce travail sur le corps.&lt;br /&gt;Mais bien evidemment, les trois autres comédiens du spectacle : Claire Cathy, Jean-Claude Martin, et Gilles Olen participent aussi de cette sorte de stupéfaction physique. Jean Claude Martin (Camille) exprime sa souffrance avce la maladresse du désespoir. Claire Cathy (Mme Raquin) est foudroyée et exangue.Le regard figé dans l'absolu. Gilles Olen (l'employé de la morgue) décrit le monde des cadavres avec une allégresse effrayante.&lt;br /&gt;Au-delà des mots, investir le corps du comédien dans ce quasi dénuement où soudain il devient disponible à tous les vertiges. Le corps alors se tord, chancelle, frémit, se balance, se voûte, exulte, perd l’équilibre, les corps se cannibalisent l’un l’autre. J’avoue que ces deux comédiens-là ont l’art de libérer leurs corps de toute psychologie. Ils s’abandonnent véritablement aux dérèglements. Cela crée une poésie particulière. Le corps comme livré à lui-même, le corps affolé, le corps qu’on frappe et le corps qui reçoit les coups. Il y a quelque chose qui s’apparente aux sculptures de Rodin, à certaines toiles de Courbet. Le corps dans tous ses états. Et ça fait peur car, au fond, Zola nous dit que notre corps nous est étranger. C’est un autre nous-même que nous ne connaissons pas et qui parfois se révolte contre-nous.&lt;br /&gt;Tous les grands acteurs (Gabin, De Funès, De Niro, Depardieu, Lancaster, Dewaere) s’imposaient d’abord par leur façon de bouger, de ne plus jouer mais de donner à voir leur corps comme la vérité de leur personnage. Alors les mots ne sont plus que des indications anecdotiques. C’est le corps qui dit qui ils sont.&lt;br /&gt;C’est assez excitant après la création de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;, où l’imaginaire rend les corps aériens, de revenir à Zola, à la réalité brutale du corps débarrassé de tout imaginaire. J’ai conscience que ce diptyque Andersen-Zola prendra tout son sens le 21 novembre, lorsque nous aurons créé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Thérèse Raquin &lt;/span&gt;et qu’ensuite nous jouerons les deux spectacles en alternance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une dernière réflexion qui n’a rien à voir :&lt;br /&gt;Premièrement, le prix des tours de manège à la Vogue des marrons à la Croix-Rousse est purement scandaleux : entre 3 et 5 € pour chaque tour qui ne dure pas plus de 2 minutes. Mieux vaut ne pas avoir de famille nombreuse, mieux vaut ne pas avoir d’enfant du tout. Et dire que la Vogue est un événement populaire ! Faut dire que les manèges pour la plupart sont tellement sophistiqués. Difficile donc à rentabiliser. Où est le temps où l'on se dressait sur les voitures de pompiers ou les hélicoptères pour rattraper le pompon et gagner un tour supplémentaire ?&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5742348251710523881?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5742348251710523881/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5742348251710523881' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5742348251710523881'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5742348251710523881'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/11/ce-week-end-du-1er-novembre-dernires.html' title='Ce week-end du 1er novembre : dernières répétitions de Thérèse Raquin avant la création le 21 novembre'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SQ766jdE7iI/AAAAAAAAAVM/D3ZEHf4qHXU/s72-c/CROIX_2653.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-201765032788926372</id><published>2008-10-29T15:02:00.001+01:00</published><updated>2008-10-29T15:04:27.118+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='économie mondiale'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='banques'/><title type='text'>Putain de banques !</title><content type='html'>Qu’est-ce que c’est que ce monde où il n’y a que le fric qui compte ?&lt;br /&gt;Le fric des riches bien évidemment, mais aussi l’argent des pauvres. Pourquoi pas, l’argent c’est toujours de l’argent !&lt;br /&gt;Qu’est-ce que c’est que ce monde des traders, mot barbare s’il en est.&lt;br /&gt;J’entends partout qu’il faut sauver les banques pour qu’elles soient capables de réinjecter du crédit dans l’économie réelle. Vraiment ça me fait marrer. Quand je vois ce que les patrons de banques, les actionnaires, se mettent dans les poches, je doute que leur souci principal soit de sauver les petites PME et de permettre aux petites gens de survivre. Ce monde de l’argent est sans conscience. Pire, il sacrifie ce qui fait la dignité du peuple : le désir de vivre normalement.&lt;br /&gt;Quand je songe à la misère du monde, à ces peuples en détresse, affamés, je me demande comment ces patrons de banques peuvent encore oser négocier des parachutes dorés.&lt;br /&gt;Il faut quand même le redire, même si c’est démodé, l’argent ne donne pas de sens à la vie. Redisons-le : l’argent est un moyen de rendre les choses plus justes. Or, cette crise mondiale montre que l’argent ne crée que des injustices. Ce monde-là est dégoûtant et en plus c’est un monde de tricheur.&lt;br /&gt;Tout de même ! Que l’Etat réinjecte des milliards dans cette nébuleuse alors que cette nébuleuse a appauvri presque la majorité de l’humanité pour n’enrichir que quelques-uns, c’est d’une absurdité absolue, d’une indécence totale. Ce monde-là ne mérite que notre mépris. Souvenons-nous du Crédit Lyonnais et de tant d’autres scandales. Ce sont toujours les mêmes qui paient l’addition : les plus modestes. Il n’y a vraiment pas de quoi montrer sa tête à la télévision mais bien plutôt se cagouler de honte.&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P.S. Pour endiguer la faim dans le monde, il faudrait débloquer 3 milliards de dollars. Les gouvernements viennent de débloquer le plus naturellement du monde 180 milliards de dollars pour, soi-disant, sauver l’économie.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-201765032788926372?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/201765032788926372/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=201765032788926372' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/201765032788926372'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/201765032788926372'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/putain-de-banques.html' title='Putain de banques !'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7296397937471079067</id><published>2008-10-28T11:06:00.002+01:00</published><updated>2008-10-28T11:14:06.465+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='représentations octobre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La Petite Fille aux allumettes'/><title type='text'>Création de La Petite Fille aux allumettes</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SQblcwTnjUI/AAAAAAAAAVE/pyLtcGbNGBM/s1600-h/petitefille.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 320px; height: 211px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SQblcwTnjUI/AAAAAAAAAVE/pyLtcGbNGBM/s320/petitefille.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5262145496795286850" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ce samedi 25 octobre se sont achevées les premières représentations de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;. Le spectacle sera repris du 3 au 31 décembre 2008.&lt;br /&gt;Je dois admettre que ces premières représentations ont reçu un accueil formidable. Le "bouche à oreille" a immédiatement fonctionné et les salles étaient pleines. Quel plaisir tous les soirs d’accueillir ces enfants, ces familles, ces pères, ces mères, ces grands-parents, mélangés en une foule désireuse ! Plus que d’un public populaire, on pourrait évoquer la notion de "rassembler". Au fond, ce spectacle a rassemblé toutes les générations. Magnifique de retrouver cet enjeu du théâtre !&lt;br /&gt;Le plaisir fut d’autant plus grand que cette création fut très difficile à mettre au point. Nous avons, l’équipe artistique et moi, traversé, non pas des périodes de doute, mais des périodes d’extrême difficulté. Car il faut bien le dire, donner à voir l’œuvre d’un poète n’est pas chose simple et la rendre accessible à des enfants à partir de 8 ans est un souci permanent. D’autant qu’il convient que les adultes y trouvent aussi "leur compte". Jamais je n’ai autant remis en chantier un spectacle, et lors des cinq premières représentations, nous n’avons cessé, tous les après-midi, de travailler sur des raccords. Le dernier jour, inventant même une scène collective dans le spectacle.&lt;br /&gt;Mais au-delà du travail purement théâtral, il y a bien sûr l’humeur, l’état du metteur en scène qui agit sur l’imaginaire du spectacle et, il faut bien le dire, au moment d’aborder les répétitions en juin, et jusqu’au milieu du mois de juillet, l’humeur et l’état du metteur en scène n’étaient pas des plus heureux. Et quand le malheur est là, comment inventer la légèreté ? Dieu soit loué, la longue nuit s’achève et la clarté du jour réapparaît. Du coup, cette légèreté-là a envahi tout le spectacle, et des craquements d’allumettes de la petite fille est né un monde aérien qui, me semble-t-il, tous les soirs, a donné au public &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;l’envie d’aimer &lt;/span&gt;délivrée de toute souffrance.&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7296397937471079067?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-allumettes.php' title='Création de La Petite Fille aux allumettes'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7296397937471079067/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7296397937471079067' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7296397937471079067'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7296397937471079067'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/cration-de-la-petite-fille-aux_28.html' title='Création de La Petite Fille aux allumettes'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SQblcwTnjUI/AAAAAAAAAVE/pyLtcGbNGBM/s72-c/petitefille.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-1107392098901973941</id><published>2008-10-28T11:05:00.000+01:00</published><updated>2008-10-28T11:06:30.678+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ministère de la culture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='mendiant'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='artisan'/><title type='text'>L’artisan et le mendiant</title><content type='html'>Il y a, d’une part les collectivités territoriales (Ville, Conseil général, Région) et d’autre part, le Ministère de la Culture avec un ministre à Paris et un directeur de DRAC à Lyon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les rapports avec les collectivités territoriales sont basés sur une vraie confiance. Nous travaillons dans une ville, au cœur d’une région. Nous sommes dans le concret de notre action et celle-ci peut être jugée sur le terrain à tout moment. La Croix-Rousse file vers les 10.000 abonnés. Elle a un taux d’autofinancement d’environ 60 %. Elle programme la plupart des metteurs en scène significatifs d’une esthétique : de Bruno Meyssat à Patrice Chéreau, de Bruno Boëglin à Richard Brunel, de Emilie Valantin à Laurent Pelly… Ses propres productions sont systématiquement suivies de longues tournées (entre 80 et 150 représentations pour chaque création). Tout cela fait l’objet d’un dialogue permanent avec les élus de tous bords.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La relation au Ministère de la Culture est d’un tout autre ordre puisqu’elle nous impose une posture de mendiant. Que mendions-nous ? Un vrai dialogue, une vraie honnêteté intellectuelle (Ah ! cette façon qu’a l’Etat de gagner du temps en diligentant des inspections, des audits, en fixant des échéances sans cesse contrariées, en se contredisant même entre la DRAC et le cabinet du ministre : l’un affirmant des décisions, l’autre les diluant dans le temps). Des mendiants parce que l’Etat nous impose une solitude assez vertigineuse. Nous sommes seuls face à ce monde de conseillers, de chefs de cabinet, de directeurs, de sous-directeurs, presque toujours à la recherche de la meilleure technique d’évitement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois (comme c’est le cas ici), un préfet de région (Jacques Gérault en l’occurrence) vient à notre secours, et alerte fermement notre ministre sur notre situation ubuesque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au fond, et Jérôme Bouët, ancien directeur de la DRAC, l’avait très précisément dit dans une interview, en parlant de l’époque où il était directeur de la DMDTS : « De Paris, on ne peut pas se rendre compte du travail d’un Philippe Faure à Lyon. » Il décida de faire de la Croix-Rousse une scène nationale (voir diverses interviews). Aussitôt le rapport Paris/Province se pose et son extrême déséquilibre. Là encore, nous mendions un rééquilibrage des moyens et des décisions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’on me comprenne bien, il n’y a pas de honte à être un mendiant et la brutalité de l’époque en jette dans les rues en quantités industrielles. Ce qui est dérangeant, pour ne pas dire insultant, c’est que le Ministère de la Culture crée ses mendiants. Pour reprendre l’expression fameuse de François Mitterrand : « le Ministère de la Culture a ses pauvres à lui. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout de même, que faisons nous ici à La Croix-Rousse (et tous les autres ailleurs) si ce n’est défendre un service public, assumer une mission d’intérêt général ? L’Etat lui ne mendie pas, il se sert. Il fait les poches des collectivités territoriales et il nous regarde d’en haut en ne comprenant pas notre tristesse à mendier. Le pire dans tout cela, c’est que nous ne sommes plus en colère, nous ne sommes plus dans le combat. Comme "la petite fille aux allumettes" d’Andersen, nous tendons la main dans le froid de l’hiver. L’Etat, lui, a mieux à faire que de nous prendre la main, il sauve les banques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu soit loué (si j’ose dire), nous avons toujours assumé nos responsabilités, nous avons toujours payé de notre personne, nous n’avons jamais cherché à gagner du temps, à élaborer des stratégies tortueuses. Nous sommes là pour faire entendre la parole des poètes, pour que les metteurs en scène inventent le théâtre d’aujourd’hui, pour que les comédiens soient confrontés aux grands rôles. Nous sommes là pour que le public partage notre aventure. Peut-être le temps viendra-t-il où le Ministère de la Culture acceptera et décidera que nous sommes les artisans de cet art si mystérieux et si impalpable qu’est le théâtre ? Alors nous pourrons ranger dans nos malles d’osier nos oripeaux de mendiants et au hasard d’un Shakespeare, nous les ressortirions pour créer de vrais mendiants de théâtre.&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À paraître dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Tribune de Lyon&lt;/span&gt; le jeudi 30 octobre 2008.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-1107392098901973941?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/1107392098901973941/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=1107392098901973941' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1107392098901973941'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1107392098901973941'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/lartisan-et-le-mendiant.html' title='L’artisan et le mendiant'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-8497873281157868072</id><published>2008-10-22T14:16:00.004+02:00</published><updated>2008-10-22T14:29:07.642+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La Petite Fille aux allumettes'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Soeur Emmanuelle'/><title type='text'>En rentrant de la première de La Petite Fille aux allumettes… Sœur Emmanuelle m’attendait dans l’écran de la télévision</title><content type='html'>Hier au soir, en rentrant tard de la première de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;, j’allume la télévision et je tombe sur une rediffusion de l’émission de Michel Drucker « Vivement dimanche », émission enregistrée il y a huit ans, toute entière consacrée à Sœur Emmanuelle.&lt;br /&gt;A cette heure-là de la nuit, ça fait une drôle d’impression d’entendre cette femme de presque quatre-vingt-dix ans parler du monde en employant des mots aussi simples que : générosité, fraternité, amour, solidarité, homme debout ; de la voir applaudir comme une gamine à tous les chanteurs invités par Michel Drucker ; accueillir des gens comme Boutros Boutros-Ghali (ancien Secrétaire général de l’ONU), Xavier Emmanuelli (type assez remarquable, co-fondateur de Médecins sans frontières et fondateur du Samu social) avec une ferveur malicieuse ; rire à gorge déployée à tout bout de champ.&lt;br /&gt;Stupéfaction pour moi dans cette émission : C. Jérôme chantait ! C’est donc qu’il y a huit ans il était encore vivant.&lt;br /&gt;Quelques heures auparavant, l’OL battait Bucarest cinq buts à trois et devenait un grand d’Europe.&lt;br /&gt;Encore un peu avant, la première représentation de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt; fut très tendrement reçue.&lt;br /&gt;Dehors, il pleuvait.&lt;br /&gt;J’ai l’impression que Sœur Emmanuelle et Andersen : même combat. Prendre soin de tous les êtres blessés par la vie, les consoler et leur donner la force de vivre, quitte à les ressusciter s’ils sont déjà morts. Plus tard, dans le journal de la nuit, on nous expliqua que Sœur Emmanuelle (très finaude) avait enregistré le message publicitaire de ses mémoires. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle s’est plus fait confiance qu’elle n’a fait confiance aux résurrections divines. Quelle soirée !&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-8497873281157868072?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/8497873281157868072/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=8497873281157868072' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8497873281157868072'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8497873281157868072'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/en-rentrant-de-la-premire-de-la-petite.html' title='En rentrant de la première de La Petite Fille aux allumettes… Sœur Emmanuelle m’attendait dans l’écran de la télévision'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-4760778421438032864</id><published>2008-10-22T14:07:00.004+02:00</published><updated>2008-10-22T14:15:36.181+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='correspondances'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Thérèse Raquin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='La Petite Fille aux allumettes'/><title type='text'>Andersen et Zola selon Marc Voisin</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SP8ZXTSr3tI/AAAAAAAAAUU/_BhK0KchEiU/s1600-h/RAQUIN_8686.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SP8ZXTSr3tI/AAAAAAAAAUU/_BhK0KchEiU/s320/RAQUIN_8686.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5259950777898360530" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Andersen et Zola. Quel jeu de correspondances, peut-on trouver chez ces deux auteurs à priori très éloignés ? Que nous révèlent-ils ?&lt;br /&gt;Zola sonde l’être humain « comme un scientifique », disait-il. Il fouille ses entrailles à la façon d’un entomologiste pour y trouver la part animale, qui nous entraîne irrémédiablement, y compris dans les zones les plus sombres. Il traque la bête dans le ventre chaud.&lt;br /&gt;C’est un voyage intérieur. Nous sommes au plus près de l’intime. Un voyage mental qui nous entraîne dans un univers carcéral. C’est en partant des replis de notre chair que Zola raconte notre monde.&lt;br /&gt;Andersen prend un chemin, pour ainsi dire, inverse. Chez Andersen, c’est le monde, le vaste monde dans son intégralité qui prend la parole. Le vent, la poussière dont on fait les étoiles, les fleurs, les insectes ; jusqu’aux objets les plus anodins. Une grande galerie de petites choses muettes, fragiles ou ignorées qui se racontent, prennent corps, vie et sens. Une féerie, sombre souvent, qui nous ouvre les yeux, qui réinvente notre perception du monde et l’élargit. Les choses les plus communes ont  une grâce de nouveauté pour qui sait les voir, comme disait l’autre. Pour qui veut bien prêter attention à Andersen, ce sont alors les petites choses de ce vaste monde qui nous révèlent à nous-mêmes.&lt;br /&gt;Un trajet inverse donc entre ces deux poètes. Deux espaces fictifs différents. Deux gauchissements de la réalité. Mais, et c’est là, me semble-t-il,  que se joue les correspondances. Un souci commun chez ces deux hommes si fébrilement en prise avec leur monde, grands observateurs et grands sensibles, de sonder l’état de l’être humain plongé dans son monde, sa présence aux autres (non-présence souvent), sa solitude, la misère qu’elle génère. Et partout à l’œuvre en filigrane, le manque et la quête d’amour.&lt;br /&gt;Marc Voisin, interprète de Laurent dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Thérèse Raquin &lt;/span&gt;et du hussard et de l'ange dans La &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Petite Fille aux allumettes.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-4760778421438032864?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-therese.php' title='Andersen et Zola selon Marc Voisin'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/4760778421438032864/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=4760778421438032864' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4760778421438032864'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4760778421438032864'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/andersen-et-zola-selon-marc-voisin.html' title='Andersen et Zola selon Marc Voisin'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SP8ZXTSr3tI/AAAAAAAAAUU/_BhK0KchEiU/s72-c/RAQUIN_8686.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-4006423197147173580</id><published>2008-10-20T10:09:00.002+02:00</published><updated>2008-10-20T10:19:07.759+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Petite Fille'/><title type='text'>Un week-end (veille de première) à La Croix-Rousse</title><content type='html'>Il a fait très beau ce week-end. Un soleil d’automne à nul autre pareil, et pourtant toute l’équipe de La Petite Fille aux allumettes est restée enfermée dans le théâtre jusqu’à tard dans la nuit.&lt;br /&gt;Et là, qu’avons-nous fait ? Nous avons lancé de la fausse neige dans le décor du spectacle, nous avons donné vie à un bonhomme de neige, à des crapauds, à une sorcière, au vent, à un vieux réverbère et à tant d’autres personnages d’Andersen. Il faut dire que ce week-end d’automne, nous étions, nous, sur le plateau, la veille du jour de l’an et qu’une petite fille, pieds nus, grelottait dans le froid. C’est quand même assez fou dans la manière que le théâtre a de décaler le temps !&lt;br /&gt;Malgré cet enfermement forcé, chacun n’a eu de cesse de me dire que j’avais retrouvé un teint de bébé. Ce qui est sûr, c’est que le soleil n’y est pour rien. Ce sont les globules rouges transfusés à l’Hôpital de la Croix-Rousse les seuls responsables de cette métamorphose.&lt;br /&gt;Vive les globules rouges !&lt;br /&gt;Enfin ! je n’ai plus ce teint quasi mortifère qui faisait peur à tout le monde. Est-ce une conséquence ? Mais il y eut cette invitation à dîner de Virginie, si belle, si élégante, tout en noir, avec quelque chose de délicat dans la façon qu’elle a de vous regarder. Décidemment la délicatesse est un des plus beaux mots de la langue française.&lt;br /&gt;Finalement, ce soleil d’automne, cette fausse neige, ces crapauds, ce teint rose retrouvé et cette délicate jeune femme apparue, tout cela, plus qu’un week-end de vogue, inspira mon travail, et le filage de dimanche soir fut un filage serein. On pouvait avoir l’impression de s’être abandonné au monde d’Andersen (à moins que ce soit lui qui fut venu à nous).&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-4006423197147173580?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-allumettes.php' title='Un week-end (veille de première) à La Croix-Rousse'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/4006423197147173580/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=4006423197147173580' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4006423197147173580'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/4006423197147173580'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/un-week-end-veille-de-premire-la-croix.html' title='Un week-end (veille de première) à La Croix-Rousse'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-7276552734258508617</id><published>2008-10-16T11:25:00.001+02:00</published><updated>2008-10-16T11:27:34.175+02:00</updated><title type='text'>Bienvenue !</title><content type='html'>C'est une sorte de journal intime que j'invente sur ce blog. Rien de ce qui ne se passe dans un lieu comme un théâtre ne peut être détaché de la vie heureuse ou malheureuse de celui qui l'anime.&lt;br /&gt;Bienvenue !&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-7276552734258508617?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/7276552734258508617/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=7276552734258508617' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7276552734258508617'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/7276552734258508617'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/bienvenue.html' title='Bienvenue !'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-3527141956598514447</id><published>2008-10-14T10:48:00.005+02:00</published><updated>2008-10-15T15:50:10.495+02:00</updated><title type='text'>De l’utilité de ne pas être mort</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPSXd7P-QQI/AAAAAAAAAMs/tcZcEczJga0/s1600-h/petitefillenetb.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPSXd7P-QQI/AAAAAAAAAMs/tcZcEczJga0/s320/petitefillenetb.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5256993205424898306" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Un accident de santé a failli avoir raison de ma vie. La mort m’a frôlé. Je suis donc par la force des choses, un autre. Un survivant. Et de cette vie nouvelle, deux évidences surgissent.&lt;br /&gt;D’abord il me faut absolument être utile, de là où je suis : responsable d’une institution théâtrale. Toute idée égoïste m’est insupportable. Je me dois d’être au service des autres plus que jamais. Le théâtre est l’art de donner une âme à toute idée qui s’occupe d’humanité et ces idées sont portées par les poètes. Alors oui, je suis utile à donner à entendre la parole des poètes et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que les poètes ne soient pas sacrifiés à la réalité de la crise.&lt;br /&gt;La seconde évidence, c’est que seul l’amour nous donne la dignité d’être vivant. Je veux ignorer (dans ce monde en plein désarroi), les ricanements, les indifférences, les petits arrangements avec eux-mêmes de ceux pour qui l’amour n’est pas notre seule vraie responsabilité.&lt;br /&gt;Quand on a failli être mort, on se demande à quoi l’on a servi sur terre. Et bien moi, je veux servir les poètes et l’amour. Fébrile de la vie qui m’a retenu, j’ose dire : ayons l’audace d’être utile et ne laissons pas la mesquinerie, l’orgueil, l’insatisfaction, la lâcheté, la vanité, le narcissisme nous détourner de notre devoir : Aimer être utile. Il est utile d’aimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute la saison de La Croix-Rousse/Scène nationale de Lyon (et tout le reste) est dédiée à Laurence Guedj qui fut la douceur et la force incarnée et qui envers et contre la maladie porta haut l’esprit de notre théâtre. Nous sommes avec elle.&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-3527141956598514447?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/3527141956598514447/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=3527141956598514447' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/3527141956598514447'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/3527141956598514447'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/de-lutilit-de-ne-pas-tre-mort.html' title='De l’utilité de ne pas être mort'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPSXd7P-QQI/AAAAAAAAAMs/tcZcEczJga0/s72-c/petitefillenetb.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-8627408477281091982</id><published>2008-10-14T10:46:00.004+02:00</published><updated>2008-10-16T11:40:50.293+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Guillaume Depardieu'/><title type='text'>Guillaume Depardieu est mort</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPSdf81BEgI/AAAAAAAAANc/qUkmRZ959To/s1600-h/guillaume.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPSdf81BEgI/AAAAAAAAANc/qUkmRZ959To/s200/guillaume.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5256999837278212610" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelques semaines, j’avais eu la chance de le rencontrer. C’était pour moi l’acteur le plus génial de sa génération, au même titre que Patrick Dewaere. Je lui avais proposé le rôle de Tartuffe et il était intéressé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était un de ces êtres que j’admire plus que tout au monde, tout en fébrilité, tout en élans, tout en amour, tout en peur, tout en courage, tout en douceur, tout en secret.&lt;br /&gt;Un de ces êtres qui nous donnent envie de nous surpasser, de nous dépasser.&lt;br /&gt;Un de ces êtres qui ne cherchent pas à être peinard, planqué, intégré, codé, mais au contraire qui considéraient que la vie ne mérite pas d’être petite et mesquine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa mort me bouleverse. Il y a tant de faiseurs, tant de "petits bras", tant de médiocrité, tant de vacanciers que le jour où un innocent meurt, on peut avoir l’impression que c’est le monde entier qui s’écroule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense au chagrin de son père, lui aussi acteur admirable, je pense à cette famille hors norme. J’ai son numéro de téléphone sur une page de mon agenda, il ne me répondra plus jamais. C’est à pleurer et je pleure.&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-8627408477281091982?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/8627408477281091982/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=8627408477281091982' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8627408477281091982'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/8627408477281091982'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/guillaume-depardieu-est-mort.html' title='Guillaume Depardieu est mort'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPSdf81BEgI/AAAAAAAAANc/qUkmRZ959To/s72-c/guillaume.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-1620476727207810054</id><published>2008-10-13T15:32:00.006+02:00</published><updated>2008-10-15T15:50:50.460+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='actualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Petite Fille'/><title type='text'>Monter La Petite Fille aux allumettes aujourd'hui</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPXusK8hp7I/AAAAAAAAAPA/07oqmXYR3TA/s1600-h/petitefilleclapok.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPXusK8hp7I/AAAAAAAAAPA/07oqmXYR3TA/s320/petitefilleclapok.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5257370582644795314" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le mot de récession est lâché depuis ce matin sur les ondes, à la télévision et dans la presse.&lt;br /&gt;C’est donc que nous allons aborder (quand je dis nous, c’est le pays et le monde entier) une période extraordinairement dure économiquement et où le nombre des exclus va gonfler au fur et à mesure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Evidemment, les plus pauvres vont rester encore plus pauvres, les plus fragiles vont devenir à leur tour pauvres, et les classes moyennes vont considérablement réduire leur train de vie pour aller uniquement à l’essentiel et ne pas risquer elles-mêmes de glisser vers la pauvreté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi, je me suis dit ce matin que créer &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt; n’est plus du tout un acte innocent. Cette création, me semble-t-il, nous investit d’une responsabilité tout à fait nouvelle. Car au fond, grâce à Andersen, ce court spectacle va résumer la situation du monde. Les pauvres auront beau tendre la main, ceux qui ne sont pas encore pauvres n’auront ni le temps, ni le désir de prendre cette main. Ils passeront leur chemin en priant de ne pas être touchés eux-mêmes par la crise. Et puis, peut-être, au delà de ce constat, cette histoire pose la question de la parole des poètes. A quoi sert-elle en des temps troublés et dramatiques ? Bien sûr, à s’échapper de la réalité, mais aussi sans doute à rêver à un monde meilleur et plus juste. Un monde où les crapauds, les bonshommes de neige, les vents, les lampadaires, auraient le pouvoir de transformer la vie.&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-1620476727207810054?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/1620476727207810054/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=1620476727207810054' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1620476727207810054'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/1620476727207810054'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/monter-la-petite-fille-aux-allumettes_13.html' title='Monter La Petite Fille aux allumettes aujourd&apos;hui'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPXusK8hp7I/AAAAAAAAAPA/07oqmXYR3TA/s72-c/petitefilleclapok.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-3941216833226694214</id><published>2008-10-13T14:48:00.007+02:00</published><updated>2008-10-16T10:39:48.436+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Petite Fille ; Raquin; édition ; la passe du vent'/><title type='text'>Diptyque : La Petite Fille aux allumettes suivie de Thérèse Raquin</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPScQQlVqtI/AAAAAAAAANU/Syl41JeVjMw/s1600-h/diptyque.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPScQQlVqtI/AAAAAAAAANU/Syl41JeVjMw/s200/diptyque.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5256998468191627986" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt; ainsi que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt;, adaptées pour le théâtre par Philippe Faure, viennent de paraître dans un même ouvrage aux éditions la passe du vent (9€).&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/the_edition.php"&gt;Commander en ligne&lt;/a&gt;&lt;span style="display: block;" id="formatbar_Buttons"&gt;&lt;span class="on" style="display: block;" id="formatbar_CreateLink" title="Lien" onmouseover="ButtonHoverOn(this);" onmouseout="ButtonHoverOff(this);" onmouseup="" onmousedown="CheckFormatting(event);FormatbarButton('richeditorframe', this, 8);ButtonMouseDown(this);"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Thérèse Raquin&lt;/span&gt;, Thérèse et Mme Raquin ont une petite mercerie, dans une impasse pluvieuse. Tout cela ne respire pas le luxe. Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Petite Fille aux allumettes&lt;/span&gt;, évidemment celle-ci est obligée de vendre des allumettes à ses clients indifférents pour ne pas se faire battre par son père et gagner quelques sous pour se nourrir.&lt;br /&gt;Émile Zola et Christian Hans Andersen nous disent à leur manière qu’on échappe pas à son destin. Dès que Thérèse rencontrera Laurent, son avenir sera inéluctable. Quant à la pauvre petite fille aux allumettes si pauvre, si seule, elle mourra de cette pauvreté et de cette solitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré tout, et Zola et Andersen, à travers le mystère des destins, nous disent que rien n’est pire que la tranquillité de la vie. Souvenons-nous de Musset et de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;On ne badine pas avec l’amour&lt;/span&gt; :  "Mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime (…) J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice, créé par mon orgueil et mon ennui."&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-3941216833226694214?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/3941216833226694214/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=3941216833226694214' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/3941216833226694214'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/3941216833226694214'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/dyptique-la-petite-fille-aux-allumettes.html' title='Diptyque : La Petite Fille aux allumettes suivie de Thérèse Raquin'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_4ZloFX3YGxc/SPScQQlVqtI/AAAAAAAAANU/Syl41JeVjMw/s72-c/diptyque.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-7789484440890953963.post-5917225447898104336</id><published>2008-10-13T10:03:00.002+02:00</published><updated>2008-10-13T10:34:00.413+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='présentation de saison'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='spectacles'/><title type='text'>Histoires d'une saison par Philippe Faure</title><content type='html'>&lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-douleur.php"&gt;&lt;br /&gt;Duras. Dominique Blanc. Patrice Chéreau&lt;/a&gt; à la Croix-Rousse. Juste pour deux représentations. Ce n’est même plus un événement. Ça tient du miracle. &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-phedre.php"&gt;Jean-Marc Avocat et Racine&lt;/a&gt;. Ça tient du Phénomène. Après une &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-berenice.php"&gt;Bérénice&lt;/a&gt; à guichets fermés la saison dernière, lui est apparu le désir fou d’une trilogie. Avocat possède une force intérieure qui nous sidère tous _ Pascal Mengelle et son &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-macbeth.php"&gt;Macbeth&lt;/a&gt;. On garde le souvenir ébloui de l’un de ses précédents passages chez nous avec Van Gogh le suicidé de la société (Arthaud) _ &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-badine.php"&gt;On ne badine pas avec l’amour (Musset)&lt;/a&gt;. Quatrième saison. Comment quitter une histoire d’amour aussi profonde ? Impossible. Alors on file vers les 150 représentations… Ainsi on gagne du temps _ &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-purgebb.php"&gt;Laurent Brethome (Feydeau)&lt;/a&gt; on se souvient de son "Levin". Ça risque d’être du "brutal". D’être humain et drôle aussi. Il est comme ça Brethome _ &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-angesmineurs.php"&gt;Joris Mathieu / Volodine&lt;/a&gt; et leur trilogie. C’est à voir parce que ces images-là n’existaient pas encore au théâtre, avant eux _ &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-tsongor.php"&gt;Laurent Gaudé &lt;/a&gt;qui puise dans le passé les blessures d’aujourd’hui _ &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-therese.php"&gt;Thérèse Raquin / Zola&lt;/a&gt;. C’est un compagnonnage à la vie à la mort, si j’ose dire _ &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-mainsales.php"&gt;Sartre&lt;/a&gt; / &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-justes.php"&gt;Camus&lt;/a&gt; enfin à la Croix-Rousse. Nous rêvions de les donner à entendre. Deux œuvres fondamentales et si rarement jouées. &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-justes.php"&gt;Les Justes&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-mainsales.php"&gt;Les Mains sales&lt;/a&gt;. Quand le théâtre osait encore poser des questions qui nous dépassent _ De la danse. Deux spectacles. Grâce à Guy Darmet que nous aimons d’amour. Et oui ! _ &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-balcaustique.php"&gt;Du cirque (Hirsute)&lt;/a&gt; pour la première fois à la Croix-Rousse. Et en plus l’équipe est d’ici, de Die ! _ De l’opéra ! Pourquoi pas ! Là aussi une première. Une histoire bouleversante : &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-fisher.php"&gt;Jérémy Fisher&lt;/a&gt; ! _ &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-reflet.php"&gt;Du Hip Hop&lt;/a&gt; ! Nous le voulions absolument. Le camarade Emmanuel Daumas est de l’aventure. Chic ! Il était un acteur génial dans Le Roi nu de Laurent Pelly _ &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-testament.php"&gt;Guitry&lt;/a&gt;. Ah oui ! Guitry et sa folie à nulle autre pareille. Une histoire d’adultère pas piqué des vers _ Andersen et sa &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-allumettes.php"&gt;Petite Fille aux allumettes&lt;/a&gt;. Andersen et son monde invraisemblable mais si humain _ &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-lesoleil.php"&gt;Dominique Pitoiset&lt;/a&gt;, dont nous admirons les mises en scène (souvenons-nous de Sauterelles de Biljana Srbljanovic), ici avec Wajdi Mouawad, enfin chez nous _ Omar Porras encore et toujours. Après tous ses triomphes chez nous et ailleurs (Maître Puntila et son valet Matti, le dernier en date) &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-scapin.php"&gt;Les Fourberies de Scapin &lt;/a&gt;/ Molière. Ça promet _ Et pour finir (ou plutôt pour commencer) du &lt;a href="http://www.croix-rousse.com/08-09/spec-delamor.php"&gt;Flamenco&lt;/a&gt;. Vivement l’avenir !&lt;br /&gt;Philippe Faure&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7789484440890953963-5917225447898104336?l=philippefaure.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.croix-rousse.com/08-09/index.php' title='Histoires d&apos;une saison par Philippe Faure'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://philippefaure.blogspot.com/feeds/5917225447898104336/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7789484440890953963&amp;postID=5917225447898104336' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5917225447898104336'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/7789484440890953963/posts/default/5917225447898104336'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://philippefaure.blogspot.com/2008/10/histoires-dune-saison-par-philippe.html' title='Histoires d&apos;une saison par Philippe Faure'/><author><name>Philippe Faure</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15813757114973963216</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
